FICHE QUESTION
13ème législature
Question N° : 658  de  M.   Morel-A-L'Huissier Pierre ( Union pour un Mouvement Populaire - Lozère ) QOSD
Ministère interrogé :  Agriculture et pêche
Ministère attributaire :  Agriculture et pêche
Question publiée au JO le :  28/04/2009  page :  3929
Réponse publiée au JO le :  06/05/2009  page :  3949
Rubrique :  agriculture
Tête d'analyse :  PAC
Analyse :  droits à paiement unique. champ d'application
Texte de la QUESTION : M. Pierre Morel-A-L'Huissier attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur la mise en place du nouveau DPU herbe au regard du critère de chargement. En effet, les taux de chargement - en particulier le taux plancher de 0,5 UGB/ha - précisés à ce jour pour l'application du DPU herbe écartent d'emblée des zones typiques d'élevage à l'herbe où la faiblesse des chargements n'est pas source de sous-pâturage mais correspond à une adaptation du mode de conduite à la faiblesse agronomiques des sols (Alpes du sud: 0,43 UGB/ha, Corse: 0,48 UGB/ha, Lozère: 0,45 UGB/ha). En Lozère, en l'état des critères retenus et des simulations réalisées, 816 exploitations sur les 2 377 existantes ne percevront pas le bénéfice du DPU herbe dans un département pourtant voué à l'élevage. Il lui demande de lui indiquer ce qu'il entend faire pour remédier à cette situation.
Texte de la REPONSE :

APPLICATION DU DROIT À PAIEMENT UNIQUE POUR L'HERBE
EN LOZÈRE

M. le président. La parole est à M. Pierre Morel-A-L'Huissier, pour exposer sa question, n° 658, relative à l'application du droit à paiement unique pour l'herbe en Lozère.
M. Pierre Morel-A-L'Huissier. Monsieur le ministre de l'agriculture et de la pêche, j'appelle votre attention sur la mise en place du nouveau DPU pour l'herbe au regard du critère de chargement. Je le fais d'autant plus volontiers que vous aviez eu la gentillesse, et certainement la clairvoyance, de demander, en septembre 2007, un rapport parlementaire sur la politique agricole de montagne, afin d'étudier les questions de revenus et les différences entre les aides. Aujourd'hui, vous prenez une décision courageuse.
Les taux de chargement - en particulier le taux plancher de 0,5 unité de gros bétail par hectare - prévus à ce jour pour l'application du DPU " herbe " écartent d'emblée des zones typiques d'élevage à l'herbe où la faiblesse des chargements n'est pas source de sous-pâturage, mais correspond à une adaptation du mode de conduite à la faiblesse agronomique des sols. Ainsi, dans les Alpes du sud, le taux de chargement est de 0,43 UGB par hectare, contre 0,48 pour la Corse et 0,45 pour la Lozère. Dans ce dernier département, entièrement tourné vers l'élevage, 816 exploitations sur les 2 377 existantes n'auront pas, en l'état des critères retenus et des simulations réalisées, le bénéfice du DPU herbe.
Pour respecter jusqu'au bout l'esprit dans lequel a été définie la position française lors de la réforme issue du bilan de santé de la PAC - orientation plus juste et plus durable des aides -, la mesure relative au DPU " herbe " ne doit pas exclure nos élevages extensifs, en particulier ceux des montagnes méditerranéennes. Je pense notamment aux grands causses de Lozère - causse Sauveterre et causse Méjean -, où des agriculteurs professionnels rencontrent actuellement d'importantes difficultés. On pourrait y remédier en définissant une superficie éligible au DPU " herbe " à partir des UGB existantes dans les exploitations où le chargement est inférieur à 0,5 UGB par hectare.
Si je vous pose cette question technique, c'est qu'elle soulève de nombreux problèmes dans nos départements. Il va de soi que je ne saurais oublier l'effort que vous avez consenti ni la position que vous avez défendue face à vos interlocuteurs européens - certains la qualifient même d'" historique ", et je vous en rends hommage. Toutefois, la situation spécifique de la Lozère mérite aujourd'hui une réponse précise de votre part.
M. le président. La parole est à M. Michel Barnier, ministre de l'agriculture et de la pêche.
M. Michel Barnier, ministre de l'agriculture et de la pêche. Je remercie M. Morel-À-L'Huissier d'avoir rappelé l'important travail qui a été réalisé s'agissant des zones de montagne. Je me suis largement appuyé sur son rapport pour préparer certaines décisions prises dans le cadre du bilan de santé de la PAC, aux termes desquelles la réorientation de 1,4 milliard d'euros d'aides permettra de rééquilibrer celles-ci en faveur de l'élevage dans les territoires que vous représentez - avec d'autres.
Ainsi, 135 millions d'euros iront au soutien à la production ovine et caprine, 45 millions à la production laitière en montagne et 42 millions à la revalorisation de l'indemnité compensatoire de handicap naturel. J'ajoute que les moyens consacrés à l'herbe seront quadruplés, pour atteindre un milliard d'euros en 2010, dont 240 millions au titre de la prime herbagère agro-environnementale - dont nous avons pu, grâce à ces mesures, rétablir le financement, disparu à partir de 2009 - et 700 millions au titre du soutien spécifique aux surfaces en herbe consacrées à l'élevage, en vertu - comme vous l'avez vous-même souhaité - d'une logique économique de maintien de notre potentiel de production animale dans des systèmes à l'herbe où le minimum d'animaux est fixé à 0,5 UGB par hectare.
À plusieurs reprises, monsieur le député, vous m'avez exposé le risque qu'un grand nombre d'exploitations de votre département se trouvent exclues par ce seuil de chargement. Je vous ai bien entendu : j'ai demandé à un groupe de travail chargé d'affiner les mesures prévues dans le cadre du bilan de santé de me soumettre des propositions afin d'éviter que ce seuil de chargement ne tombe comme un couperet. Vous nous proposez une solution pour tenir compte de ces exploitations exclues ; d'autres pistes sont également envisagées. En toute honnêteté, j'attends le résultat de la concertation pour trancher de la manière la plus juste et la plus équitable. Le soutien aux productions fragiles - dont l'élevage en montagne fait partie - a toujours été pour moi une priorité. Les mesures prises dans le cadre du bilan de santé de la PAC permettent, selon moi, de consolider ces productions. C'est à la lumière de l'ensemble des décisions qui sont prises que nous devrons mesurer l'effort de rééquilibrage que j'ai souhaité au nom du Gouvernement. Il va de soi que je vous tiendrai personnellement informé des décisions que nous prendrons, monsieur le député ; soyez assuré de toute ma vigilance sur cette question précise.
M. le président. La parole est à M. Pierre Morel-A-L'Huissier.
M. Pierre Morel-A-L'Huissier. Merci pour cette réponse, monsieur le ministre. Les agriculteurs des massifs n'oublieront pas votre action !

UMP 13 REP_PUB Languedoc-Roussillon O