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Texte de la REPONSE :
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UTILISATION DU MÉDICAMENT MEDIATOR À LA MARTINIQUE M. le président. La parole est à M. Alfred
Marie-Jeanne, pour exposer sa question, n° 1214, relative à l'utilisation du
médicament Mediator à la Martinique. M. Alfred Marie-Jeanne.
Ma question s'adresse à Mme la secrétaire d'État chargée de la santé. Nous
savons tous que certains médicaments peuvent avoir des effets secondaires plus
ou moins nocifs. Ces temps-ci, le Mediator, commercialisé entre 1976 et 2009,
défraye la chronique, car son autorisation de mise sur le marché a été suspendue
par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Destiné au
traitement des diabétiques en surpoids, il aurait été utilisé contre l'obésité
et comme coupe-faim. Or, le diabète atteint à la Martinique des niveaux
inquiétants. En 2000, on évoquait déjà 35 000 cas, sachant que près de 1 200 cas
nouveaux seraient enregistrés chaque année selon l'OMS. La prévalence du diabète
déclaré et traité est passée de 4,5 % en 1981 à 5,1 % en 2004. Par rapport à la
métropole, on compte deux à trois fois plus de cas de diabète à La Réunion, en
Guadeloupe et à la Martinique. Parallèlement, l'obésité monte en puissance,
soulevant notamment la question de l'hygiène alimentaire. Cela fait dix ans
que les spécialistes de la santé tirent la sonnette d'alarme à propos du
Mediator. Pourtant, les autorités sanitaires n'ont retiré ce médicament qu'à la
fin de 2009. Administré pendant trente-quatre ans, il aurait un rapport direct
avec les valvulopathies décelées, et serait la cause du décès de centaines de
patients. Madame la secrétaire d'État, dans ce contexte général, peut-on
savoir si le Mediator a causé quelque tort à la Martinique ? Quelles sont les
consignes et les mesures que vous envisagez de prendre ? M. le
président. La parole est à Mme la ministre chargée de l'apprentissage
et de la formation professionnelle. Mme Nadine Morano,
ministre chargée de l'apprentissage et de la formation professionnelle.
Monsieur le député, je vous prie de bien vouloir excuser Nora Berra,
actuellement en déplacement avec le Premier ministre en Russie, et qui m'a priée
de bien vouloir vous transmettre les éléments suivants. La mise en évidence
de valvulopathies chez des patients traités par le Mediator ou ses génériques,
c'est-à-dire des médicaments contenant la même substance active, le benfluorex,
a conduit au retrait du marché de ces spécialités au mois de novembre
2009. Ce médicament était indiqué comme adjuvant au régime adapté chez les
personnes diabétiques présentant une surcharge pondérale. Depuis la
commercialisation du Mediator en 1976, environ 5 millions de patients ont été
traités, avec une durée moyenne de prise du médicament d'environ dix-huit mois ;
2,9 millions d'entre eux ont consommé du benfluorex pendant une durée d'au moins
trois mois. Au mois de novembre 2010, de nouvelles données ont permis de
préciser la fréquence du risque de valvulopathie. C'est au vu de ces éléments
que M. Xavier Bertrand et Mme Nora Berra, dès le lendemain de leur prise de
fonction, c'est-à-dire le 16 novembre 2010, ont demandé à ce que l'AFSSAPS et la
Caisse nationale d'assurance maladie invitent les patients ayant pris ce
médicament à consulter leur médecin traitant, surtout s'ils l'ont pris pendant
trois mois ou plus au cours des quatre dernières années. Ils ont également
appelé l'attention des médecins sur la nécessité de procéder à un dépistage
d'une valvulopathie chez les patients ayant pris ce produit, et demandé la mise
en place d'un comité de suivi associant des représentants de la direction
générale de la santé, de l'AFSSAPS et de la CNAM. Ils ont enfin demandé à
l'Inspection générale des affaires sociales de reconstituer la succession des
événements et des décisions concernant ce médicament. Les conclusions de cette
mission sur ces points sont attendues pour le 15 janvier 2011. Dans un second
temps, les travaux de la mission devront permettre de dresser un bilan de
l'organisation et du fonctionnement de la pharmacovigilance en France et de
proposer des mesures visant à améliorer ce dispositif. Concernant plus
particulièrement la situation à la Martinique au regard de l'information et du
suivi des patients, l'ensemble des caisses d'outre-mer ont été informées,
conformément au cadre général mis en place. Les patients ayant pris du
Mediator pendant au moins trois mois au cours des quatre dernières années
recevront dans les prochains jours un courrier personnalisé les invitant à
consulter leur médecin traitant, afin que celui-ci puisse rechercher tout
symptôme ou signe évocateur d'atteinte à une valve cardiaque. On estime à plus
de 5 000 le nombre des patients qui, à la Martinique, seront destinataires de ce
courrier, transmis par l'assurance maladie. Il est également important de
souligner qu'un courrier est adressé aux professionnels de santé les informant
des recommandations actuelles en matière de dépistage d'atteintes valvulaires et
de suivi des patients exposés au benfluorex.
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