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Texte de la REPONSE :
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CONSOMMATION CROISSANTE D'ALCOOL PAR LES JEUNES Mme la présidente. La parole est à de M.
François de Rugy, pour exposer sa question, n° 1183. M. François de
Rugy. Ma question porte sur le phénomène d'alcoolisation massive et
brutale qui frappe un nombre croissant de jeunes en France. L'alcool est la
deuxième cause de mortalité évitable en France. La consommation régulière
d'alcool chez les adolescents de seize ans scolarisés a augmenté de 2003 à 2007,
passant de 7 % à 13 %. La proportion de ceux hospitalisés pour ivresse aiguë a
bondi de 50 % chez les 15-24 ans pendant la même période. Il y a quelques
mois, on s'enflammait contre les apéros Facebook, notamment à la suite du décès
d'un jeune vendéen à Nantes, en marge d'une de ces manifestations. En réalité,
ce drame était celui de l'alcoolisation excessive, avec ou sans Facebook. Mon
propos est bien de dénoncer cette alcoolisation excessive, et non de montrer du
doigt ou de stigmatiser les consommations normales d'alcool dans un cadre
convivial. Sans que cela suscite le même emballement médiatique, on ne compte
plus les fins de nuit tragiques sur les routes de France. Ainsi dans ma commune
d'Orvault, le 30 mai dernier, deux jeunes trouvaient la mort sur la route après
une soirée dans une discothèque située à quelques kilomètres de là. Et ce n'est
malheureusement qu'un exemple parmi tant d'autres. Certes, le plan " santé
des jeunes ", lancé en février 2008, prévoit une série de mesures visant à mieux
protéger les jeunes. Certes, des campagnes de sensibilisation ont été conçues
et développées, dont celle conduite à l'été 2008 par l'Institut national de
prévention et d'éducation pour la santé, ou encore la campagne internet lancée
en juin 2010 par le ministère chargé des transports pour sensibiliser les jeunes
aux dangers de l'alcool au volant. Par ailleurs, la vente d'alcool a été
interdite à tous les jeunes de moins de dix-huit ans, quel que soit le lieu. La
pratique de l'open bar ainsi que celle des happy hours sont
également proscrites. Pourtant, le phénomène d'alcoolisation excessive ne
faiblit pas. Nul ne songe à remettre en cause la volonté des pouvoirs
publics. Mais l'expérience démontre que, disséminée dans des politiques de
portée générale, la lutte contre l'alcoolisation des jeunes et ses conséquences
routières ne parvient pas à atteindre ses objectifs. Ne faudrait-il pas en
faire un objet de mobilisation collective en soi, en veillant à associer tous
les partenaires disponibles ? Je pense bien sûr aux associations de jeunesse,
mais également aux représentants des familles de victimes, aux collectivités
locales et, surtout, aux acteurs économiques, qu'ils soient gérants de bars et
discothèques ou organisateurs d'événements. Ne faudrait-il pas généraliser les
alcootests à la sortie de ces établissements ? Ne faudrait-il pas envisager des
systèmes de transports collectifs organisés par ces établissements lorsqu'ils
sont implantés à l'écart des réseaux de transports publics ? Cette mobilisation
ne devrait-elle pas être placée sous l'autorité de la secrétaire d'État chargée
de la jeunesse ? Alors que vous venez de prendre vos fonctions, madame la
secrétaire d'État, ce combat fait-il partie de vos priorités, et quelles sont
vos intentions pour faire reculer le fléau de l'alcoolisation massive et de ses
conséquences dramatiques ? Mme la présidente. La parole est
à Mme Jeannette Bougrab, secrétaire d'État chargée de la jeunesse et de la vie
associative. Mme Jeannette Bougrab, secrétaire d'État
chargée de la jeunesse et de la vie associative. Monsieur de Rugy,
j'aimerais apporter une précision : il convient de relativiser le constat de la
consommation croissante d'alcool par les jeunes. La consommation d'alcool tend à
diminuer de manière générale dans toutes les tranches d'âge. Cela étant, on
constate néanmoins depuis 2003 une augmentation du nombre d'ivresses
occasionnelles chez les jeunes de dix-sept ans et plus. C'est notamment la
question du binge drinking, qui consiste à boire le maximum d'alcool en
peu de temps, qui se pose de plus en plus souvent dans de nombreux pays
européens ; ainsi que la question des apéros géants organisés par les jeunes
dans les lieux publics. Ces questions mobilisent pleinement le Gouvernement.
L'objectif principal est évidemment de prévenir et de limiter les risques que
peuvent entraîner les consommations excessives d'alcool. La loi Hôpital,
patients, santé et territoires, votée à l'initiative de ma collègue Roselyne
Bachelot lorsqu'elle était ministre de la santé, a permis de renforcer et de
clarifier le cadre réglementaire de la vente de boissons alcoolisées. La vente
d'alcool aux mineurs, l'organisation des open bars dans les soirées
étudiantes, les happy hours ne proposant pas de boissons non-alcoolisées
dans la même période sont interdites. Je rappelle également qu'il est interdit
de vendre de l'alcool aux personnes en état d'ivresse. Plus récemment, dans
votre circonscription, le drame survenu à un jeune de vingt et un ans a permis
de relancer un certain nombre de travaux. Ces différents travaux associent des
professionnels du secteur des soins et de la prévention ainsi que des
associations de jeunes. Une série de mesures a été proposée afin d'améliorer
la prise de conscience des jeunes et de responsabiliser leurs actions : la
rediffusion, pendant l'été 2011, d'un spot télévision déjà diffusé en 2008 et
2009 ; l'édition d'un guide important pour l'organisation de soirées étudiantes
; la constitution et le soutien d'un réseau d'interlocuteurs associatifs dont
les projets concernent la prévention de l'alcoolisme ; le développement des
actions de prévention dans les accueils collectifs de mineurs ; la mise à jour
du site www.alcoolinfoservice.fr, notamment destiné à l'entourage de ces
mineurs. La problématique des jeunes et de leur consommation d'alcool
constituera l'un des axes étudiés et discutés par les différents partenaires
lors de la deuxième conférence biennale " santé des jeunes " qui se tiendra à
l'automne 2011. Je tiens à préciser que l'ensemble de ces mesures montre une
volonté des pouvoirs publics de concilier les besoins des jeunes de profiter de
moments de convivialité dans un cadre raisonnable, tout en rappelant le
nécessaire respect des règles de sécurité et de prévention. De plus, s'il est
du devoir des responsables politiques de préserver et de protéger les jeunes des
comportements dangereux, ce principe ressort également de la responsabilité de
chaque personne, ainsi que des familles. J'espère avoir répondu à l'ensemble des
questions que vous avez soulevées. Mme la présidente. Merci
madame la secrétaire d'État. Je rappelle qu'il est très important de
respecter le temps de parole global, d'un maximum de six minutes, sinon nous
n'arriverons pas à traiter toutes les questions qui sont posées.
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