15ème législature

Question N° 4644
de Mme Marie-France Lorho (Non inscrit - Vaucluse )
Question écrite
Ministère interrogé > Éducation nationale
Ministère attributaire > Europe et affaires étrangères

Rubrique > enseignement

Titre > Annulation des crédits alloués au budget de l

Question publiée au JO le : 23/01/2018 page : 472
Réponse publiée au JO le : 29/05/2018 page : 4532
Date de changement d'attribution: 30/01/2018

Texte de la question

Mme Marie-France Lorho interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur l'annulation de 33 millions d'euros de crédits alloués au budget de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE). Les associations et les ressortissants français à l'étranger se sont légitimement inquiétés de cette mesure et ont appelé à la grève en novembre 2017. Alors même que l'éducation était censée constituer une priorité du Gouvernement, cette coupe budgétaire entraînera, si l'on en croit l'AEFE, une suppression de plus de 8 % des effectifs du corps enseignant. Il a été rappelé par ladite association qu'une telle mesure pourrait entraîner une privatisation des écoles à l'étranger. Une privatisation des lycées à l'étranger pourrait entraîner une chute du nombre d'établissements là-bas, et par conséquent un affaissement de la francophonie à l'étranger. Par ailleurs, à l'heure où le système éducatif connaît une dégradation qualitative de son enseignement depuis plusieurs années, est-il vraiment raisonnable d'imposer une coupe budgétaire aux lycées français à l'étranger ? Il faut aussi rappeler que les lycées à l'étranger participent au rayonnement de la France et sont souvent en tête de classement dans lesdits pays ; ceci ne sera bientôt plus une garantie, en regard de la baisse des effectifs. Devant la « vive inquiétude » des ressortissants français à l'étranger, elle lui demande s'il acceptera, face aux requêtes des organisations, de rétablir le budget alloué à l'AEFE.

Texte de la réponse

Le réseau d'enseignement français à l'étranger constitue un outil d'influence majeur dont la priorité a été rappelée à plusieurs reprises par le Président de la République, notamment devant l'Assemblée des Français de l'Etranger le 2 octobre 2017. Plus récemment, dans son discours prononcé à l'Académie française sur la langue française et le plurilinguisme, le Président de la République a souligné que l'AEFE est "la colonne vertébrale de notre enseignement à travers le monde. [Le système] sera consolidé, dynamisé, pour garantir sa pérennité et répondre à la demande croissant. Les moyens seront maintenus." La baisse des crédits alloués à l'Agence en 2017 ne remet pas en cause cette priorité. La subvention accordée pour 2018 a été remise au niveau du projet de loi de finances 2017 avant l'annulation de crédits à laquelle la France a été contrainte de procéder à l'été 2017, conformément à l'engagement pris par le Président de la République en août 2017. La majeure partie du réseau d'établissements français homologué est toutefois formée par des établissements privés autofinancés. Ces établissements dits "partenaires" de l'AEFE ont connu un développement particulièrement dynamique ces 10 dernières années. L'ambition de la France est de poursuivre ce développement car c'est l'ensemble de ce réseau qui lui permet de conduire une mission d'influence majeure en plus du service apporté aux familles françaises. Pour répondre à cet objectif, et assurer le développement du réseau et le maintien de son excellence pédagogique, le Président de la République a demandé qu'un projet de réforme de l'enseignement français à l'étranger lui soit soumis d'ici l'été. La représentation nationale ne manquera pas d'être tenue informée.
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