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DEBAT :
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PLAN D'ÉQUILIBRE DES FINANCES PUBLIQUES M. le président. La parole est à Mme Chantal
Robin-Rodrigo, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et. divers
gauche. Mme Chantal Robin-Rodrigo. Monsieur le Premier
ministre, vous avez raison : il faut dire la vérité aux Français sur la
situation économique et financière de la France. La vérité, c'est que vous
présentez un deuxième plan de rigueur de plus de 18 milliards d'euros qui
s'adresse surtout aux agences de notation car, malheureusement, nous savons tous
qu'il sera insuffisant. La vérité, c'est que, depuis cinq ans, ce sont 40
milliards d'euros en cadeaux fiscaux et 70 milliards d'euros en niches fiscales
que vous avez offerts aux plus aisés. La vérité, c'est qu'en dix ans de
gouvernement UMP, la dette publique est passée de 900 à 1 800 milliards
d'euros. La vérité, c'est que c'est votre gestion et non la crise qui est
responsable des deux tiers de la dette, comme le souligne le rapport de la Cour
des comptes. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC.) La
vérité enfin, c'est que vous demandez toujours plus d'efforts aux mêmes : 5,2
milliards d'euros d'impôts supplémentaires pèseront à 86 % sur le revenu des
ménages et la consommation. Les Français devront travailler plus pour gagner
moins. Taxe sur les mutuelles, hausse de la CSG sur les salariés,
déremboursements de médicaments, entraves à l'accès aux soins, instauration
d'une journée de carence supplémentaire en cas d'arrêt maladie, gel des
prestations sociales et réforme accélérée des retraites sont autant de mesures
que vous avez prises et qui mettent à mal la solidarité nationale. La précarité
explose : 8 millions de nos concitoyens vivent sous le seuil de
pauvreté. Non, monsieur le Premier ministre, nous ne dénigrons pas la France
car nous l'aimons ; nous constatons l'échec de votre politique, et les Français
doivent savoir la vérité. (Applaudissements sur les bancs du groupe
SRC.) Alors, dites-nous comment vous allez soutenir le pouvoir d'achat
des ménages et relancer l'économie dans de telles conditions.
(Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.) M. le
président. La parole est à M. François Baroin, ministre de l'économie,
des finances et de l'industrie. M. François Baroin,
ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Madame la
députée, vous dites que le Gouvernement est responsable de la
dette. M. Michel Lefait. Absolument ! M. François
Baroin, ministre. À mon tour, je voudrais vous poser une
question : comment expliquez-vous que la dette, au cours de ces dernières
années, ait augmenté de manière aussi spectaculaire en Angleterre, en Irlande,
en Grèce, en Italie, en Espagne, aux États-Unis ? M. Pierre
Gosnat. Parce qu'ils mènent la même politique que vous ! M.
François Baroin, ministre. Est-ce le gouvernement de François
Fillon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, qui est responsable de la
situation en Allemagne, en Irlande, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce
? Non. C'est évidemment l'impact de cette crise mondiale sans précédent qui
s'est traduit dans la réalité des finances publiques de l'ensemble des
pays. M. Michel Lefait. Pour un tiers seulement
! M. François Baroin, ministre. La France n'étant pas
une île, elle n'a malheureusement pas échappé à cet impact. Pour notre part,
nous nous efforçons de définir une stratégie, avec une méthode, un calendrier,
des objectifs, des rendez-vous qui constituent autant d'engagements que la
France prend vis-à-vis de ses partenaires européens. C'est cela qui a été
présenté ce matin au conseil des ministres à travers le collectif budgétaire.
C'est cela qui sera en discussion devant la représentation nationale : un projet
de budget corrigé équilibré, qui adapte la croissance à l'évolution d'un
contexte international incertain et qui permet aussi de faire l'effort
nécessaire en matière de dépenses et de recettes pour protéger notre modèle
social, auquel, comme vous et sincèrement, nous sommes attachés. Nous nous
efforçons de le préserver coûte que coûte, malgré cette période de disette
budgétaire, afin que la crise ne frappe pas les plus fragiles d'entre nous.
(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
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