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DEBAT :
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REPÉRAGE DES ÉLÈVES DE MATERNELLE EN DIFFICULTÉ M. le président. La parole est à Mme Martine
Faure, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers
gauche. Mme Martine Faure. Ma question s'adresse à M. le
ministre de l'éducation nationale. Mercredi dernier, votre ministère a
présenté à des inspecteurs de l'éducation nationale médusés un nouveau
dispositif destiné à combattre l'échec scolaire. Il s'agit d'un livret appelé "
Aide à l'évaluation des acquis en fin d'école maternelle " et sous-titré " Outil
de repérage des élèves présentant des risques pour les apprentissages ".
Celui-ci permettrait de classer les élèves de grande section de maternelle en
trois catégories : " RAS " - pour " rien à signaler " -, " risque " et " haut
risque ". Les enseignants devraient remplir une " fiche élève " et une " fiche
classe " reprenant les " scores " réalisés par les enfants aussi bien pour leur
comportement que pour leur maîtrise du langage, leur développement moteur ou
leur " conscience phonologique ". Je rappelle qu'il s'agit d'enfants de cinq ans
! Les mots sont rarement innocents. L'école maternelle va-t-elle entrer à son
tour dans l'ère du dépistage, de la sélection et de la compétition, conformément
au souhait d'un ancien ministre de l'intérieur, devenu Président de la
République, qui voulait en 2005 que " les enseignants puissent détecter les
problèmes comportementaux d'un certain nombre de jeunes avant qu'il ne soit trop
tard " ? La mise en place de ce nouvel outil est annoncée pour novembre 2011,
sans la moindre concertation avec les associations de parents d'élèves et les
syndicats d'enseignants, qui ont fort mal accueilli cette initiative aboutissant
au calibrage des enfants par un processus d'étiquetage. Ils soulignent
l'incohérence de ce projet, à un moment où l'on supprime par milliers des postes
de personnels des RASED et de la médecine scolaire. Le ministère va-t-il
réellement mettre en oeuvre ce funeste projet, ou peut-il comprendre qu'il vaut
mieux y renoncer ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et
GDR.) M. le président. La parole est à Mme la secrétaire
d'État chargée de la jeunesse et de la vie associative. Mme Jeannette
Bougrab, secrétaire d'État chargée de la jeunesse et de la vie
associative. Madame la députée, dès qu'il vous est possible de le faire,
vous jetez de l'huile sur le feu (Exclamations sur les bancs du groupe
SRC) et n'hésitez pas, pour cela, à exploiter la situation et à nourrir les
craintes. Vous me permettrez de délaisser le terrain du mythe pour revenir sur
celui de la réalité. C'est en fait d'un document de travail, n'ayant rien de
définitif, que nous parlons. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)
Le dispositif proposé consiste simplement à identifier les fragilités des élèves
rencontrant des difficultés dans l'apprentissage des enseignements fondamentaux
et de les aider, dès la grande section de maternelle. Il faut prévenir l'échec
scolaire et les discriminations, ce qui est l'objectif de ce nouvel outil
destiné aux enseignants. Il faut convenir qu'une maladresse a été commise
lors de la rédaction de ce document de travail, certains termes que vous avez
cités étant porteurs d'une connotation totalement opposée à la finalité du
dispositif. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) C'est pourquoi
Luc Chatel s'est immédiatement engagé à faire disparaître ces termes du document
de travail. J'insiste sur un point : il ne s'agit pas d'une évaluation, il
n'est absolument pas question de classer les élèves de maternelle et il n'y aura
d'ailleurs aucune remontée nationale des résultats, qui ne seront pas inscrits
dans le livret scolaire. M. Albert Facon. Pourquoi faire des
fiches, alors ? Mme Jeannette Bougrab, secrétaire d'État.
Les données, qui resteront à l'échelle de la classe, ne seront conservées
que le temps nécessaire à la mise à disposition du dispositif pédagogique. Il
s'agit simplement, je le répète, de proposer un outil aux enseignants afin de
leur permettre de lutter contre les difficultés que rencontrent certains
enfants. M. Christian Vanneste. Enfin ! Mme
Jeannette Bougrab, secrétaire d'État. Ce dispositif de
personnalisation doit servir à l'accompagnement particulier des enfants ayant
des difficultés. M. Henri Emmanuelli. Où est-il, Chatel
? Mme Jeannette Bougrab, secrétaire d'État. Vous
pouvez donc abandonner tous ces termes excessifs tels que " tri " et " fichage
", madame la députée : il ne sert à rien d'agiter un chiffon rouge !
(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. - Exclamations sur les bancs
du groupe SRC.)
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