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Texte de la QUESTION :
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M. Olivier Jardé attire l'attention de M. le ministre de la ville sur le Grand Paris. Le projet du Grand Paris est un formidable espoir pour les habitants de l'Île-de-France et ses générations futures. Ce projet permettra de renforcer les potentiels existants et d'en susciter de nouveaux. Mais sa question s'adresse davantage quant à l'impact de ce projet de Grand Paris sur les villes situées à 100 kilomètres de Paris, comme Amiens, Reims ou Orléans. En Picardie, les habitants craignent, et certains n'hésitent pas à alimenter cette inquiétude, que l'attractivité de notre région et de sa capitale ne fonde sur sa partie sud, déjà aimantée par Paris, et que sa partie nord ne soit tirée vers la conurbation lilloise. Il lui demande s'il peut les rassurer sur ce point. Ces grandes villes métropolitaines, situées à une centaine de kilomètres, offrent des perspectives intéressantes pour le Grand Paris, qu'elles soient économiques ou démographiques. Il voudrait savoir s'il compte mettre à profit leurs potentiels et créer des liens privilégiés avec ces territoires qui serviraient d'équilibre tout en évitant une trop grande concentration d'activités et d'hommes, dans une zone limitée et qui poserait autant de problèmes qu'aujourd'hui. Pour que ces liens étroits soient couronnés de succès, un développement de l'ère numérique et la réalisation de moyens de transports rapides doivent être réalisés. Qu'en est-il donc du projet de LGV Paris-Amiens-Londres, inscrits dans la loi Grenelle ? Seront-ils pris en compte dans le projet du Grand Paris ? Il souhaite savoir s'il peut le rassurer sur ces sujets importants pour le développement des territoires qui entourent et de ceux qui sont intégrés dans le futur Grand Paris.
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Texte de la REPONSE :
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CONSÉQUENCES DU GRAND PARIS SUR L'ACTIVITÉ DES VILLES DU GRAND
BASSIN PARISIEN M. le président. La parole
est à M. Olivier Jardé, pour exposer sa question, n° 1534, relative aux
conséquences du Grand Paris sur l'activité des villes situées à une centaine de
kilomètres de la capitale. M. Olivier Jardé. Le projet du
Grand Paris est une nécessité nationale. La capitale de la France doit être une
capitale mondiale dans la compétition internationale que la mondialisation
impose. Toutefois, cette nécessité ne doit pas faire réapparaître les
craintes des années 1950 sur " Paris et le désert français ". En cinquante ans,
de grandes métropoles sont nées et leur croissance est assurée. Il n'en est pas
de même pour les métropoles du Bassin parisien : Orléans, Reims, Rouen, Amiens
n'ont pas connu le développement qu'elles pouvaient espérer car la politique des
villes nouvelles l'a freiné. Trop proches de Paris, celles-ci ont fait grossir
l'agglomération parisienne, avec les problèmes que l'on connaît, sans équilibrer
le Bassin parisien dans son ensemble. Le projet du Grand Paris peut avoir les
mêmes conséquences, sauf pour Rouen. Ces capitales régionales n'ont pas vocation
à devenir les lointaines banlieues de Paris. Pourtant, des milliers d'habitants
font déjà l'aller-retour entre Paris et ces villes. Associer ces villes au
projet du Grand Paris ne serait que poudre aux yeux. Amiens deviendrait un
trou noir entre le Grand Paris et le Grand Lille. Trop éloignée pour être une
banlieue vivante, trop près pour une stratégie autonome, sans TGV, sans
autoroute vers Lille, avec peu de pôles scientifiques d'excellence, un solde
migratoire très déficitaire et une désindustrialisation qui s'accélère, la
capitale picarde doit se battre avec de lourdes contraintes. Je souhaite
savoir si le Gouvernement peut rassurer les Amiénois sur sa politique des villes
du Bassin parisien, qui devrait accompagner celle du Grand Paris, non en termes
d'association au projet, ce qui aurait peu de sens, mais dans une volonté
nationale d'équilibrer le Bassin parisien à côté du Grand Paris. M.
le président. La parole est à M. le ministre de la ville. M.
Maurice Leroy, ministre de la ville. Monsieur le député, vous
appelez mon attention sur l'avenir des villes situées à cent kilomètres de Paris
dans le cadre de cet immense projet, voulu par le Président de la République, du
Grand Paris. Je vous remercie de me permettre de souligner que le Grand Paris
n'est pas seulement un projet pour l'Île-de-France. À cet égard, je partage
totalement votre sentiment et j'approuve ce que vous avez dit au sujet des
villes de ce que j'appellerai le grand Bassin parisien : Le Havre, Rouen, Amiens
- que j'aurais dû citer en tout premier lieu -, Orléans ou encore Tours, bref,
les villes situées à une heure environ de Paris. Vous l'avez dit vous-même,
c'est un projet d'intérêt national, qui doit donner à l'ensemble du territoire
une perspective de développement à long terme et tirer la croissance nationale
vers le haut. Ce projet se décline à plusieurs échelles : locale, pour
favoriser l'émergence de projets urbains durables ; métropolitaine, pour
renforcer l'attractivité de l'agglomération ; enfin, à celle du grand Bassin
parisien, pour faire entrer la région capitale dans une dimension européenne et
mondiale. Amiens est sur le chemin naturel entre Paris et Londres ; la Picardie
regarde à la fois vers l'Europe et vers le Grand Paris. Vous appelez
notamment mon attention sur le développement des TGV, qui illustre parfaitement
cet impératif de développement. Les interconnexions avec les lignes à grande
vitesse sont au coeur du projet Grand Paris. Ainsi en est-il du barreau
Creil-Roissy, qui inscrit la Picardie dans la logique du Grand Paris en la
connectant directement à l'aéroport international Charles-de-Gaulle et au réseau
TGV. Ainsi en est-il également des projets de contournement TGV en
Île-de-France, qui favorisent avant tout les connexions de province à province,
et permettent en outre de mettre en réseau les villes du grand Bassin parisien,
afin de renforcer leur position dans une économie mondialisée. Soyez assuré
que je reste vigilant pour maintenir cette dimension de l'immense projet du
Grand Paris. Je vous remercie également de votre soutien. Je sais combien vous
oeuvrez vous-même pour qu'Amiens et tout le bassin amiénois soient partie
intégrante de cet ensemble du Grand Paris, qui rayonnera au bénéfice d'Amiens.
Je tiens à vous en féliciter. M. le président. La parole est
à M. Olivier Jardé. M. Olivier Jardé. Merci, monsieur le
ministre. Amiens a toutefois vocation, non à être membre à part entière du Grand
Paris, mais à constituer un pôle autour de lui, dans le cadre du Bassin
parisien. Le TGV est effectivement très important pour nous, mais aussi
toutes les nouvelles technologies, à commencer par la fibre optique. En effet, 7
000 Amiénois prennent chaque jour le train pour aller travailler à Paris ; je
suis persuadé qu'ils pourraient ne venir que quatre jours sur cinq. Conforter
toutes ces villes situées à cent kilomètres de la capitale serait une excellente
chose, et je vous en remercie d'agir en ce sens, monsieur le ministre.
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