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DEBAT :
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SERVICE MINIMUM D'ACCUEIL DANS L'ÉDUCATION NATIONALE M. le président. La parole est à M. Jean-Marc
Roubaud, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire. M.
Jean-Marc Roubaud. Monsieur le ministre de l'éducation
nationale,... M. Patrick Roy. Et des suppressions de postes
! M. Jean-Marc Roubaud. ...à la demande du Président de la
République, vous avez souhaité mettre en place un service minimum d'accueil des
enfants lors des grèves des enseignants, comme ce sera précisément le cas
demain. Personne, sur les bancs de cet hémicycle, ne songe à remettre en
cause le droit de grève. Toutefois, ce qui nous différencie de l'opposition,
c'est le respect des familles. Demain, certaines d'entre elles subiront en effet
une double peine. La première est que leur enfant n'ait pas cours ; la seconde
est de devoir renoncer à une journée de congé, voire de salaire. Dans ces
conditions, on peut parler d'une véritable fracture sociale. Mais la fracture
sera aussi territoriale. Pour des raisons partisanes et idéologiques, certaines
communes de gauche n'ont pas voulu mettre en place le service minimum (Huées
sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire) : Paris,
Toulouse, Rennes, Lille ou Belfort - pour ne citer que les plus importantes.
(Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers
gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.) C'est
significatif ! Le parti socialiste appelle à une véritable mobilisation contre
l'État ; à l'UMP, nous pensons plutôt qu'il s'agit d'une mobilisation contre les
familles françaises. (Mêmes mouvements.) Pensez-vous, monsieur le
ministre, que le service minimum pourra être mis en place demain ? Quelle sera
la situation dans les 36 000 communes françaises ? (Applaudissements sur
plusieurs bancs du groupe de l'Union pour un mouvement
populaire.) M. le président. La parole est à M. Xavier
Darcos, ministre de l'éducation nationale. M. Xavier Darcos,
ministre de l'éducation nationale. Vous me demandez, monsieur le député,
ce qui va se passer demain pour les enfants et leur famille. Demandez-moi plutôt
où ils habitent, et je vous répondrai ! (" À Périgueux ? " sur plusieurs
bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la
Gauche démocrate et républicaine.) S'ils habitent à Saint-Quentin, chez
Xavier Bertrand (" Périgueux ! Périgueux ! " sur les bancs du groupe
socialiste, radical, citoyen et divers gauche), à Chantilly, chez Éric
Woerth (Mêmes mouvements), à Meaux, chez Jean-François Copé (Mêmes
mouvements),... M. le président. Mes chers collègues je
vous en prie : songez à l'image que vous donnez de l'institution ! M.
le ministre de l'éducation nationale. ...à Issy-les-Moulineaux, chez
André Santini, à Agen, chez Jean Dionis du Séjour, à Saint-Dizier, chez François
Cornut-Gentille ou à Villeneuve-lès-Avignon, ils seront accueillis. Si, en
revanche, ils habitent à Évry, chez M. Valls, à Toulouse, chez M. Cohen, à
Nantes, chez M. Ayrault ou encore à Périgueux, où il n'y a plus le maire qu'il
faut (" Ah ! " sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers
gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. - Sourires et
applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement
populaire), ils ne seront pas accueillis. Cela signifie bien que le choix
qui sera fait demain sera inspiré non par l'intérêt des familles, mais par
l'idéologie. Malgré cela, 2 837 communes - elles n'étaient que 2000 en janvier
-... M. Jacques Desallangre. Il y en a 36 000 en France
! M. le ministre de l'éducation nationale. ...ont signé des
conventions pour accueillir les enfants de huit heures trente à seize heures.
L'État remboursera, à hauteur de 90 euros, l'accueil des groupes de un à quinze
élèves. Pourquoi ces communes font-elles cela, malgré les hurlements de la
gauche ? Tout simplement parce que l'opinion le souhaite et que les familles le
demandent. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour un
mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre.) Un sondage a ainsi montré,
mesdames, messieurs les députés de l'opposition, que 60 % des Français
approuvaient le dispositif. Je respecte évidemment le droit de grève et ne
discute pas le fait que les élèves ne reçoivent pas d'enseignement. Mais je ne
vois aucune raison pour obliger des familles, notamment les plus modestes, à
improviser au dernier moment la garde de leurs enfants et à trouver je ne sais
quels expédients pour ce faire. Ne faisons pas mine d'ignorer ce dont il
s'agit vraiment, comme on le voit avec les vociférations que nous venons
d'entendre. M. le président. Merci, monsieur le
ministre. M. le ministre de l'éducation nationale. On
invoque, au sujet du service minimum, des arguments techniques et des arguties
juridiques. (Protestations sur les bancs du groupe socialiste, radical,
citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)
Mais il s'agit tout simplement de savoir ce qui, de l'intérêt du parti
socialiste ou de la liberté des familles, doit l'emporter. Pour ma part, je
défends la liberté des familles. (Applaudissements sur les bancs du groupe de
l'Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre.)
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