FICHE QUESTION
12ème législature
Question N° : 73087  de  Mme   Poletti Bérengère ( Union pour un Mouvement Populaire - Ardennes ) QE
Ministère interrogé :  santé et solidarités
Ministère attributaire :  santé et solidarités
Question publiée au JO le :  13/09/2005  page :  8494
Réponse publiée au JO le :  16/05/2006  page :  5230
Rubrique :  santé
Tête d'analyse :  grippe aviaire
Analyse :  lutte et prévention
Texte de la QUESTION : Mme Bérengère Poletti attire l'attention de M. le ministre de la santé et des solidarités sur la grippe aviaire. Dans son bulletin 28 du 18 août dernier, l'Organisation mondiale de la santé a indiqué qu'à partir de la fin du mois de juillet 2005, des rapports officiels des autorités publiques ont fait état d'une expansion géographique du virus de la grippe aviaire H5N1. La Russie comme le Kazakhstan ont signalé des foyers de grippe aviaire dans les volailles fin juillet. Depuis les premiers rapports, la flambée aviaire en Russie, initialement limitée à la Sibérie, s'est progressivement étendue vers l'ouest et elle touche désormais six régions administratives. Au Kazakhstan, on sait maintenant que la maladie a été observée dans plusieurs villages. Á ce jour, les flambées dans les deux pays ont touché de grands élevages et l'on recense près de 120 000 oiseaux morts ou abattus en Russie et plus de 9 000 au Kazakhstan mais à ce jour, aucun cas humain n'a été détecté. Les flambées en Asie du Sud-Est ont entraîné la mort ou la destruction de plus de 150 millions d'oiseaux et ont eu de graves conséquences pour l'agriculture. On a observé quelques cas seulement de transmission interhumaine limitée dans quatre pays, le Vietnam, la Thaïlande, le Cambodge et l'Indonésie. Le Japon, la Malaisie et la République de Corée ont endigué avec succès les flambées de grippe aviaire dans leurs élevages de volailles. Aussi, il lui serait agréable de connaître les solutions adoptées par ces trois pays afin d'endiguer la propagation du virus.
Texte de la REPONSE : La crise de grippe aviaire s'est officiellement déclarée en décembre 2003 lorsqu'un type de virus extrêmement contagieux a frappé les poulets dans une ferme de Séoul en république de Corée et s'est étendu très rapidement dans le reste du monde, d'abord au Cambodge, en Chine, en Indonésie, au Japon, en RPD du Laos, en Thaïlande et au Vietnam. Abattages de masse et campagnes de vaccination ciblées ont eu raison des vagues de flambées de grippe. L'Asie du Sud-Est constitue l'épicentre de la maladie de grippe aviaire et l'inquiétude demeure parce que le virus y est devenu endémique et que certains pays sont victimes de fortes infections virales. Pourtant la Malaisie, la Corée du Sud et le Japon, très touchés par la maladie, ont montré que le virus peut être circonscrit avec succès et peut être éliminé rapidement dès l'apparition de nouveaux foyers. Cette épizootie a été à l'origine d'une centaine de cas humains dans les pays touchés. Chacun de ces trois pays a employé les recommandations préconisées ci-dessous par les organisations internationales pour lutter contre les foyers de grippe aviaire. Le Japon a transmis de façon plus spécifique sa stratégie au ministère de la santé français. Sur le plan animal, les organisations internationales - l'Organisation mondiale pour la santé animale, l'office international des épizooties (OIE), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) -, ont mis au point une stratégie mondiale détaillée pour la lutte contre la grippe aviaire chez les animaux. Elles recommandent une mise en quarantaine des foyers animaux identifiés et l'abattage systématique de tous les animaux potentiellement exposés pour éviter une contamination de ferme à ferme, la décontamination des matériels utilisés (vêtements, voitures...). La FAO préconise également la séparation des espèces animales, notamment volailles et porcs, et insiste sur de larges campagnes de vaccinations dans les zones à haut risque de transmission. La FAO conseille également, en cas de flambées, la destruction systématique et immédiate par les autorités des volailles dans un rayon de 1 kilomètre à 10 kilomètres et y compris des porcs infectés par le H5N1. La fermeture temporaire des marchés est recommandée. Quant aux autorités japonaises, elles ont fait savoir qu'à ce jour 2,5 millions de volailles ont été abattues. Les préfectures japonaises ont été sollicitées pour aider les éleveurs à mettre en place des mesures de prévention, notamment pour les employés de ferme, en préconisant l'utilisation d'un masque, le port de vêtements protecteurs et l'administration de médicaments antiviraux. Sur le plan humain, des mesures de précaution individuelles sont recommandées pour les personnes exposées à des volailles infectées. Pour gagner la bataille contre la grippe aviaire, les contacts étroits entre humains, volailles domestiques et oiseaux sauvages doivent être limités ; les poulets, les canards et autres espèces domestiques doivent être séparés ; les oiseaux sauvages doivent être tenus à l'écart de la production avicole autant que possible ; les marchés d'animaux, et plus particulièrement les marchés flottants d'Asie du Sud-Est où règne la promiscuité entre les animaux sauvages et les animaux domestiques, doivent être surveillés de très près, de même que les voyageurs se rendant dans des zones où existent des foyers animaux. Il est à noter que les gouvernements des pays développés ont mis en place un système de surveillance de l'épizootie de grippe aviaire notamment sur les canards sauvages. Le Japon joue, là encore, un rôle primordial dans sa collaboration avec les pays d'Asie du Sud-Est par la mise à disposition de ses experts en matière de recherche et par le montant de sa contribution financière de 135 millions de dollars fin 2006. Le virus de la grippe aviaire, qui se propage actuellement vers l'ouest le long des routes des oiseaux migrateurs, est désormais arrivé en Europe, après avoir touché le Proche-Orient et certains pays d'Afrique où la propagation éventuelle du virus serait une catastrophe étant donné le manque d'infrastructures sanitaires et vétérinaires dans les pays pauvres. L'expansion géographique du virus aviaire H5N1 est préoccupante dans la mesure où elle augmente la probabilité de mutation du virus dans sa forme pathogène pour l'homme et accroît par là même les risques de provoquer une pandémie mondiale de grippe. La transmission du virus aviaire à l'homme s'effectue essentiellement lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions et déjections d'animaux. La situation actuelle d'influenza aviaire ne devrait en aucun cas semer la panique car le virus aviaire ne se transmet que très exceptionnellement à l'homme ; elle requiert au contraire une réponse rationnelle et immédiate pour lutter contre la maladie à sa source, c'est-à-dire chez les animaux. Le virus peut être combattu et maîtrisé si les pays et la communauté internationale travaillent en étroite coopération et mettent en place des programmes efficaces de vigilance et de lutte. Les manifestations du virus chez les animaux doivent faire l'objet d'un dépistage précoce, les volailles infectées doivent être abattues et les animaux à risque vaccinés. Réduire l'influenza aviaire chez les animaux contribue directement à protéger la santé humaine. Il est regrettable que le débat public porte surtout sur les aspects de la grippe aviaire liés à la santé humaine et néglige l'insuffisance des services vétérinaires dans de nombreux pays pauvres. Les pays touchés et la communauté internationale doivent investir davantage et de toute urgence dans un soutien aux vétérinaires et aux agents de santé animale, car ceux-ci représentent la première ligne de défense contre le virus.
UMP 12 REP_PUB Champagne-Ardenne O