14ème législature

Question N° 40727
de M. André Chassaigne (Gauche démocrate et républicaine - Puy-de-Dôme )
Question écrite
Ministère interrogé > Affaires sociales et santé
Ministère attributaire > Affaires sociales

Rubrique > santé

Titre > allergies

Analyse > ambroisie. prolifération. lutte et prévention.

Question publiée au JO le : 22/10/2013 page : 10940
Réponse publiée au JO le : 17/06/2014 page : 4909
Date de changement d'attribution: 03/04/2014

Texte de la question

M. André Chassaigne attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur la lutte contre l'ambroisie, plante invasive en voie d'extension, provoquant des allergies dans une fraction importante de la population et un coût financier très important. Les ambroisies sont des plantes arrivées en Europe au 19e siècle qui envahissent progressivement la France, surtout à partir de la région Rhône-Alpes, où une fraction de 2 % à 7 % de la population est victime d'allergies. Or, d'après les services de l'État, une progression de 70 % des personnes allergiques a été constatée depuis 2008 dans cette région et le coût des soins a bondi de 90 % pour atteindre 20 millions d'euros. Des arrêtés préfectoraux de lutte contre cette plante ont été publiés depuis 2010, mais les résultats semblent insuffisants, malgré la mobilisation des acteurs publics de la santé. Aujourd'hui, l'ambroisie s'étend encore et menace directement le Massif central où les personnes allergiques s'interrogent sur les moyens de lutte et la nécessaire mobilisation des services de l'État, des collectivités locales et des organismes de santé. Sur le terrain, cette lutte concerne les agriculteurs et les propriétaires fonciers. Il la remercie de bien vouloir préciser comment la lutte contre la propagation de l'ambroisie et ses effets allergiques peut être engagée et menée efficacement en Auvergne et dans l'ensemble du Massif central.

Texte de la réponse

Conscient des effets sanitaires que représente la prolifération de l'ambroisie à feuilles d'armoise, le ministère chargé de la santé a inscrit la lutte contre cette mauvaise herbe hautement allergisante comme objectif du second Plan national santé environnement (PNSE 2) (2009-2013). Cet objectif a été décliné localement dans plusieurs régions françaises notamment en Rhône-Alpes, où depuis plusieurs années, l'agence régionale de santé (ARS) estime annuellement le nombre de personnes ayant consommé des soins en rapport avec l'allergie à l'ambroisie dans la région ainsi que les coûts de santé associés. Les coûts de santé estimés en 2008 ne peuvent être en toute rigueur comparés à ceux estimés depuis 2010, car depuis 2008 plusieurs postes budgétaires ont été ajoutés dans ces calculs (coût de la désensibilisation orale, coût des traitements de la crise d'asthme...). Pour 2012, l'ARS de Rhône-Alpes estime qu'entre 156 000 et 198 000 personnes de la région ont consommé des soins en rapport avec l'allergie à l'ambroisie (de l'ordre de 2 à 4 % de la population régionale), soit entre 11 et 16 millions d'euros de coûts de santé, ce qui représente une augmentation des coûts comprise entre 13 à 18 % par rapport à 2010, selon que l'on considère des coûts réels ou constants pour les médicaments. L'année 2011 a représenté des coûts plus élevés mais ce fût une année exceptionnelle en termes de conditions météorologiques (printemps très chaud ayant entraîné un démarrage précoce de la pollinisation, etc.) d'émission et de dispersion des pollens d'ambroisie, et donc d'impact sanitaire associé. En Auvergne, dans le cadre du second Plan régional santé environnement (2011-2013), a été lancé en mai 2012, à l'initiative de l'ARS, un plan régional d'actions décliné dans les quatre départements de la région afin notamment de renforcer la mise en oeuvre des arrêtés préfectoraux de lutte contre l'ambroisie (arrêté pris en 2005 dans l'Allier, en 2012 dans le Puy-de-Dôme, en 2013 dans le Cantal et en Haute-Loire). La coordination des actions menées dans ce cadre est assurée par un comité technique régional piloté par l'ARS, rassemblant une soixantaine de structures couvrant l'ensemble des thématiques concernées par le problème de l'ambroisie en Auvergne. Chaque commune de la région est invitée à nommer un élu et un agent communal, « référents en charge de la lutte contre l'ambroisie », pour sensibiliser la population à cette problématique, informer les occupants de terrains infestés des moyens de lutte à mettre en oeuvre et participer au recensement de la plante sur le territoire. Des formations pour ces référents et pour différents professionnels (agriculteurs, gestionnaires de voies de transport...) ont débuté dans plusieurs communautés de communes et d'autres sont prévues dans les prochains mois.