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DEBAT :
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EFFICACITÉ ÉCONOMIQUE DE LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT M. le président. La parole est à Mme Annick
Girardin, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers
gauche. Mme Annick Girardin. Je souhaite interroger M. le
Premier ministre sur l'inefficacité de la politique économique de son
Gouvernement. À cause de la politique que vous menez depuis cinq ans, la
France risque de perdre son triple A et les Français s'apprêtent à subir une
période de récession. Si le contexte international et européen est difficile,
vous ne pouvez cependant pas nier votre responsabilité dans la situation
actuelle. Au lieu de reconnaître l'échec patent d'une politique de rigueur
dogmatique, au lieu de reconnaître l'impérieuse nécessité de soutenir la
croissance et de restaurer la confiance, vous vous entêtez à répondre
servilement aux exigences des agences de notation, et pour couronner le tout, le
projet de l'UMP pour 2012 annonce trois nouveaux coups durs qui seraient portés
à la croissance économique de notre pays si vous deviez remporter les prochaines
échéances électorales. Tout d'abord, votre programme prévoit une attaque sur
les allocations chômage - que vous souhaitez rendre dégressives dans le temps.
C'est une menace pour les plus vulnérables, qui se verraient privés du minimum
nécessaire pour consommer et participer à la vie de la société. Je vous rappelle
que sous votre Gouvernement, un million de travailleurs supplémentaires se sont
retrouvés au chômage. Ensuite, vous prévoyez d'imposer aux collectivités
locales l'absurde et inefficace rationalisation budgétaire menée aveuglément
dans les services publics de l'État. Après avoir creusé de près de 700 milliards
d'euros le déficit de notre pays en seulement cinq ans, voilà que l'UMP entend
financer son programme électoral sur le dos des collectivités, en menaçant de
couper les moyens qu'elles mettent au bénéfice de leurs habitants. Enfin,
votre projet industriel passe par l'instauration d'une TVA sociale,
sournoisement rebaptisée " fiscalité anti-délocalisation ", qui frapperait une
nouvelle fois les plus modestes. M. Christian Vanneste.
Stupide ! Mme Annick Girardin. Combattre les délocalisations
passe au contraire par l'investissement public, notamment dans les grandes
infrastructures technologiques et de transports, dans l'enseignement, dans la
recherche, rendant la France attractive et créant une dynamique de croissance et
d'espoir. Avec votre projet, on aboutirait donc à une triple contraction de
l'économie : en restreignant un peu plus les ressources à la consommation de
centaines de milliers de chômeurs, en pénalisant les collectivités locales qui
réalisent pourtant 73 % des investissements publics, et en poursuivant une
politique fiscale économiquement inefficace et socialement injuste.
(Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.) M. le
président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances
et de l'industrie. M. François Baroin, ministre de
l'économie, des finances et de l'industrie. Madame Girardin, si ce n'étaient
l'approche des fêtes de Noël et un désir de concorde nationale, je vous
répondrais : quand je me regarde, je me désole, et quand je me compare, je me
console. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) Si vous pensez
pouvoir régler les problèmes que vous décrivez concernant la situation
économique de notre pays en vous fondant sur une partie de votre bilan, si vous
pensez que c'est en remettant en cause la réforme des retraites à soixante ans,
en abaissant éventuellement le temps de travail à 32 heures et en multipliant
les financements par déficits, vous allez résoudre le problème de l'endettement
de notre pays, il faudra vraiment qu'on en reparle... Laissons passer la trêve
hivernale et nous nous retrouverons sur d'autres tréteaux. M.
Christian Eckert et M. Patrick Lemasle. Répondez à la
question ! M. François Baroin, ministre. La situation
économique de notre pays est conditionnée, vous le savez, par un environnement
international très lourdement impacté par trois crises. M. Alain
Cacheux. Vous n'y êtes pas pour rien ! M. François
Baroin, ministre. Une première crise, dont l'épicentre était aux
États-Unis, avec les subprimes à partir de 2007 ; une deuxième dont
l'épicentre était à nouveau aux États-Unis - vous en êtes, madame la députée,
plus proche que nous à Saint-Pierre-et-Miquelon et vous avez pu en mesurer
directement l'impact -, avec la crise de Lehman Brothers ; une troisième enfin
dont l'épicentre est dans la zone euro, qui est une crise de la
dette. Dois-je vous rappeler, une fois encore, que les États ont fait le
choix, pour soutenir l'activité économique en 2008-2009 de porter sur leurs
épaules le soutien à l'activité économique ? Le prix à payer a été un
endettement. Celui-ci a dérapé et il est exclusivement lié à la crise économique
mondiale. Plusieurs députés du groupe socialiste, radical, citoyen et
divers gauche. Absolument pas ! M. François Baroin,
ministre. Le ralentissement économique que l'on observe en zone euro est
lié d'une part, aux interrogations relatives à l'économie américaine, et,
d'autre part, aux économies émergentes et à l'instabilité de la zone
euro. Nous essayons de répondre méthodiquement, point par point, à toutes les
problématiques qui ont été soulevées par cette crise. (Exclamations sur les
bancs du groupe SRC.) Deux gouvernances, deux disciplines, deux
convergences économiques budgétaires et fiscales, deux coordinations de la
solidarité : c'est autour de cela que nous aurons la bonne réponse. J'espère que
vous pourrez, le moment venu, la soutenir. (Applaudissements sur les bancs du
groupe UMP.)
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