|
DEBAT :
|
LIQUIDATION DE LA SOCIÉTÉ COMAREG M. le président. La parole est à Mme
Catherine Vautrin, pour le groupe de l'Union pour un mouvement
populaire. Mme Catherine Vautrin. Ma question, à laquelle
j'associe mes collègues Arnaud Robinet, Marie-Josée Roig et Jean-Marc Roubaud
s'adresse au ministre du travail. Monsieur le ministre, le 3 novembre
dernier, nous apprenions la liquidation des sociétés COMAREG et Hebdoprint, qui
constituaient le pôle consacré à la presse gratuite du groupe Hersant
média. Comme vous le savez, le groupe Hersant média contrôle vingt-sept
titres de presse, deux chaînes de télévision locales, sept stations de radio, et
bénéficie, comme les différents groupes, d'une partie de l'aide annuelle
accordée par l'État. Fondée en 1968, la COMAREG est devenue le chef de file
français de la presse gratuite d'annonces. Sa rentabilité était reconnue, et
elle comptait près de trois cents éditions à son apogée. Cette société fut
rachetée par Philippe Hersant pour 120 millions en 2002. Elle éditait le très
connu " Paru-Vendu ", journal gratuit de petites annonces. Force est
malheureusement de constater que le groupe n'a pas anticipé l'apparition des
sites spécialisés sur internet, et a commencé à générer des pertes à partir de
2008, date du premier plan social. La procédure de redressement judiciaire
était en cours depuis le 30 novembre 2010, le groupe affichait des pertes pour
ces deux dernières années. La liquidation prononcée concerne 1 550 emplois, dont
deux cents à Tinqueux, dans l'agglomération rémoise. Plusieurs éléments nous
interpellent : la tentative d'éditer un journal mi-papier, mi-web n'a pas été
menée à son terme, puisque le plan de continuation a été stoppé par le jugement
du 3 novembre. D'autre part, le groupe Hersant média cherche actuellement à
constituer autour de son pôle consacré à la presse payante une société commune
avec le groupe belge Rossel, auquel le Groupe Hersant Suisse n'est pas associé.
Il est possible de se demander si la liquidation de COMAREG et les 1 600
disparitions d'emplois qui en sont la conséquence, n'est pas le prix à payer
pour valoriser au mieux le pôle consacré à la presse payante de GHM. Dans ce
contexte, pouvez-vous nous exposer les mesures qui seront prises pour
accompagner au mieux les salariés ? Qui assumera le financement de ces mesures ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.) M. le
président. La parole est à M. le ministre du travail, de l'emploi et de
la santé. M. Jean-Paul Lecoq. Grand ami de M. Hersant
! M. Xavier Bertrand, ministre du travail, de l'emploi et
de la santé. Madame la députée, un salarié de COMAREG me disait samedi, dans
mon département : " Quel gâchis ! " Il s'agit certainement d'une affaire qui
pouvait être considérée comme particulièrement viable, encore fallait-il
anticiper et mettre l'argent nécessaire pour prévoir le développement sur
internet. Aujourd'hui, 1 650 salariés, dans 55 départements, ont connu la
liquidation. C'est plus que de l'amertume qu'ils éprouvent. Vous me demandez
ce que l'on fait. Nous mettons en place un plan de sauvegarde pour l'emploi,
avec une cellule de reclassement et le contrat de sécurisation professionnelle
qui va leur permettre de toucher, pendant la durée de ce contrat, 80 % du
salaire brut, et d'avoir les moyens nécessaires pour se former et se
reconvertir. C'est l'État qui va financer ces mesures, mais j'ai demandé à
Philippe Hersant, par une lettre en date du 10 novembre, qu'il confirme son
engagement de verser 5,5 millions d'euros, tant pour les indemnités
supra-légales que pour le financement du plan de sauvegarde pour l'emploi et la
cellule de reclassement. L'État versera beaucoup plus, notamment avec les
AGS. Il est important de savoir que l'État n'a pas ménagé ses efforts, et
notamment le ministère de l'économie et Éric Besson. Il y a eu jusqu'à une
dizaine de repreneurs qui se sont intéressés au dossier. La Caisse des dépôts
entreprises avait accepté de participer à hauteur de 10 à 20 millions d'euros en
tant qu'actionnaire minoritaire. Aucun de ces projets n'a pu être mené à son
terme, hélas ! Il y a aujourd'hui des repreneurs qui s'intéressent aux
activités de façon éparse sur le territoire. Nous ferons le maximum pour aider
ces projets à voir le jour et permettre des recrutements. Par ailleurs, j'ai
demandé à Philippe Hersant, même si la conjecture n'est pas facile, qu'il y ait
un maximum de reclassements au sein du Groupe Hersant, mais nous savons bien que
cela ne permettra pas de donner une solution à l'ensemble des salariés.
L'expression qui me revient est celle qu'a eue cette salariée samedi : " quel
gâchis ! "
|