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DEBAT :
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LOI DE MODERNISATION DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE M. le président. La parole est à M. Michel
Raison, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire. M.
Michel Raison. Ma question s'adresse à M. le ministre de
l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche. Monsieur le ministre, le
projet de loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche, dont j'ai
l'honneur d'être le rapporteur pour son volet agricole et forestier, mon
collègue Louis Guédon rapportant son volet consacré à la pêche, verra son examen
en séance publique débuter dans quelques instants. Au cours des années
soixante, soixante-dix, la France a été en Europe le moteur d'une agriculture
performante, compétitive, sans cesse modernisée, tout en restant diversifiée.
L'indéniable succès du monde agricole français a été le symbole de la réussite
de la politique agricole commune, dont l'objectif premier a été d'assurer
l'autosuffisance alimentaire de l'Europe et l'approvisionnement des
consommateurs, et ce à un coût raisonnable. Dans un contexte de crise
économique, rappelons que nous sommes toujours la première puissance agricole
européenne. Mais les agriculteurs français et européens sont désormais en
compétition sur un marché ouvert, où les règles du jeu ne sont pas les mêmes
pour tous, où les conditions de production, en termes sociaux, environnementaux
et sanitaires, varient d'un marché à l'autre, et où il devient de plus en plus
difficile de se protéger contre des pratiques qu'on peut juger parfois
déloyales. Ce contexte a révélé la fragilité du modèle
français. M. Patrick Roy. Hélas ! M. Michel
Raison. Pendant que nos voisins allemands gagnent des parts de marché,
y compris sur des produits qu'ils ne produisaient pas, ou quasiment pas, il y a
quelques années, ce signal fort nous indique clairement que la reprise de notre
agriculture est possible. Pouvez-vous nous préciser en quoi ce texte
constitue un outil essentiel en vue de dynamiser l'agriculture française à la
veille des négociations sur la PAC 2013 ? (Applaudissements sur les bancs du
groupe UMP.) M. le président. La parole est à M. Bruno
Le Maire, ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la
pêche. M. Bruno Le Maire, ministre de l'alimentation, de
l'agriculture et de la pêche. Monsieur le député, nous sommes en train
d'entrer dans un nouveau monde agricole, un monde dans lequel nous devons faire
face à de nouveaux concurrents, comme le Brésil, la Russie, l'Inde ou la Chine.
Un monde dans lequel, en Europe même, l'Allemagne est devenue un concurrent
majeur pour la France. Je rappelle qu'en 2009, les augmentations de lait en
provenance d'Allemagne ont cru de 60 %, qu'elle a doublé en dix ans ses surfaces
consacrées aux fruits et légumes, quand la France réduisait les mêmes de 20
%. Il est temps de doter l'agriculture française des moyens de défendre et de
renforcer son modèle agricole. C'est ce que nous vous proposons dans la loi de
modernisation de l'agriculture et de la pêche, dont vous êtes, cher Michel
Raison, l'un des rapporteurs. Je profite de votre question pour rendre
hommage à tous les agriculteurs et à tous les pêcheurs de France, qui, depuis
des décennies, ont fait des efforts considérables pour renforcer notre capacité
de production et notre compétitivité. Je veux rendre hommage à tous ces
agriculteurs, à tous ces paysans, à tous ces pêcheurs, qui ont su relever le
défi environnemental, depuis des années, pour nous permettre de développer une
agriculture raisonnées. Je veux rendre hommage à tous ces agriculteurs et à tous
ces pêcheurs, qui ont su faire face au défi de la concurrence internationale,
respecter des règles sanitaires et environnementales toujours plus strictes,
tout en restant compétitifs. Je leur fais entièrement confiance, sur la base
du texte que vous examinerez cet après-midi, pour rester les meilleurs en Europe
et pour faire de notre agriculture un atout majeur de l'économie française.
(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
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