14ème législature

Question N° 3757
de M. Razzy Hammadi (Socialiste, républicain et citoyen - Seine-Saint-Denis )
Question au gouvernement
Ministère interrogé > Affaires étrangères
Ministère attributaire > Affaires étrangères

Rubrique > politique extérieure

Titre > lutte contre le terrorisme

Analyse > perspectives.

Question publiée au JO le : 23/03/2016
Réponse publiée au JO le : 23/03/2016 page : 2277

Texte de la question

Texte de la réponse

SOLIDARITÉ EUROPÉENNE FACE AU TERRORISME


M. le président. La parole est à M. Razzy Hammadi, pour le groupe socialiste, républicain et citoyen.

M. Razzy Hammadi. Monsieur le ministre des affaires étrangères, nous vivons un jour de deuil, et, encore une fois, nous exprimons toute notre amitié et toute la solidarité de notre nation à l'ensemble du peuple belge, aux victimes ainsi qu'à leurs familles.

Le Président de la République l'a rappelé aujourd'hui : la menace est globale. Bruxelles a été visée, et c'est l'Europe qui a été frappée.

Hier au Mali – alors que ce pays a déjà été, ces derniers mois, lourdement frappé – la mission militaire de l'Union européenne a été la cible d'une attaque, heureusement repoussée.

Le 13 mars, l'attentat de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire faisait dix-neuf victimes, dont quatre de nos compatriotes. Le 7 mars, en Tunisie, des terroristes ont attaqué la ville de Ben Guerdane, faisant dix-neuf victimes parmi lesquelles une fillette de douze ans.

En définitive, comme beaucoup l'ont dit avant moi, l'humanité est leur cible : ils frappent les démocraties et les nations engagées sur la voie de processus démocratiques – ce fut encore le cas, il y a quelques semaines, au Burkina Faso.

Qu'importe la couleur, la religion ou la nationalité : leur seul objectif est de semer la terreur par la barbarie. Le Président de la République l'a encore une fois rappelé : la menace est globale et notre réponse – coopération militaire, sécuritaire, mais aussi sur le front du développement – doit l'être aussi.

Monsieur le ministre des affaires étrangères, vous avez rappelé, lors de votre récent voyage en Tunisie, les 17 et 18 mars dernier, cette exigence avant d'annoncer un soutien de 1 milliard d'euros sur cinq ans à ce pays.

Nous sommes en guerre, et cette guerre se mène sur le front militaire, sur le front de la sécurité pour nos peuples, mais aussi sur le front du codéveloppement et de la coopération.

Sur ce front, l'Europe doit se montrer à la hauteur et unie. Beaucoup a déjà été fait et continue de l'être. Monsieur le ministre des affaires étrangères, quelles initiatives comptez-vous prendre dans ce domaine ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen.)

M. le président. La parole est à M. le ministre des affaires étrangères et du développement international.

M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international. Monsieur le député, une fois de plus, c'est la démocratie qui a été attaquée ; l'Europe elle-même a été atteinte – les attentats ont eu lieu à deux pas du siège de ses institutions. Plus que jamais, Bruxelles incarne et continuera d'incarner la solidarité européenne. Aujourd'hui, le cœur des Français bat pour Bruxelles. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen, du groupe écologiste, du groupe radical, républicain, démocrate et progressiste et du groupe de l'Union des démocrates et indépendants.)

Je me suis entretenu avec mon homologue Didier Reynders, pour lui dire la solidarité de la France avec le peuple belge et notre engagement total dans la lutte commune contre le terrorisme, que le Premier ministre a rappelé il y a quelques instants.

Vous l'avez dit, les barbares, les terroristes ne reculent devant rien et n'ont plus de limites. Ils ont frappé la Tunisie, la Côte d'Ivoire, la Turquie, le Burkina Faso, la Somalie et le Mali. Mais partout où la démocratie est attaquée, nous répondrons avec force et détermination ; partout où des vies sont volées, nous répondrons avec courage et solidarité.

Vous l'avez rappelé, pour être efficace, cette réponse doit être globale et européenne. Il y a en effet urgence à mettre en œuvre les décisions qui ont déjà été prises et les engagements qui ont été annoncés : c'est le cas de l'échange de données relatives aux noms des passagers aériens qui doit – enfin ! – être adopté par le Parlement européen.

Cela vaut également pour la maîtrise de nos frontières extérieures : la création d'un corps de garde-frontières a été décidée ; elle doit donc maintenant être mise en œuvre concrètement.

La mobilisation doit également être internationale en vue d'éradiquer la barbarie à la source : il faut donc continuer à combattre militairement Daech en Irak et en Syrie, mais aussi avancer, comme le font les négociateurs réunis à Genève, vers une solution politique en Syrie.

Il faut également aider les pays qui en ont besoin, notamment sur le continent africain : c'est ce que nous faisons avec d'autres pays européens. Tel est le message que j'ai adressé à la Tunisie : il faut assurer à la fois sa sécurité et son développement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe socialiste, républicain et citoyen et du groupe radical, républicain, démocrate et progressiste.)

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