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Texte de la REPONSE :
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RESTRUCTURATION DES LABORATOIRES DE QUALIFICATION BIOLOGIQUE
DU DON Mme la présidente. La parole est à
M. André Schneider, pour exposer sa question, n° 1496, relative à la
restructuration des laboratoires de qualification biologique du
don. M. André Schneider. Ma question s'adresse à Mme la
secrétaire d'État chargée de la santé et porte sur la restructuration des
laboratoires de qualification biologique du don du sang - QBD -, en particulier
ceux du centre de Strasbourg. En effet, face au projet de restructuration,
mon inquiétude, ainsi que celle des personnels de l'Établissement français du
sang d'Alsace, est vive, et ce pour deux raisons : les délais d'attente des
malades en instance de transfusion risquent d'être considérablement augmentés,
ce qui pourrait mettre la vie de certains en danger ; les coûts risquent d'être
plus élevés. Certes, la mutualisation des moyens et des économies d'échelles
sont nécessaires, voire indispensables, mais elle ne doit pas porter atteinte au
bon fonctionnement de notre système de santé. Le projet actuellement en cours
d'élaboration envisage de regrouper cette activité sur quatre grands plateaux au
lieu des quatorze laboratoires régionaux répartis aujourd'hui sur le territoire
métropolitain. Pour l'Alsace, cette réforme risque de réduire
considérablement la disponibilité des produits. En effet, les échantillons
prélevés à Strasbourg devraient être acheminés à Metz-Tessy en Haute-Savoie. La
durée de ce trajet - 550 km - est de plus de cinq heures. À cela, il faut
ajouter les huit heures nécessaires à l'analyse. Cette augmentation de la
durée de mise à disposition du produit réduit d'autant le temps d'utilisation
d'une poche de plaquettes, qui est de cinq jours après un don. Une telle
mesure aurait donc une incidence sur l'approvisionnement des hôpitaux alsaciens
et, par voie de conséquence, sur la santé des patients. Enfin, ce projet
national a pour objectif d'aligner les coûts unitaires de QBD sur ceux de
l'établissement régional le plus performant au niveau de la métropole. Or cet
organisme n'est autre que l'Établissement français du sang d'Alsace, qui est
ainsi fortement préoccupé par ce projet de changement d'organisation alors qu'il
est considéré comme la référence au plan national. Le comité central
d'établissement a demandé à un cabinet spécialisé de réaliser une expertise.
Peut-on nous communiquer ces résultats ? Face à ces inquiétudes légitimes,
quelles sont les réponses que le Gouvernement est en mesure de nous apporter
? Mme la présidente. La parole est à Mme Nadine Morano,
ministre chargée de l'apprentissage et de la formation
professionnelle. Mme Nadine Morano, ministre chargée de
l'apprentissage et de la formation professionnelle. Monsieur le député, vous
avez appelé l'attention de Mme la secrétaire d'État chargée de la santé sur la
restructuration des laboratoires de qualification biologique du don de
l'Établissement français du sang. L'EFS s'est engagé dans un projet de
regroupement de ses quatorze laboratoires actuels de qualification biologique du
don, qui sont de taille variable et ont des organisations différentes. Après
avoir mené une étude portant sur plusieurs scénarios, l'EFS a finalement retenu
l'hypothèse du passage de quatorze à quatre plateaux interrégionaux. Les
localisations ont été fixées notamment pour leur intérêt logistique. Les régions
retenues sont Pyrénées-Méditerranée : Montpellier ; le Nord de la France : Lille
; Rhône-Alpes : Annecy ; les Pays-de-la-Loire : Angers. Parce que les
produits sanguins labiles - produits issus de dons de sang - sont
indispensables, souvent utilisés lorsque le pronostic vital du patient est en
jeu et qu'il s'agit, comme vous le soulignez, de produits hautement sensibles,
il est indispensable de garantir à nos concitoyens la sécurité la plus grande en
matière de transfusion sanguine. Cette sécurité, qui nécessite la
standardisation, l'harmonisation des méthodes utilisées et l'unification des
processus de qualification, est bien l'objectif de cette réorganisation des
plateaux. À ce titre, il est indispensable que tous les sites de QBD
disposent d'un système de back up de leur plateau en cas d'incident
majeur, ce qui n'est pas le cas du site alsacien. Quant au risque
d'augmentation du délai de qualification et de distribution des produits, le
projet actuel prend en compte le rendu des résultats dans les délais impartis,
avec un horaire maximal d'arrivée des tubes au laboratoire interrégional fixé à
quatre heures. Même si, dans quelques situations, ce délai dépasse légèrement
les quatre heures, il ne s'agit pas d'un facteur limitant. Dans tous les cas, il
est prévu que les résultats soient transmis aux différents services de
préparation au fur et à mesure de leur validation sur le logiciel de laboratoire
de QBD. Cela ne remet donc pas en cause les délais d'approvisionnement des
hôpitaux, qui resteront comparables à ceux que nous connaissons
aujourd'hui. Les différents scénarios étudiés prévoient également tous des
situations dégradées qui permettent de fonctionner avec un plateau en moins en
cas d'incident provoquant sa fermeture. L'EFS est aujourd'hui préparé à ce genre
d'exercice. Ces plans de sécurisation fondent l'autosuffisance en produits
sanguins labiles de notre pays. Enfin, le Gouvernement tient à préciser que
la démarche de mutualisation se fera étape par étape, avec le premier
regroupement sur Montpellier qui aura lieu en deux temps - avec d'abord le
transfert du plateau de Saint-Étienne, puis de celui de Marseille -, au dernier
trimestre de l'année 2011 Le Gouvernement s'engage à ce qu'un bilan d'expérience
soit réalisé à l'issue de cette première phase et qu'un délai minimum de trois
mois soit respecté afin de pouvoir bénéficier de ces enseignements, avant
d'engager, sur l'année 2012, les trois autres regroupements : Nord de la France,
Pays-de-Loire et Rhône-Alpes. Ce plan sera donc mis en oeuvre en apportant
toutes les garanties nécessaires en termes de sécurité et de qualité des
produits sanguins labiles. Mme la présidente. La parole est
à M. André Schneider. M. André Schneider. J'ai bien entendu
votre argumentation, madame la ministre, mais il faut bien plus de quatre heures
pour aller en voiture de Strasbourg jusqu'en Haute-Savoie. Par ailleurs, je
le répète parce que j'en suis fier, l'Établissement français du sang d'Alsace
est considéré comme la référence au plan national. Vous savez, madame la
ministre, pour être voisine de l'Alsace, que cette région est une terre
d'exception. J'espère donc qu'il reste un espoir de revenir sur certaines
décisions.
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