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DEBAT :
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PROPOSITION DE LOI VISANT À CRIMINALISER LE COLONIALISME
FRANÇAIS EN ALGÉRIE M. le président. La
parole est à M. Thierry Mariani, pour le groupe de l'Union pour un mouvement
populaire. M. Thierry Mariani. Monsieur le président, ma
question s'adresse à M. le secrétaire d'État à la défense et aux anciens
combattants. La presse s'est fait l'écho de la proposition de loi de 125
députés algériens (Exclamations sur les bancs du groupe GDR) selon
laquelle le Parlement algérien envisagerait d'adopter une loi criminalisant le
colonialisme français de 1830 à 1962, de juger les responsables coloniaux et de
les poursuivre devant des tribunaux internationaux. (Exclamations sur les
bancs du groupe GDR.) M. Maxime Gremetz. Un peu de
décence, monsieur Mariani ! M. Thierry Mariani. Je suis tout
de même très surpris de votre attitude. Cela devrait aussi vous choquer parce
que vous êtes Français comme nous ! (Applaudissements les bancs du groupe
UMP. - Protestations sur les bancs du groupe GDR.) Monsieur le secrétaire
d'État, cette initiative scandalise nos concitoyens, qui ne la comprennent pas.
Si elle devait se confirmer, elle porterait un coup aussi rude qu'inattendu à la
relation partenariale que nous développons sans cesse plus étroitement entre nos
deux pays. Pour des raisons que l'on a du mal à comprendre, certains veulent
stigmatiser la France. Ce sont, encore une fois, nos compatriotes rapatriés qui
sont attaqués et blessés, eux qui ont vécu aux côtés du peuple algérien jusqu'en
1962 (Protestations sur les bancs du groupe GDR)... M. Maxime
Gremetz. Arrêtez ! C'est scandaleux ! M. le
président. Je vous en prie, monsieur Gremetz ! M. Thierry
Mariani. ...une relation infiniment plus complexe et riche qui ne se
réduit pas au stéréotype du colonialisme. Encore une fois, c'est l'armée
française que l'on veut salir. (" Oh ! " sur les bancs du groupe GDR.)
Encore une fois, ce sont les Harkis que l'on méprise et que l'on injurie.
(Protestations sur les bancs du groupe GDR.) Monsieur le secrétaire
d'État, ce matin, notre assemblée a fait preuve de responsabilité en choisissant
d'ignorer cette provocation pour poursuivre l'oeuvre indispensable de
rapprochement et de coopération entre la France et l'Algérie. Mais nous avons
besoin d'être rassurés, monsieur le secrétaire d'État, sur les intentions des
autorités algériennes et surtout sur la détermination du gouvernement de la
France à faire en sorte que la question de la Mémoire ne soit jamais sacrifiée
au processus de réconciliation. Comment le Gouvernement entend-il travailler
à l'indispensable réconciliation des mémoires ? (Applaudissements sur les
bancs du groupe UMP et sur quelques bancs du groupe NC.) M. le
président. La parole est à M. Hubert Falco, secrétaire d'État à la
défense et aux anciens combattants. M. Hubert Falco,
secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants. Monsieur le
député, Thierry Mariani, cette initiative portée par 125 députés algériens est
particulièrement inquiétante et incompréhensible - et vous l'avez souligné -
alors que l'Assemblée nationale vient de voter, ce matin, la ratification de la
convention de partenariat entre nos deux pays. Mesdames, messieurs les
députés, il s'agit d'une proposition de loi qui n'a pas été débattue par
l'Assemblée algérienne (" Ah ! " sur les bancs du groupe GDR) et sur
laquelle le gouvernement algérien ne s'est pas prononcé. M. Maxime
Gremetz. Voilà, monsieur Mariani ! vous n'y connaissez rien ! Il faut
vous enlever le micro ! M. Hubert Falco, secrétaire
d'État. Il faut donc se garder de tout procès d'intention à l'égard des
autorités algériennes, qui ne sauraient cautionner une charge anti-française
aussi outrancière, profondément blessante, insultante pour nos compatriotes
rapatriés et pour notre Mémoire nationale. M. Pierre Gosnat.
Envoyez les troupes ! M. Hubert Falco, secrétaire d'État.
Plus que jamais, mesdames, messieurs les députés, cette initiative
profondément regrettable renforce ma détermination pour oeuvrer à la
réconciliation des mémoires, non par le silence qui voudrait bâtir la
réconciliation sur l'oubli des drames des Harkis ou des Rapatriés ou sur la
repentance, mais par le travail de mémoire et l'exigence de vérité ! Plus que
jamais, monsieur le député, j'ai la conviction que la Fondation pour la mémoire
de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie, dont je vous ai
annoncé la création, est l'outil indépendant dont nous avons besoin, ici, comme
de part et d'autre de la Méditerranée, pour parcourir ensemble ce chemin de
mémoire, celui de toutes les mémoires, qui n'occulte aucune mémoire !
(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP.)
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