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DEBAT :
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ÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE DANS LES PAYS ARABES M. le président. La parole est à M. Étienne
Blanc, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire. M.
Étienne Blanc. Ma question s'adresse à M. le ministre d'État, ministre
des affaires étrangères et européennes. Voici maintenant neuf mois que la
France accompagne le mouvement démocratique qui s'est levé dans un grand nombre
de pays arabes, reprenant la formule du général de Gaulle pour qui il existait
un pacte multiséculaire entre la France et la liberté du monde. Nous avons
ainsi été aux avant-postes pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi. Mais
nous savons que le chemin vers la démocratie est ardu. C'est pourquoi il est
d'autant plus important d'être vigilants, afin que les combats menés par les
peuples ne leur soient pas confisqués. Aujourd'hui, certains de ces peuples
luttent encore ; j'en veux pour preuve les derniers événements en Syrie, où l'on
estime entre trois mille cinq cents et quatre mille le nombre de Syriens morts
pour la liberté. Après la Tunisie, c'est l'Égypte qui s'apprête à voter lundi
prochain pour élire sa représentation nationale. C'est une étape majeure dans le
processus démocratique, et la population a tenu à le faire savoir en
investissant à nouveau l'emblématique place Tahrir. Une grande partie du
monde arabo-musulman est à la croisée des chemins et a rendez-vous avec
l'histoire. Aussi, monsieur le ministre d'État, pouvez-vous nous préciser de
quelle façon la communauté internationale et tout particulièrement la diplomatie
française vont accompagner ces peuples sur la voie de la liberté, en tout cas
pour leur avenir ? (Applaudissements sur les bancs du groupe
UMP.) M. le président. La parole est à M. le ministre
d'État, ministre des affaires étrangères et européennes. M. Alain
Juppé, ministre d'État, ministre des affaires étrangères et
européennes. Monsieur le député Étienne Blanc, la dégradation de la
situation en Égypte est gravement préoccupante. Le gouvernement français a
exprimé son inquiétude ; il a condamné les violences et appelé au dialogue ainsi
qu'à la poursuite du processus électoral. Le président du conseil supérieur
des forces armées a annoncé hier que ce processus allait se poursuivre, avec des
élections législatives suivies d'élections présidentielles et de l'adoption
d'une nouvelle constitution. Nous soutenons cette marche vers le transfert du
pouvoir aux autorités civiles. Mais permettez-moi d'élargir un peu le propos.
Nous ne pouvons à la fois demander des élections, qui fondent la démocratie, et
ne pas en accepter le résultat. Nous ne pouvons partir du principe que tout
parti qui se réfère à la religion musulmane serait non fréquentable. C'est la
raison pour laquelle notre diplomatie s'est fixé deux lignes de conduite :
confiance et vigilance. Confiance d'abord à ces régimes en transition, que
nous essayons d'aider. J'ai présidé à Koweït, il y a quarante-huit heures, le
partenariat de Deauville, qui avance et nous a permis de mettre au point des
plans d'action pour les principaux pays. Mais également vigilance, pour
rappeler les lignes rouges que nous souhaitons voir respecter : c'est le sens du
discours que nous tenons à la Tunisie, qui vient d'installer son assemblée
constituante, au Maroc, qui va voter demain, à la Libye, qui constitue son
Gouvernement. Un mot enfin sur la Syrie, où la répression sauvage se
poursuit. Nous travaillons désormais en étroite liaison avec la Ligue arabe et
la Turquie. Je reçois cet après-midi même le président par intérim du Conseil
national syrien, M. Burhan Ghalioun. Je conclurai en disant qu'il y a aussi
des raisons d'espérer. À Koweït, au moment du Forum pour l'avenir que je
présidais avec les Koweïtiens, nous avons parlé avec de liberté d'expression, de
liberté de religion et de liberté d'association, et tous les pays présents, y
compris les pays arabes du Golfe, s'y sont associés. (Applaudissements sur
les bancs du groupe UMP.)
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