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DEBAT :
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PLAN D'ÉQUILIBRE DES FINANCES PUBLIQUES M. le président. La parole est à M. François
Asensi, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine. M.
François Asensi. Ma question s'adresse à M. le Premier ministre, mais
je ne le vois pas. M. Roland Muzeau. Il n'est pas là, il se
fout de l'Assemblée ! M. François Asensi. Le plan
d'austérité annoncé hier constitue une déclaration de guerre sociale contre le
peuple français. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. -
Protestations sur les bancs du groupe UMP.) L'injustice est le seul plan
de bataille que ce gouvernement aura respecté. Hier, il prenait 2,2 milliards
d'euros des poches des assurés avec la taxe sur les mutuelles. Aujourd'hui, il
réduit les APL et les allocations familiales ; il asphyxie les collectivités ;
il durcit la réforme des retraites ; il impose de nouvelles restrictions dans
les hôpitaux et les services publics ; il augmente la TVA, l'impôt le plus
injuste. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs
du groupe SRC.) Pas une de ces mesures ne relancera notre
économie. Les spéculateurs ne doivent pas être des boucs émissaires, dit le
Premier ministre. Mais quels sont les chevaux de Troie de la tragédie grecque
promise à l'Europe ? Les " boursicoteurs " et les fondés de pouvoir du
capitalisme financier ! Les diktats des agences de notation conduisent notre
pays vers la récession. M. Alain Gest. Ridicule
! M. François Asensi. Cependant, le parallèle qui a été fait
avec la France de 1945 est indécent. En 1945, malgré une France exsangue et une
Europe anéantie par les combats, les élites politiques surent relever le pays et
financer de grandes réformes sociales. M. Alain Bocquet. Eh
oui ! M. François Asensi. Alors, oui, comme en 1945, le
temps des ruptures est venu. Les alternatives existent : en supprimant les
cadeaux aux plus riches, en taxant plus le capital, en éradiquant la spéculation
et les paradis fiscaux, en sortant du traité de Lisbonne. Les députés du
Front de gauche défendent ce nouveau partage des richesses en faveur de la
croissance et de l'emploi. Quand le Gouvernement va-t-il abandonner la voie de
l'austérité et de la récession et promouvoir enfin la croissance pour notre pays
? (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et SRC.) M.
le président. La parole est à Mme la ministre du budget, des comptes
publics et de la réforme de l'État, porte-parole du Gouvernement. Mme
Valérie Pécresse, ministre du budget, des comptes publics et de la
réforme de l'État, porte-parole du Gouvernement. Monsieur le député, j'ai
une question à vous poser. (" Non ! Vous, répondez à la question ! " sur les
bancs du groupe GDR.) M. Jean Glavany. Dans quelle
République vous vous croyez ? On marche sur la tête ! Et vous laissez faire,
monsieur le président ? Mme Valérie Pécresse, ministre.
Qu'est-ce que la justice pour vous ? Est-ce ce que fait l'Espagne
socialiste, c'est-à-dire fermer les blocs opératoires pendant des mois, baisser
le niveau des retraites, baisser le niveau des prestations sociales, baisser le
niveau des allocations familiales ? M. Roland Muzeau. Nous
sommes en France ! Mme Valérie Pécresse, ministre.
Est-ce cela la justice pour vous ? Ou la justice est-ce de faire ce que fait
notre gouvernement, c'est-à-dire augmenter de 37 % sur cinq ans les dépenses
sociales de l'État - jamais les filets de protection sociale n'ont été aussi
solides dans notre pays. M. Jacques Desallangre. Oh
! Mme Valérie Pécresse, ministre. Pourquoi ? Tout
simplement parce que nous avons eu le courage, monsieur le député, de faire des
réformes. M. Jacques Desallangre. Mais non ! Mme
Valérie Pécresse, ministre. Des réformes comme celle des
retraites, qui nous permet aujourd'hui de ne pas baisser le montant des
retraites. M. Pierre Gosnat. C'est faux ! Mme
Valérie Pécresse, ministre. Des réformes comme celle de l'État,
qui nous permet, en effet, de voter le budget le plus économe depuis 1945, un
budget où les dépenses de l'État baisseront par rapport à l'année précédente, ce
qui n'était jamais arrivé. Parce que la facilité, c'est fini, parce que,
aujourd'hui, on ne doit pas dépenser plus qu'on ne crée de
richesses. M. Roland Muzeau. Les coupables, c'est vous
! M. Jean-Paul Lecoq. C'est vous qui nous faites tomber dans
le trou, depuis dix ans que vous gérez ! Mme Valérie
Pécresse, ministre. Mais les plus fragiles seront protégés de
cet effort, et vous le savez, parce que nous demandons plus à ceux qui ont plus,
plus d'impôt sur le revenu, plus d'impôt sur la fortune, plus d'impôt sur le
patrimoine. Vous en parlez, monsieur le député, mais l'harmonisation de la
fiscalité des revenus, du patrimoine et du travail, c'est nous qui l'aurons
faite. (Protestations sur les bancs des groupes GDR et SRC.) Nous
sommes, en matière de justice, en mesure de donner des leçons, pas d'en recevoir
! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. - Exclamations sur les bancs
du groupe GDR.)
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