FICHE QUESTION
12ème législature
Question N° : 55179  de  M.   Hage Georges ( Député-e-s Communistes et Républicains - Nord ) QE
Ministère interrogé :  intégration, égalité des chances et lutte contre l'exclusion
Ministère attributaire :  cohésion sociale et parité
Question publiée au JO le :  18/01/2005  page :  477
Réponse publiée au JO le :  15/08/2006  page :  8553
Date de changement d'attribution :  02/06/2005
Rubrique :  politique sociale
Tête d'analyse :  lutte contre l'exclusion
Analyse :  fonds solidarité énergie. financement
Texte de la QUESTION : M. Georges Hage attire l'attention de Mme la ministre déléguée à l'intégration, à l'égalité des chances et à la lutte contre l'exclusion sur l'augmentation des coupures d'électricité et d'eau dont sont victimes les familles en difficulté. Notre pays compte six millions de personnes vivant de minima sociaux, 3,3 millions percevant l'ASS ou le RMI, 2,5 millions ayant recours à l'aide alimentaire. Les situations de précarité et de pauvreté connaissent une hausse brutale. Il n'est donc pas surprenant que ces foyers se retrouvent dans l'impossibilité d'honorer leurs factures. Des dispositifs ont été mis en place avec le Fonds solidarité énergie (FSE), le service maintien d'énergie (SME) garantissent une puissance disponible de 3 000 watts, le service minimum (SMI) accordant 1 000 watts en ces de persistance de la dette. La loi de lutte contre les exclusions avait prévu un dispositif similaire pour la fourniture d'eau en termes d'accords départementaux entre les collectivités territoriales, les fournisseurs, les services sociaux et l'État. Il faut bien constater que toutes ces mesures ne suffisent pas à endiguer l'appauvrissement d'une partie de la population. Il demeure néanmoins que des dysfonctionnements rendent inefficaces les aides existantes. Aussi nous constatons que tous les crédits disponibles ne sont pas consommés. En 2004, le FSE a été sollicité â hauteur de 44 millions d'euros alors que 70 millions d'euros étaient utilisables. Il souhaite donc savoir ce qu'elle compte entreprendre afin qu'EDF-GDF et les entreprises de l'eau respectent les règles de service public, qui doivent s'imposer en la matière, et qu'au moins les dispositifs en place soient efficients. Il suggère, en outre, que des dispositions législatives et réglementaires soient prises pour interdire l'interruption des fournitures, contrepartie minimale d'une politique gouvernementale qui accroît la précarité et la misère.
Texte de la REPONSE : Jusqu'au 31 décembre 2004, les fonds de solidarité Énergie constituaient des dispositifs d'aide sociale facultative dont les modalités de mise en place étaient définies par l'article L. 261-4 du code de l'action sociale et des familles. Ils reposaient sur des conventions passées entre le représentant de l'État, les représentants d'Électricité de France, de Gaz de France, chaque distributeur d'énergie, chaque collectivité territoriale ou groupement de collectivités concerné qui le souhaitait et, le cas échéant, chaque centre communal ou intercommunal d'action sociale, les organismes d'action sociale et les associations de solidarité, qui déterminaient notamment les conditions d'application des conventions nationales. Pour résoudre la complexité d'accès aux dispositifs d'aide pour les personnes ou familles concernées, simplifier la gestion administrative et financière et prendre en compte l'ensemble des difficultés des ménages concernés en assurant la coordination des différentes aides, le Gouvernement, prenant en compte des rapports d'inspection établis en 2001 et 2002, a décidé de proposer la fusion de l'ensemble des dispositifs d'aide aux dépenses de loyer, d'énergie, d'eau et de services téléphoniques dans les fonds de solidarité pour le logement (FSL). La loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales a ainsi consacré cette fusion en son article 65 et a confié au département la pleine responsabilité du FSL à compter du 1er janvier 2005. Le financement des FSL est désormais du ressort des départements, les sommes que consacrait auparavant l'État aux différents dispositifs faisant l'objet d'une compensation dans les conditions du droit commun applicables aux compétences décentralisées. Il appartient à chaque département de passer une convention avec les fournisseurs d'énergie, notamment, afin de définir le montant et les modalités de leur concours financier au fonds unifié. Le règlement intérieur du FSL, élaboré et établi par le conseil général après avis du comité responsable du plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD) qui associe les différents partenaires concernés, définit les conditions d'octroi des aides. Des possibilités de créer des fonds locaux et d'en confier la gestion aux communes et aux établissements publics de coopération intercommunale sont ouvertes aux conseils généraux. Pour compléter ces dispositions, une nouvelle procédure applicable en cas d'impayé des factures d'électricité a été instaurée par le décret n° 2005-971 du 10 août 2005 en vue de prévenir les coupures d'électricité. Ainsi, lorsqu'un consommateur est en situation d'impayé, le fournisseur d'électricité doit désormais l'informer que, à défaut de règlement dans un délai de quinze jours, sa fourniture d'électricité pourra être réduite. Le fournisseur l'informe également de la possibilité qu'il a de saisir le fonds de solidarité logement afin de solliciter une aide financière et lui indique que, sauf opposition de sa part, il informera de sa situation d'impayé le président du conseil général et le maire de sa commune. Dès la mise en oeuvre d'une mesure de réduction de puissance, le fournisseur en informe le président du conseil général et le maire et leur transmet les informations utiles à l'appréciation de la situation du consommateur. Celui-ci bénéficie du maintien de la puissance réduite pendant une durée de quinze jours, pour lui permettre de saisir le fonds de solidarité pour le logement. En cas de saisine de celui-ci, le maintien de la fourniture à puissance réduite est prolongé jusqu'à la décision du fonds. Cette procédure permet donc que, à une date aussi rapprochée que possible de la constitution de la dette, les services compétents pour venir en aide aux consommateurs en difficulté soient en mesure de le faire. Ces mesures doivent permettre d'assurer une continuité minimale de la fourniture d'électricité, au bénéfice des plus démunis. En outre, le principe de l'interdiction de l'interruption de la fourniture d'électricité au domicile des personnes en difficulté pendant la période hivernale, comme celle du gaz, du chauffage par réseau de chaleur et de l'eau est inclus dans la loi « Engagement national pour le logement », récemment votée par le Parlement. Cette interdiction s'appliquera pour la période allant du 1er novembre de chaque année au 15 mars de l'année suivante. Les fournisseurs d'électricité ne pourront procéder à l'interruption, dans la résidence principale, pour non-paiement des factures de la fourniture d'électricité aux personnes ou familles mentionnées au premier alinéa de l'article 115-3 du code de l'action sociale et des familles et bénéficiant ou ayant bénéficié, dans les douze derniers mois, d'une décision favorable d'attribution d'une aide du Fonds de solidarité pour le logement.
CR 12 REP_PUB Nord-Pas-de-Calais O