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DEBAT :
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CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM M.
le président. La parole est à M. Michel Sordi, pour le groupe de
l'Union pour un mouvement populaire. M. Michel Sordi. Ma
question s'adresse à M. Éric Besson, ministre de l'industrie et de
l'énergie. Monsieur le ministre, député alsacien d'une circonscription où est
située la centrale nucléaire de Fessenheim, je revis depuis quelques jours le
cauchemar de 1997. À cette époque, M. Jospin et Mme Voynet, pour des raisons
électoralistes, avaient décidé l'abandon du grand canal de liaison Rhin-Rhône,
projet d'intérêt national pour lequel tous les terrains étaient achetés, les
déclarations d'utilité publique approuvées et le financement assuré par la
Compagnie nationale du Rhône. (Applaudissements sur les bancs du groupe
UMP.) Et voilà qu'aujourd'hui M. Hollande et Mme Duflot décident de
fermer vingt-quatre réacteurs nucléaires dont celui de Fessenheim immédiatement,
en cas de victoire en 2012. En tant que membre de la commission locale
d'information et de surveillance de cette centrale, je confirme qu'en ce moment
plus de 1 800 personnes travaillent sur le réacteur n° 2, dans le cadre de la
visite décennale pour laquelle 200 millions d'euros sont investis afin
d'améliorer encore et toujours la sûreté de l'installation. En vitesse de
croisière, ce sont 900 salariés qui y travaillent. La politique nucléaire
qu'a voulue le général de Gaulle assure l'indépendance énergétique de la France.
(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et sur plusieurs bancs du
groupe NC.) Cette technologie ne rejette pas de gaz à effet de serre et
nous place parmi les pays les plus vertueux en la matière. (Exclamations sur
les bancs du groupe GDR.) Elle produit l'énergie la moins chère d'Europe, ce
qui est bon pour notre pouvoir d'achat et ce qui constitue un avantage
concurrentiel certain pour nos entreprises. Je suis atterré par ce
bidouillage électoral : fermeture de réacteurs nucléaires et réservation de
places de députés à l'Assemblée nationale, sans penser aux milliers de
travailleurs et leurs familles. (Exclamations sur les bancs du groupe
UMP.) Aussi, monsieur le ministre, pouvez-vous me confirmer qu'en cas de
défaite de la gauche et des Verts, la centrale de Fessenheim restera bien en
fonction ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.) M.
le président. La parole est à M. le ministre chargé de l'industrie, de
l'énergie et de l'économie numérique. M. Éric Besson,
ministre chargé de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique.
Monsieur Sordi, votre question a le grand mérite de contribuer, une fois de
plus, à dissiper la formidable hypocrisie et la grande irresponsabilité de cet
accord Verts-PS. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP). Malgré
le charabia du communiqué sur cette prétendue réconciliation de vendredi, ce
sont bien en effet la sortie du nucléaire et le démantèlement de la filière du
retraitement qui ont été actés. En clair, ce sont les Verts qui ont gagné et
remporté ces négociations. (Vives exclamations sur les bancs du groupe SRC -
Protestations sur les bancs du groupe UMP.) M. Jean-Marie Le
Guen. Ça suffit ! M. le président. Monsieur Le
Guen, nous ne sommes pas ici pour hurler ! Monsieur Anciaux, veuillez vous
asseoir ! M. Éric Besson, ministre. Disons les choses
très clairement, si la gauche l'emportait, La Hague et Marcoule seraient
démantelées lors du prochain mandat. (Exclamations sur les bancs du groupe
SRC.) Pour ce qui est de l'emploi, nous avons assisté à un spectacle qui
serait burlesque si ce n'était grave : on essaie de nous expliquer que les
destructions d'emplois seraient compensées et que les ingénieurs, cadres,
employés et ouvriers du secteur du nucléaire deviendraient des installateurs de
panneaux photovoltaïques ou d'éoliennes - c'est bien triste. En ce qui
concerne Fessenheim, non seulement il est grave de cibler spécifiquement cette
centrale, mais cela remet en cause la loi de 2006 qui donne à l'Autorité de
sûreté nucléaire la mission de dire si une centrale est sûre ou pas. Cette
Autorité a accordé à EDF un prolongement de dix ans de l'exploitation de
Fessenheim, moyennant des travaux très importants. Il lui appartiendra, en
janvier, dans le cadre de ce qu'on appelle l'audit " post Fukushima ", de
décider de la prolongation ou non de la durée de vie de Fessenheim. Il est
grave que deux partis s'arrogent le droit de dire quelles centrales sont sûres
et lesquelles ne le seraient pas. M. Jean Glavany.
Ministraillon ! M. Éric Besson, ministre. Nous serons
les défenseurs de l'Autorité de sûreté nucléaire et de son indépendance, comme
nous serons les défenseurs de l'énergie nucléaire et de ce qu'elle apporte à
notre pays ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC -
Protestations sur les bancs du groupe SRC et sur plusieurs bancs du groupe
GDR.)
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