Texte de la REPONSE :
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Le ministère des affaires étrangères et européennes suit en effet avec attention, depuis plusieurs mois, la situation humanitaire en Corée du Nord : si le pays fait l'objet de difficultés alimentaires de manière chronique, chaque année, en raison d'un secteur agricole défaillant et de la déforestation notamment, plusieurs organisations nous ont alertés plus tôt cette année sur le risque d'une crise de grande ampleur. Ainsi, en mars 2008, le PAM estimait à 1,66 millions de tonnes le déficit céréalier du pays, sur la base de statistiques fournies par les autorités de Pyongyang, soit le quart des besoins de base de la population. L'ONG sud-coréenne Good Friends estimait alors que 3 millions de personnes souffraient de malnutrition aiguë, sur une population totale de 23 millions. Par ailleurs, le prix des céréales a été multiplié par 3 ou 5 suivant les provinces. Dans ce contexte, le PAM a lancé, le 26 mai 2008 un appel à contributions, suite à une demande de la RDPC. Le programme du PAM en Corée du Nord, portant sur la période avril 2006 août 2008, est financé à hauteur de 125 millions de dollars, soit 88 % des besoins (réévalués en mai 2008). Une aide alimentaire de 500 000 tonnes sur un an a été accordée par les États-Unis en mai. Une première livraison de 37 000 tonnes a été faite en juin. Toutefois, il s'avère particulièrement difficile d'obtenir des informations fiables et convergentes sur l'état réel de la question dans le pays, la situation dans une région pouvant être sans rapport avec celle d'une autre zone. Or, certaines zones soupçonnées d'être affectées ne sont pas ouvertes aux étrangers. En outre, la crise internationale des prix alimentaires met sous pression les budgets d'aide humanitaire de la communauté internationale et il est cette année plus que jamais impératif de baser l'allocation d'une aide éventuelle sur la base d'informations crédibles. L'étendue de la situation de famine en Corée du Nord fait en l'occurrence débat. C'est la raison pour laquelle la communauté des donateurs a sollicité une évaluation des besoins, mise en oeuvre par le PAM et la FAO en juin et juillet. Les conclusions en sont attendues incessamment. Sur cette base, une réponse appropriée pourra être apportée par la communauté des donateurs. La France est en contact étroit avec ECHO et AIDCO dans cette perspective (la France contribue à hauteur de 18 % à l'aide humanitaire mise en oeuvre par la Communauté européenne). Enfin, si une aide devait effectivement être envisagée, des garanties en termes de transparence et d'efficacité, concernant les modalités des distributions, devraient être obtenues auprès des autorités nord-coréennes.
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