|
DEBAT :
|
ASSASSINAT D'UNE POLICIÈRE À BOURGES M. le président. La parole est à M. Louis
Cosyns, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire. M.
Louis Cosyns. Ma question s'adresse à M. le ministre de
l'intérieur. Le vendredi 14 octobre, Anne Pavageau, une policière âgée de
trente ans, épouse de policier et mère de deux enfants, a été sauvagement
assassinée. Rappelons les faits : suite au refus de la préfecture de Bourges de
lui accorder une autorisation de port d'arme, un homme commet l'irréparable.
Ulcéré de voir sa demande rejetée, il s'en prend à la fonctionnaire au guichet
et, armé d'un sabre japonais, la blesse légèrement. Il s'attaque ensuite à une
policière appelée en renfort, qu'il blesse gravement et qui décédera des suites
de ses blessures. Il s'agissait d'Anne Pavageau, dont les obsèques auront lieu
jeudi prochain L'individu auteur de cette agression a été incarcéré et mis en
examen. D'après le procureur, il avait conscience de ses actes et n'a pas
exprimé clairement de regrets. Aujourd'hui, je voudrais rendre hommage, devant
l'Assemblée nationale, à cette fonctionnaire de police, à sa famille et à ses
proches. Elle a laissé derrière elle, rappelons-le, un veuf et deux
enfants. Je voudrais, plus largement, rendre hommage au courage des employés
de la préfecture ainsi qu'au sang-froid de l'ensemble des policiers qui sont
intervenus. Enfin, je voudrais adresser mon soutien à l'ensemble du corps de
police, choqué et endeuillé par ce drame, et lui dire mon indignation - notre
indignation à tous. Ce drame nous interpelle sur la difficulté des métiers de
policier et de gendarme, consistant à assurer la protection de nos concitoyens,
car c'est malheureusement au péril de leur vie qu'ils accomplissent leur
mission. Anne Pavageau est morte dans l'exercice de ses fonctions, assassinée
alors qu'elle faisait son devoir. Ce meurtre est inacceptable : tuer un policier
est un acte très grave, qui doit être puni avec la plus grande sévérité. Face
au déchaînement de violence dont la police est l'objet, face à la gravité
préoccupante des actes commis à l'encontre des dépositaires de l'autorité
publique, quelles mesures, monsieur le ministre, comptez-vous prendre pour
protéger la vie de ceux qui se battent chaque jour pour notre sécurité ?
(Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe UMP.) M. le
président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur, de
l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration. M.
Patrick Lemasle. Un ministre très à l'écoute ! M. Claude
Guéant, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités
territoriales et de l'immigration. Monsieur le député, le Gouvernement
s'associe à l'hommage que vous venez de rendre à Mme Pavageau, ainsi qu'à la
douleur, dont j'ai pris la mesure lors de ma visite à Bourges à vos côtés,
montrée par ses collègues, par les fonctionnaires de la préfecture et l'ensemble
de la population berruyère. J'ai noté à quel point les élus locaux s'associaient
aux manifestations spontanées de tristesse ayant eu lieu après ce décès. Cet
événement tragique nous rappelle effectivement que les métiers de policier, de
gendarme, de policier municipal, sont des métiers dangereux. Il y a, chaque
année, un peu plus de vingt policiers et gendarmes qui perdent la vie dans
l'exercice de leurs fonctions. En 2011, déjà dix gendarmes et trois
fonctionnaires de police ont été tués. Le rappel de ces chiffres met en évidence
le caractère scandaleux des tentatives visant à avilir les policiers, telle
l'initiative des créateurs du site web Copwatch. Fort heureusement, la justice a
donné suite à l'action que j'ai introduite, et a interdit l'accès à ce site
(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.) La première conclusion
que nous avons à tirer, c'est qu'il faut effectivement que l'ensemble de la
population française soutienne ses forces de l'ordre. M. Henri
Emmanuelli. Ce n'est pas le sujet ! M. Claude
Guéant, ministre. La deuxième consiste en une série de décisions
qu'il me revient de prendre. Il faut, d'abord, renforcer les conditions de
sécurité des policiers et des gendarmes dans l'exercice de leurs fonctions. Mme
Pavageau portait un gilet pare-balles mais, contrairement à son collègue qui en
portait un également et a seulement été blessé, cet équipement n'a, en ce qui la
concerne, pas suffi à lui sauver la vie - son agresseur lui ayant porté un coup
de sabre à un endroit du corps que le gilet ne peut couvrir. Il convient,
ensuite, de renforcer la formation des fonctionnaires de police dans la
difficile appréciation de la légitime défense, appréciation à laquelle ils
doivent procéder très rapidement et dans des circonstances dramatiques. C'est en
ce sens que le Gouvernement est déterminé à continuer à oeuvrer.
(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
|