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Texte de la QUESTION :
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M. Alain Cousin attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement sur les dysfonctionnements récurrents observés quotidiennement sur les deux lignes corail reliant Paris à la Basse-Normandie. Depuis plus de dix ans, seule la ligne reliant Paris à Granville connaissait des problèmes de fiabilité dus, en partie, à un matériel inadapté. Reconnue comme « ligne la plus difficile » de France par la direction de la SNCF, le « Paris-Granville » n'a jamais figuré dans les « lignes » à moderniser par les dirigeants de l'entreprise publique. Depuis quelques mois, la ligne Paris-Caen-Cherbourg, qui - faute d'être rapide - demeurait fiable, a vu sa qualité de service se dégrader de façon préoccupante. À l'image du Paris-Granville, l'exactitude est devenue, sur cette ligne, l'exception et les retards une marque de fabrique. Depuis de nombreuses années, les contribuables bas-normands ont largement investi pour garantir une desserte ferroviaire de qualité entre la capitale et leur région. Compte tenu de ces éléments, il lui demande si le Gouvernement entend agir fortement auprès de la SNCF et RFF pour que les deux lignes corail bas-normandes puissent enfin disposer d'un niveau de service conforme aux attentes des clients et contributeurs.
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Texte de la REPONSE :
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DYSFONCTIONNEMENTS DE DEUX DESSERTES FERROVIAIRES ENTRE
PARIS ET LA BASSE-NORMANDIE Mme la
présidente. La parole est à M. Alain Cousin, pour exposer sa question,
n° 1272. M. Alain Cousin. Mon ami Philippe Gosselin vous a
parlé tout à l'heure, monsieur le secrétaire d'État chargé des transports, des
difficultés que les Normands subissent en matière de desserte ferroviaire. Si
j'y reviens, c'est qu'elles sont grandes. Nous ne sommes plus dans l'Ouest, mais
dans le Far West ! (Sourires.) Souvent, mais pas toujours, le
train part à l'heure. Quant à l'arrivée : Inch Allah ! Prendre le train
pour Cherbourg au départ de Saint-Lazare ou pour Granville au départ de
Montparnasse-Vaugirard, c'est aujourd'hui une véritable aventure. Vous l'avez
compris : le Normand, s'il est un client, n'en est pas moins un contribuable. Et
quel contribuable ! Je peux vous dire que, depuis 1986, les Bas-Normands ont
beaucoup donné et, hélas, bien peu reçu. Parfois, nous avons des voitures qui
ne sont pas chauffées, d'autres qui manquent même quand on a réservé une place à
bord, sans compter les divers dysfonctionnements qu'évoquait Philippe Gosselin.
Essayez donc d'imaginer les difficultés que peuvent rencontrer eux aussi les
contrôleurs de la SNCF ! Ils n'osent même pas passer dans les voitures, de peur
de se faire prendre à partie par les clients, alors qu'ils n'y sont pour rien,
puisqu'il s'agit d'une véritable défaillance de la SNCF. Celle-ci le
reconnaît : la ligne Paris-Granville est la pire du réseau français.
Paris-Cherbourg est en train de la rejoindre. Cette seconde interpellation,
après celle de Philippe Gosselin, démontre à quel point la situation est devenue
intolérable. Merci, monsieur le secrétaire d'État, de signifier à la direction
de la SNCF que, dans notre région, elle doit faire en sorte que la situation se
redresse, et très rapidement ! M. Philippe Gosselin. Très
bien ! Mme la présidente. La parole est à M. Thierry
Mariani, secrétaire d'État chargé des transports. M. Thierry
Mariani, secrétaire d'État chargé des transports. Vous l'avez
dit, monsieur Cousin, c'est la seconde question portant sur la desserte de la
Basse-Normandie. M. Philippe Gosselin. Cela montre la
gravité des dysfonctionnements ! M. Thierry Mariani,
secrétaire d'État. Cela montre en effet que les difficultés sont, hélas !
bien réelles. Je suis conscient, je le répète, de la nécessité d'améliorer
les conditions de transport sur ces deux lignes, dont la régularité et la
qualité de service ne sont pas au rendez-vous. L'État y veillera tout
particulièrement, notamment en tant qu'autorité organisatrice de ces deux
lignes, qui font désormais partie du périmètre de la convention relative à
l'exploitation des trains d'équilibre du territoire, que nous avons signée en
décembre. Je vous rappelle que, selon les termes de cette convention, des
pénalités sont désormais prévues pour la SNCF en cas de non-régularité, ce qui
est une première. M. Philippe Gosselin. Ça va lui coûter
cher ! M. Thierry Mariani, secrétaire d'État. La
ligne Paris-Granville a fait l'objet d'une attention particulière en 2010, avec
la mise en place de soixante-six actions concrètes, dont la fiabilisation de la
mise à disposition du matériel roulant et une communication renforcée vis-à-vis
des usagers. Ce plan a permis de diminuer les retards dus à des causes
internes à l'entreprise : 25 % des retards en 2010 contre 40 % en 2009. Il y a
donc un progrès, mais je reconnais qu'il est loin d'être
suffisant. M. Philippe Gosselin. Il est en effet très
relatif ! M. Thierry Mariani, secrétaire d'État. S'il
y a tant de retards, si tant de trains n'arrivent pas à l'heure, c'est que les
problèmes que vous évoquez avec M. Gosselin sont bien réels. Cette dynamique
sera poursuivie en 2011 par des actions portant sur la fiabilisation de la
production des trains, le suivi des travaux et l'information en temps réel des
voyageurs. Mais, je le répète, je suis bien conscient que cette situation est
loin d'être acceptable. Les efforts doivent être poursuivis et ils le
seront. La ligne Paris-Caen-Cherbourg a, pour sa part, été intégrée par la
SNCF parmi les douze lignes sensibles concernées par le plan de renforcement de
la qualité de service. Celui-ci s'appuiera sur un diagnostic de la production et
se traduira par une démarche d'amélioration industrielle menée sur dix-huit à
vingt-quatre mois. Pour cette ligne comme pour les autres, je vous propose,
messieurs les députés, d'être associés aux réflexions que nous mènerons afin que
nous puissions examiner ensemble l'évolution du baromètre de cette ligne, qui
sera établi - j'insiste sur ce point - par un cabinet extérieur à la
SCNF. Dans son discours du 29 avril 2009 sur le Grand Paris, le Président de
la République a replacé, vous le savez, le projet d'une ligne nouvelle entre
Paris et la Normandie au coeur d'un projet ambitieux de développement du
territoire et a précisé le 16 juillet qu'il profiterait également aux deux
régions normandes. Un comité de pilotage présidé par Jean-Pierre Duport a
reçu pour mission d'organiser un débat public. Dans ce cadre, plusieurs
scénarios de desserte ont été élaborés par RFF avec pour objectif de relier Caen
à Paris en une heure et trente minutes et, si les conditions le permettent, en
une heure et quinze minutes. L'essentiel, cher monsieur Cousin, est que nous
soyons en mesure d'améliorer rapidement cette liaison au profit des personnes
qui l'empruntent chaque jour. Je veillerai à vos côtés à ce que les résultats
soient sensibles pour les usagers. Les projets à long terme sont une bonne chose
mais la fiabilité à court terme est tout aussi nécessaire. Mme la
présidente. La parole est à M. Alain Cousin. M. Alain
Cousin. Monsieur le secrétaire d'État, je vous remercie d'avoir rappelé
la volonté politique exprimée par le Président de la République pour la LGV
Normandie. C'est en effet un élément important qui nous donne de
l'espoir. S'agissant du court terme, je citerai Pierre Dac : " Quand on part
de rien et qu'on arrive à pas grand-chose, on n'a de merci à dire à personne. "
Nous sommes un peu dans cette situation avec la SNCF. Toutefois, je suis
convaincu que, grâce à votre vigilance, des progrès seront faits. Je sais
pouvoir compter sur vous et je vous remercie par avance.
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