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DEBAT :
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CRISE FINANCIÈRE ET INDUSTRIE AUTOMOBILE M. le président. La parole est à M. Gérard
Gaudron, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire. M.
Gérard Gaudron. Monsieur le secrétaire d'État chargé de l'industrie et
de la consommation, l'industrie automobile française est confrontée à de
sérieuses difficultés. Député de Seine-Saint-Denis, je voudrais vous faire part
de mes inquiétudes et de celles des personnels de l'usine PSA Peugeot Citroën
d'Aulnay-sous-Bois, qui est le plus gros employeur et le plus important
contributeur financier non seulement de la ville, mais aussi du département de
la Seine-Saint-Denis. Ces inquiétudes font suite aux déclarations pessimistes
des dirigeants de PSA Peugeot Citroën et de Renault qui ferment ponctuellement
des usines, compte tenu de la baisse des commandes de véhicules neufs, estimée à
20 % d'ici à la fin de l'année. M. Roland Muzeau. Prenez un
peu sur les profits ! M. Gérard Gaudron. La quasi-totalité
des sites des deux constructeurs est touchée pour plusieurs semaines par ces
réductions massives de production, ce qui s'est rarement vu. La situation des
équipementiers et des entreprises sous-traitantes est également très
préoccupante, car je rappelle que le secteur automobile emploie près de 2,5
millions de personnes, dans l'ensemble de la filière, ce qui équivaut à 10 % de
la population active française. Il faut absolument maintenir l'innovation et
relancer les investissements en France pour préserver les emplois dans ce
secteur économique qui a longtemps été le moteur de la croissance
française. Monsieur le secrétaire d'État, notre industrie automobile figure
parmi les plus performantes du monde. Elle est innovante, ce qui repose
notamment sur une main-d'oeuvre de qualité. Vous avez indiqué que vous seriez
vigilant sur ce dossier et le Président de la République a délivré un message
fort pour ce secteur stratégique de notre pays, lors du récent Mondial de
l'automobile. M. Jean-Paul Lecoq. On voit le résultat
! M. Roland Muzeau. Dès qu'il ouvre la bouche, une
catastrophe survient ! M. Gérard Gaudron. Pouvez-vous nous
informer de la position du Gouvernement envers l'industrie automobile
? Avez-vous, en particulier, envisagé de nouvelles mesures pour relancer le
marché ? Comptez-vous inscrire à l'ordre du jour une initiative communautaire ?
En effet, les usines de ces groupes délocalisées à l'étranger sont privilégiées
et ne sont pas touchées par des arrêts de production comme dans notre pays, ce
qui en période de crise, peut sembler paradoxal et injuste. (Applaudissements
sur les bancs du groupe UMP.) M. Jean-Paul Lecoq. Il
faut produire en France ! M. le président. La parole est à
M. le secrétaire d'État chargé de l'industrie et de la consommation,
porte-parole du Gouvernement. M. Maxime Gremetz. Il n'y a
plus de ministres dans le Gouvernement, seuls les secrétaires d'État ont la
parole ! M. Luc Chatel, secrétaire d'État chargé de
l'industrie et de la consommation, porte-parole du Gouvernement. Monsieur le
député Gérard Gaudron, nous ne laisserons pas tomber notre industrie automobile.
(" Ah ! " sur les bancs du groupe UMP.) En effet, ce secteur est tout
d'abord pour nous hautement stratégique de par son poids : ce sont 700 000
emplois directs ou indirects et 2,5 millions d'emplois sur l'ensemble de la
filière. Ensuite, l'industrie automobile représente 1 % du produit intérieur
brut, et 15 % des investissements en recherche et développement et en
innovation. Enfin, les industries de sous-traitance directement liées à
l'activité automobile sont présentes sur tous nos territoires. Ce secteur
traverse actuellement une période difficile. M. Jean-Paul
Lecoq. Il faut produire en France ! M. Luc Chatel,
secrétaire d'État. Même si nous avons enregistré, en France, depuis le
début de l'année, une légère progression des immatriculations liée au système de
bonus-malus, force est de constater qu'en Europe, nos constructeurs constatent
un ralentissement des commandes. M. Jean-Paul Lecoq. Et une
augmentation des profits ! M. Luc Chatel, secrétaire
d'État. Que fait le Gouvernement face à cette situation
? Plusieurs députés du groupe socialiste, radical, citoyen et divers
gauche. Rien ! M. Luc Chatel, secrétaire d'État.
Il réagit au cas par cas pour faire face à l'urgence dans des situations
difficiles. Je citerai plusieurs exemples. Christine Lagarde, Laurent Wauquiez
et moi-même avons accompagné le Président de la République à Sandouville où nous
avons mis en place des contrats de transition professionnelle. M.
Jean-Paul Lecoq. Vous avez oublié les équipementiers ! M.
Luc Chatel, secrétaire d'État. Dans le cadre d'un nouveau projet
d'entreprise, nous avons cherché un partenaire industriel afin d'investir dans
l'entreprise Heuliez située dans les Deux-Sèvres. Enfin, nous avons signé avec
l'entreprise ThyssenKrupp de Vendôme la " charte automobile " qui permet de
travailler avec l'ensemble des acteurs de la filière sur le bassin de vie. De
manière plus structurelle, il nous faut travailler sur la compétitivité de
l'industrie automobile. M. Maxime Gremetz. Encore des mots
! M. Luc Chatel, secrétaire d'État. Dans cette
optique et comme je l'évoquais tout à l'heure, le Président a annoncé la réforme
de la taxe professionnelle. Songez, monsieur Gaudron, que la taxe
professionnelle dans l'automobile cela représente, en moyenne, 150 euros par
véhicule sur l'ensemble du territoire. M. Maxime Gremetz. Et
alors ? M. Luc Chatel, secrétaire d'État. C'est donc
considérable. Je pense aussi au triplement du crédit impôt recherche, mesure
que vous avez votée dans la loi de finances de 2008 et qui concerne directement
l'automobile. C'est une bonne chose pour nos investisseurs. Vous le voyez,
nous réagissons à court terme pour les restructurations en cours tout en misant
sur le futur, parce que nous croyons à l'avenir de l'industrie automobile en
France ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UMP.)
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