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Texte de la REPONSE :
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AVENIR DES CENTRES DE FORMATION ET D'ORIENTATION M. le président. La parole est à Mme Huguette
Bello, pour exposer sa question, n° 1088, relative à l'avenir des centres de
formation et d'orientation. Mme Huguette Bello. Ma question
porte sur les menaces qui pèsent sur le service public d'orientation de
l'éducation nationale. Ces menaces se font plus précises depuis qu'un projet
de texte prévoit de limiter l'intervention des conseillers
d'orientation-psychologues aux élèves " décrocheurs ", handicapés ou
nouvellement arrivés en France. Tous les autres, c'est-à-dire la grande majorité
des jeunes scolarisés, devront s'adresser en lieu et place des centres
d'information et d'orientation bien identifiés, à un panel de quatre professeurs
ou encore, au mépris de toute relation personnalisée, à une plate-forme en
ligne. Ce désengagement vis-à-vis des collégiens et des lycéens a surtout
pour but de réorienter les conseillers d'orientation-psychologues vers de
nouveaux publics et de nouvelles missions. Ils interviendraient auprès des
adultes dans des centres de ressources, notamment aux cotés du Pôle emploi et
des missions locales. Ce que le ministère nomme " renaissance " s'apparente
de plus en plus au démantèlement du réseau des centres d'information et
d'orientation. Les fusions, voire les fermetures de centres dans plusieurs
départements sont là pour le prouver. À La Réunion, où il n'y a que des centres
d'information et d'orientation d'État, le local du centre le plus fréquenté de
l'académie, situé dans le chef-lieu, est déjà à louer, ainsi que l'a révélé une
petite annonce parue dans la presse. Les textes aussi témoignent de cette
disparition programmée. Les CIO ne sont plus mentionnés dans le projet relatif
aux missions des conseillers d'orientation-psychologues. Dans la nomenclature
des emplois-types en cours de définition, ces conseillers ne sont pas référencés
sous la rubrique des psychologues de l'éducation nationale avec les psychologues
scolaires. Au moment, monsieur le ministre, où la jeunesse est en proie à
tant de difficultés, où elle subit toutes sortes de sollicitations, où elle a
plus que jamais besoin d'une écoute véritable, confiante et attentive, supprimer
cette structure est un dangereux contresens. Si elles doivent être
renouvelées pour répondre au plus près aux attentes des jeunes et de leurs
familles, les missions des personnels des centres d'information et d'orientation
ne peuvent en aucun cas être affaiblies, même au profit des publics de Pôle
emploi. Le temps presse, mais il n'est pas trop tard pour abandonner un
scénario qui à terme, vous le savez aussi bien que moi, fera perdre tout le
monde. Le ministre va-t-il agir pour que l'éducation nationale conserve un
service public d'orientation à la hauteur des défis auquel notre jeunesse doit
faire face ? M. le président. La parole est à M.
Marc-Philippe Daubresse, ministre de la jeunesse et des solidarités
actives. M. Marc-Philippe Daubresse, ministre de la
jeunesse et des solidarités actives. Madame Huguette Bello, le ministre de
l'éducation nationale et moi-même agissons. Son ministère a, à plusieurs
reprises, placé la question de l'orientation des jeunes au coeur de ses
réflexions et de son action. Ainsi la loi du 24 novembre 2009 relative à
l'orientation et à la formation tout au long de la vie fixe un cadre d'action
très précis pour moderniser des dispositifs d'orientation qui en ont bien
besoin, amplifier leur action et améliorer la qualité du service rendu aux
usagers. Nous avons d'ores et déjà mis en oeuvre plusieurs axes de
travail. Le premier concerne la mise en place du futur service public
d'orientation prévu par cette loi. Pour assurer la qualité de ce futur service
et pour répondre à l'attente de proximité des jeunes et de leurs parents, nous
avons établi des critères qui garantiront la pertinence de la réponse et la
cohérence des actions menées par les différentes structures intégrées dans ce
service. Bien évidemment, les CIO joueront un rôle de premier ordre, mais en
synergie avec d'autres structures. Le second axe de notre action vise en
effet à élargir l'offre d'orientation. Les établissements scolaires et leurs
équipes éducatives sont en première ligne sur ce dossier puisqu'ils sont les
premiers à s'investir dans les problématiques liées à l'avenir des jeunes qui
leur sont confiés. L'orientation ne saurait être l'apanage des seuls centres
d'information et d'orientation. Il est donc capital qu'en matière d'orientation,
les équipes éducatives accompagnent les élèves, qu'elles veillent à anticiper et
à préparer leurs démarches afin que cette question cruciale qu'est l'avenir des
jeunes ne soit pas subie au moment du choix d'orientation, mais préparée. C'est
tout le sens du développement que nous avons donné au parcours de découverte des
métiers et des formations de la cinquième à la terminale, mais aussi de la
réforme du lycée d'enseignement général et technologique, dont les principaux
dispositifs vont permettre aux lycéens de ne pas être enfermés trop tôt dans
certaines filières. Cela étant, dans ce nouveau cadre, où les modalités de
travail et de collaboration entre collèges, lycées et CIO auront été redéfinies,
l'action de ces derniers et de leurs personnels d'orientation gardera toute sa
pertinence. À cet effet, un groupe de travail national associant les différentes
organisations syndicales représentatives réfléchit à la redéfinition des
missions des conseillers d'orientation-psychologues. Enfin, nous ne pouvons
aujourd'hui envisager d'élargir l'offre d'orientation sans y intégrer le fruit
d'un travail de fond sur les nouvelles technologies, ces nouveaux médias qui
permettent de renouveler la relation avec les usagers de l'école. C'est pour
cela qu'à la demande du ministère de l'éducation nationale, l'ONISEP a mis en
place depuis la rentrée la plate-forme " Mon orientation en ligne ", accessible
à tous les élèves et parents de France, par téléphone et par internet ; elle
propose une foire aux questions, un forum et un service de questions
personnalisées par courriel. Au sein de ce nouveau service, les élèves et leurs
familles peuvent ainsi bénéficier d'un accueil personnalisé. Un réseau connecté
de six plates-formes régionales constitue déjà une plate-forme unique accessible
en tout point du territoire. Mais rien n'est évidemment comparable à un
accompagnement humain dans la démarche d'orientation. C'est pourquoi cette
plate-forme ne remplace pas et ne remplacera jamais les services existants.
Aussi, pour toute demande d'approfondissement d'une réponse, un contact de
proximité est proposé au CIO le plus proche du domicile du jeune. Je sais que
plusieurs académies ont été confrontées à la volonté de certaines collectivités
territoriales de ne plus participer au financement de CIO dont elles avaient la
charge de par la loi. À chaque fois, le ministère de l'éducation nationale a
demandé aux recteurs de conduire avec elles un dialogue soutenu afin de trouver
les réponses appropriées. Je puis donc vous rassurer, madame la députée : il
n'y aura pas, à la rentrée prochaine, de mesure générale de suppression des
centres d'information et d'orientation.
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