FICHE QUESTION
13ème législature
Question N° : 1149  de  M.   Martin Philippe Armand ( Union pour un Mouvement Populaire - Marne ) QOSD
Ministère interrogé :  Éducation nationale
Ministère attributaire :  Éducation nationale
Question publiée au JO le :  15/06/2010  page :  6436
Réponse publiée au JO le :  23/06/2010  page :  4571
Rubrique :  enseignement : personnel
Tête d'analyse :  auxiliaires de vie scolaire
Analyse :  statut. champ d'application
Texte de la QUESTION : M. Philippe Armand Martin attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur l'avenir de Cap intégration. Les personnels travaillant avec des élèves handicapés s'inquiètent de leur avenir professionnel. Ils sont d'une aide indispensable à la bonne intégration en milieu scolaire des enfants handicapés et leur devenir au sein du milieu scolaire semble aujourd'hui menacé. Il lui demande de bien vouloir lui dire si une contractualisation avec l'éducation nationale est envisagée afin de pérenniser ces postes, et de faire de ces personnels aidant des auxiliaires de vie scolaire.
Texte de la REPONSE :

ACCÈS À UN STATUT D'AUXILIAIRE DE VIE SCOLAIRE
POUR LES PERSONNELS DE CAP INTÉGRATION MARNE

M. le président. La parole est à M. Philippe Armand Martin, pour exposer sa question, n°1149.
M. Philippe Armand Martin. Monsieur le ministre de l'éducation nationale, l'association Cap Intégration Marne est une structure qui aide les enfants handicapés à accomplir leurs gestes quotidiens et qui les accompagne en milieu scolaire.
Depuis plusieurs années, Cap Intégration Marne milite en faveur de la continuité des accompagnements des enfants handicapés. En effet, il est opportun que la personne qui suit au quotidien un enfant handicapé, qui lui assure une présence protectrice et éducatrice, puisse poursuivre sa mission en milieu scolaire.
Dernièrement, une convention-cadre a été conclue entre le ministère de l'éducation nationale et les associations de personnes handicapées. Elle vise à permettre la poursuite du recrutement par ces associations des auxiliaires de vie scolaire dont le contrat ne peut être renouvelé par le ministère. En l'espèce, il s'agit bien de reconnaître toute l'importance et la pertinence de la continuité de la présence des AVS auprès des enfants handicapés qu'ils ont accompagnés.
De même, une convention-cadre devrait être prochainement signée entre le ministère de l'éducation nationale et les associations gestionnaires de services d'aide et d'accompagnement à domicile telles que Cap Intégration Marne. Il s'agit de mettre en place une offre de service transversale à tous les lieux de vie, notamment le domicile et l'école.
La conclusion d'une telle convention-cadre répondrait à la continuité des accompagnements prônée par Cap Intégration Marne. Monsieur le ministre, je sais qu'elle se heurte à de nombreux obstacles juridiques sont nombreux, mais l'accompagnement des quinze élèves suivis par le personnel de Cap Intégration Marne est en jeu, ce qui représente au total 9 270 heures d'intervention en milieu scolaire.
En conséquence, pourriez-vous me confirmer la signature de cette convention-cadre entre l'éducation nationale et les services d'aide et d'accompagnement à domicile et m'indiquer l'échéance de sa mise en oeuvre ?
M. le président. La parole est à M. Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, porte-parole du Gouvernement.
M. Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, porte-parole du Gouvernement. Monsieur le député, vous me demandez si les nouveaux dispositifs en faveur des auxiliaires de vie scolaire pourraient être appliqués à Cap Intégration, ce collectif d'associations marnaises qui emploie, par contrats de droit privé, des personnels accompagnant des personnes handicapées de tous âges.
Dès la rentrée scolaire dernière, j'avais voulu qu'une nouvelle disposition soit proposée à titre transitoire, afin de permettre une continuité de prise en charge et de suivi de l'élève par son ancien auxiliaire de vie scolaire, mais aussi pour que les compétences acquises par ces personnels ne se perdent pas.
Pour la rentrée de 2010, avec ma collègue Nadine Morano, nous avons beaucoup travaillé, et nous avons souhaité prolonger le lien qui unit bien souvent l'élève et son accompagnant. Au tout début du mois de juin, nous avons donc signé deux séries de conventions avec huit grandes fédérations d'associations représentatives des personnes handicapées ou relevant de l'aide et de l'accompagnement à domicile. Nous avons ainsi pu garantir une continuité d'emploi pour ces AVS en fin de contrat public, quel que soit leur département d'emploi. Selon ces estimations, de 500 à 700 AVS pourront se voir proposer un nouvel emploi par les associations ou les services signataires des conventions. Cet emploi sera pris en charge indirectement par une subvention de l'inspection académique.
Vous le voyez, monsieur le député, pour l'ensemble des départements français, y compris la Marne, nous veillons à ce que les élèves handicapés se voient garantir la continuité de leur accompagnement ; c'est la condition même de leur réussite scolaire.
Quant à Cap Intégration, sa situation est très différente, en premier lieu parce que les contrats liant, depuis dix ans, cette association marnaise à ses quinze personnels d'accompagnement d'élèves très lourdement handicapés sont de droit privé. Or, partout ailleurs, les AVS, assistants d'éducation, sont recrutés par des contrats de droit public.
L'autre différence importante est que, jusqu'à cette année, le financement des heures d'accompagnement scolaire était assuré par une subvention de la collectivité départementale, ce qui est une exception. Pour la rentrée de 2010, la collectivité a décidé de ne plus assurer ce soutien.
Vous-même, avec la présidente de Cap Intégration et des représentants des parents, avez été reçu par mes collaborateurs pour évoquer ces sujets. La demande qui nous est faite revient à faire réemployer des personnels de l'association par l'autorité académique départementale, via des contrats publics à durée limitée. Je suis au regret de vous répondre qu'une telle demande ne peut s'inscrire dans le mouvement national que j'ai évoqué ; il me semble donc difficile d'y donner suite.
Je pense néanmoins que le travail de qualité accompli par Cap Intégration, association à laquelle je vous sais très attaché, ne doit pas être abandonné. Aussi, suite à votre visite, j'ai demandé à l'inspectrice d'académie du département de la Marne d'examiner les conditions juridiques et humaines qui permettraient d'assurer une certaine continuité, ne serait-ce que pour une partie des quinze situations d'accompagnement signalées. Les modalités contractuelles seront examinées au cas par cas, et le salaire calculé selon les règles en vigueur à l'éducation nationale.
Je le répète, cette opération ne peut consister à proposer un nouvel emploi à tous les AVS en fonction au sein de Cap Intégration. Ces nouveaux AVS, je veux le redire, seront évidemment proposés aux élèves dont les actuels accompagnants pourraient voir leur contrat interrompu. J'ai donc demandé à l'inspection d'académie de la Marne d'être particulièrement attentive à ces recrutements.
Par ailleurs, je ne doute pas, monsieur le député, que la collectivité territoriale ou le secteur associatif marnais auront à coeur de chercher les solutions pour les actuels AVS de Cap Intégration qui n'auraient pu retrouver un emploi.
M. le président. La parole est à M. Philippe Armand Martin.
M. Philippe Armand Martin. Merci de votre réponse, monsieur le ministre. Je souhaite que l'inspection académique de la Marne réponde à la demande de cette association, qui compte beaucoup de bénévoles qui se dévouent pour l'accompagnement des enfants handicapés.

UMP 13 REP_PUB Champagne-Ardenne O