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DEBAT :
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FERMETURE DE L'USINE KLÉBER DE TOUL M. le président. La parole est à Mme Nadine
Morano, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire. Mme
Nadine Morano. Monsieur le président, ma question s'adresse à Mme
Lagarde,... Plusieurs députés du groupe socialiste, radical, citoyen
et divers gauche. Mme Lagardère ! Mme Nadine Morano.
...ministre de l'économie, des finances et de l'emploi. L'usine
Kléber, filiale du groupe Michelin, était un fleuron économique de la ville de
Toul et du Toulois depuis 1969. Je dis " était " car, à la consternation
générale, les 826 salariés, dont la moyenne d'âge est de 42 ans, et les élus
viennent d'apprendre que cette usine fermera en 2009. (" Et voilà ! " sur les
bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la
Gauche démocrate et républicaine.) Le sujet mérite tout de même un peu
d'attention et de solidarité ! Même si des craintes et des inquiétudes,
relayées par les organisations syndicales, s'étaient exprimées quant à la forte
concurrence existant sur le marché des pneus de tourisme milieu de gamme
fabriqués à Toul, aucune information ne laissait présager une issue aussi fatale
que rapide. C'est un choc. Michelin nous informe qu'elle restructure ses
sites et qu'elle poursuit sa stratégie d'amélioration de sa compétitivité en
France et en Espagne. Or, à Toul, malgré d'importants efforts d'investissement
consentis ces dernières années et la rationalisation des procédés industriels,
l'usine, qui a un coût de production de plus de 50 % supérieur à celui de ses
concurrents, n'est plus compétitive et sera donc fermée. Ma première
préoccupation concerne l'avenir des familles touchées, qui pourront compter sur
mon soutien et mon énergie pour les accompagner de façon constructive dans cette
épreuve (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et
divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.) Je
m'inquiète ensuite de l'avenir du bassin économique de Toul, même s'il dispose
de tous les atouts nécessaires pour accueillir des investisseurs, puisque son
positionnement géographique et ses infrastructures en ont fait le bassin de vie
dont le taux de chômage est le plus faible de Lorraine. Le groupe Michelin a
pris des engagements forts. En matière sociale, l'emploi de l'ensemble du
personnel devrait être maintenu, puisque deux postes seront proposés à chaque
personne en fonction de ses qualifications... M. Jean-Pierre
Brard. Le troisième, c'est l'ANPE ! Mme Nadine Morano.
...et qu'aucun contrat ne sera rompu sans que soit proposée une
solution professionnelle à chacun des salariés. Le groupe s'est également engagé
à revitaliser le site et le bassin d'emploi en étroite coopération avec les
collectivités territoriales. Ces engagements semblent avoir été tenus à l'usine
de Poitiers, qui a connu aussi une phase de restructuration. M.
Jean-Yves Le Bouillonnec. La question ! Mme Nadine
Morano. Madame la ministre, à Toul, nous ne nous laisserons pas abattre
par la fatalité. (" Ah ! " sur les bancs du groupe socialiste, radical,
citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et
républicaine.) Nous retrousserons nos manches, comme les Lorrains savent le
faire dans les moments difficiles. M. le président. Veuillez
poser votre question, madame Morano. Mme Nadine Morano. Mais
nous avons besoin de votre soutien et de votre engagement, ainsi que de celui du
Premier ministre, de Xavier Bertrand et de Jean-Louis Borloo, chargé de
l'aménagement du territoire. Au nom des salariés, j'attends du Gouvernement
qu'il fasse le point sur la situation de l'entreprise et des services de l'État
qu'ils fassent preuve de solidarité et d'efficacité en proposant à chacun des
salariés un accompagnement personnalisé, au cas par cas. Madame Lagarde, quels
engagements rapides pouvez-vous prendre pour nous aider dans notre tâche ?
(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe de l'Union pour un mouvement
populaire.) M. le président. La parole est à Mme la
ministre de l'économie, des finances et de l'emploi. Mme Christine
Lagarde, ministre de l'économie, des finances et de l'emploi.
Madame la députée, je mesure, bien entendu, le traumatisme et les
difficultés qui affectent l'ensemble des salariés, leurs familles et, plus
généralement, tous les habitants de la ville de Toul, qui sont profondément
marqués par la fermeture de l'usine Michelin. (Exclamations sur les bancs du
groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.) M. le
président. Écoutez la réponse de Mme la ministre. Mme la
ministre de l'économie, des finances et de l'emploi. Pourtant, tout le
monde s'était engagé dans cette affaire : les salariés, mais aussi l'employeur,
qui a investi - vous l'avez rappelé - plus de 45 millions d'euros au cours des
cinq dernières années. Nonobstant ces efforts, la décision de fermer l'usine
s'impose, pour des raisons tenant en particulier à l'exiguïté du site et aux
coûts de production élevés que vous avez mentionnés. Qu'allons-nous faire ?
(" Ah ! " sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers
gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.) Nous allons
bien entendu veiller à ce que la société Michelin respecte ses engagements,
lesquels consistent, d'une part, à reclasser l'intégralité du personnel d'ici à
la fermeture de l'usine, en 2009, et, d'autre part, à revitaliser le site de
Toul, afin d'éviter ou, tout au moins, de remédier aux dommages causés par cette
fermeture. Quant aux services de l'État, ils seront, comme ils l'ont toujours
été, extrêmement attentifs et mobilisés, et j'y veillerai personnellement,
madame Morano. Il va de soi qu'une entreprise telle que Michelin respectera
ses engagements, et nous y veillerons. Bien entendu, la procédure doit être
respectée de la manière la plus rigoureuse, dans la transparence et en assurant
l'information totale des salariés, de leurs représentants, des collectivités
locales et des élus qui, eux aussi, se sont engagés très vivement dans la
défense de ce dossier. M. Maxime Gremetz. Michelin ne fait
pas de profits ? Mme la ministre de l'économie, des finances et de
l'emploi. J'ajoute que Michelin, qui mène une politique de recherche et
développement, s'est engagé à créer, d'ici à 2011, 4 000 emplois dans le secteur
de l'innovation. Notre gouvernement, sous la direction de François Fillon, a
intérêt à encourager ce type d'initiatives. C'est d'ailleurs l'objet de la
mesure concernant le crédit d'impôt-recherche que nous soumettrons à votre
approbation dans le cadre du projet de loi de finances pour 2008.
(Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement
populaire.)
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