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DEBAT :
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MESURES ENVISAGÉES POUR FAIRE FACE À LA CRISE M. le président. La parole est à M. Yanick
Paternotte, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire. M.
Yanick Paternotte. Monsieur le Premier ministre, jeudi dernier, dans
son intervention radiotélévisée, le chef de l'État a avancé des propositions
très concrètes en faveur des Français les plus défavorisés et des classes
moyennes. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et
GDR.) M. Patrick Roy. Mensonge ! M. le
président. Mes chers collègues, seul M. Paternotte a la
parole. M. Yanick Paternotte. Je sens que mes propos
gênent. Il a réaffirmé que la préservation de l'emploi est la priorité
absolue du Gouvernement et que seule une politique de relance fondée sur
l'investissement peut protéger les emplois en France. (Exclamations sur les
bancs des groupes SRC et GDR.) Depuis décembre 2008, l'indemnisation du
travail partiel est passée de 50 % à 60 % du salaire brut. Sur ce point, le
Président de la République a manifesté sa volonté " d'aller plus loin ".
Pouvez-vous, monsieur le Premier ministre, nous détailler les mesures envisagées
? Enfin, le Président de la République a annoncé la suppression de la taxe
professionnelle en 2010... (" Allô ! Allô ! " sur les bancs du groupe
SRC.) M. Patrick Roy. C'est du blabla ! M. le
président. Monsieur Roy, nous écoutons M. Paternotte. M.
Yanick Paternotte. ...avec pour objectif d'éviter les délocalisations
d'entreprises. M. Roland Muzeau. Tu parles ! M.
Yanick Paternotte. C'est vrai, la taxe professionnelle est
insupportable pour les entreprises. (Exclamations sur les bancs des groupes
SRC et GDR.) Elle est toutefois incontournable pour les communes et les
intercommunalités. C'est pourquoi cette suppression suscite de fortes
interrogations chez les élus locaux, en particulier en Île-de-France où l'emploi
est en grande partie tertiaire. Ainsi, en 2008, le Fonds de solidarité pour
la région Île-de-France, alimenté par la taxe professionnelle, a redistribué 174
millions d'euros aux communes les moins favorisées fiscalement. Monsieur le
Premier ministre, quel dispositif est d'ores et déjà envisagé pour compenser la
perte de recette fiscale des collectivités locales ? M. le
président. La parole est à M. François Fillon, Premier
ministre. M. François Fillon, Premier ministre.
Monsieur le député, jeudi dernier, dans une intervention télévisée qui a été
suivie par plus de 15 millions de Français, le Président de la République a
réaffirmé la stratégie choisie par le Gouvernement et la majorité pour faire
face à une crise d'une ampleur sans précédent, à laquelle sont actuellement
confrontées toutes les économies de tous les pays développés. Le soutien à
l'investissement est au coeur de cette stratégie parce qu'il permet à la fois de
soutenir l'emploi et de moderniser le pays. (Applaudissements sur les bancs
des groupes UMP et NC.) C'est dans ce cadre que Patrick Devedjian et
moi-même avons annoncé, la semaine dernière, la réalisation de 1 000 projets en
région et que nous avons décidé de lancer 100 000 constructions de logements
supplémentaires en 2009. De même, hier, le Président de la République, Mme
Lagarde, M. Chatel et moi-même avons signé avec les constructeurs automobiles un
plan de soutien massif à l'industrie automobile au terme duquel l'État prêtera 6
milliards d'euros aux constructeurs à un taux de 6 à 7 %, avec pour condition
qu'aucun site ne fermera en France durant les cinq années du prêt, que ces
entreprises ne feront l'objet d'aucun plan social en 2009, qu'un effort de
relocalisation sur le territoire national des nouveaux modèles, notamment des
véhicules propres et des véhicules électriques, sera fourni, que les bonus ou
toute autre forme d'augmentation des salaires des dirigeants seront supprimés et
qu'un contrat de confiance avec la filière automobile sera signé - ce qui a été
fait hier -, contrat de confiance qui se traduit d'ores et déjà par la mise en
oeuvre d'un fonds de 600 millions d'euros alimenté par l'État et par les
constructeurs automobiles, afin de venir en aide aux sous-traitants qui se
trouvent aujourd'hui dans une situation difficile. Enfin, nous discutons avec
l'industrie automobile de la mise en oeuvre de conditions spécifiques de chômage
partiel pour permettre à cette industrie de passer ce cap très
difficile. M. Philippe Vuilque. Et la taxe professionnelle
? M. François Fillon, Premier ministre. C'est dans le
même esprit que le Président de la République a indiqué au cours de cette
émission qu'il souhaitait supprimer définitivement en 2010 la part de la taxe
professionnelle correspondant aux investissements productifs. (Exclamations
sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Cela devrait être une bonne
nouvelle pour tous puisque chacun sur les bancs de cet hémicycle, à un moment de
son histoire, a pris une décision de suppression de la taxe professionnelle
compensée par l'État au profit des collectivités locales. M. Jean
Glavany. Qui l'a créée ? M. François Fillon,
Premier ministre. La décision prise par le Gouvernement de Lionel Jospin,
il y a quelques années, de supprimer la part salariale de la taxe
professionnelle était une bonne mesure. Nous allons poursuivre dans la même voie
en supprimant pour les activités industrielles la part qui reste liée aux
investissements, part qui, naturellement, sera intégralement compensée pour les
collectivités locales. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)
Des discussions permettront bientôt de préciser les modalités de la
compensation, qui sont de deux ordres : d'un côté les ressources fiscales
supplémentaires qui peuvent être mises en oeuvre ; de l'autre les gains qui
peuvent être réalisés en termes d'organisation du territoire. C'est tout le
travail qui incombe aujourd'hui à la commission Balladur, avant de venir devant
votre assemblée. Mesdames et messieurs les députés, lors de la négociation
sociale qui s'engagera le 18 février avec les partenaires sociaux, au moins
trois sujets liés à l'emploi seront mis sur la table. Le premier concernera
l'amélioration de l'indemnisation du chômage partiel par-delà celle qui a déjà
été négociée par les partenaires sociaux. En effet, la meilleure réponse à
donner à cette crise qui, comme toutes les crises, aura une fin, c'est, nous
semble-t-il, de permettre au nombre le moins élevé possible de Français de
perdre leur emploi. Or le chômage partiel est une réponse pour les activités les
plus menacées. M. Michel Lefait. On va dans le mur
! M. François Fillon, Premier ministre. Le deuxième
sujet visera à améliorer la protection du salarié en fin de contrat à durée
déterminée et le troisième à changer profondément l'organisation de la formation
professionnelle en France. Il n'est que temps, en effet, d'utiliser en priorité
les immenses moyens dont elle dispose au profit des salariés qui sont privés
d'emploi, afin de leur permettre d'améliorer leur formation ou de changer de
métier. Vous le voyez, monsieur le député, l'emploi et l'investissement sont
au coeur de la stratégie du Gouvernement. (Applaudissements sur les bancs des
groupes UMP et NC.)
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