|
Texte de la QUESTION :
|
M. Jean Desanlis attire l'attention de M. le ministre de l'equipement, des transports et du tourisme sur les dispositions prises par la direction generale des routes concernant les creneaux de depassement sur les routes nationales a deux voies. Prenant en exemple ce qui s'est passe sur la RN 10, sur le territoire de la commune de Saint-Amand-Longpre en Loir-et-Cher, en 1992, il lui indique que la distance de 1 500 metres devenue reglementaire est insuffisante et n'est pas sans presenter des dangers evidents. Sur un tel creneau, il faut compter a chaque extremite 100 metres de retrecissement ; reste 1 300 metres sur lesquels les vehicules automobiles se lancent pour en doubler trois ou quatre autres seulement et se retrouvent a pleine vitesse au bout du creneau face aux vehicules venant en sens inverse. Ayant ete lui-meme temoin a plusieurs reprises des dangers que presentent ces creneaux de depassement trop courts, il lui demande de bien vouloir revenir a la reglementation anterieure et de ne pas limiter les creneaux de depassement a des distances inferieures a 2 500 metres, et cela essentiellement pour des raisons de securite evidentes.
|
|
Texte de la REPONSE :
|
Les creneaux a trois voies ou a deux fois deux voies sont des elargissements localises et espaces le long d'une route qui constituent un moyen d'augmenter le confort lie aux possibilites regulieres de depassement. Ils ne sont justifies que lorsque le trafic est relativement eleve et surtout lorsque la visibilite est limitee. L'implantation et les caracteristiques des creneaux de depassement sur le reseau routier national ont fait l'objet d'une etude realisee en 1987 a la demande de la direction de la securite et de la circulation routieres et de la direction des routes du ministere de l'equipement. Cette etude a porte sur plus de 1 300 kilometres d'itineraires comportant 219 kilometres de zones de depassement (dont 41 p. 100 a deux fois deux voies) ; elle concernait 89 departements. Il ressort de cette analyse que les creneaux a deux fois deux voies ont un bon niveau de securite mais entrainent une augmentation des vitesses de 5 a 10 kilometres/heure en aval sur des distances depassant 4 kilometres, alors que les creneaux de depassement a trois voies ont un niveau de securite moins bon. Globalement, il apparait que les routes nationales equipees de creneaux ont un taux d'accidents comparable a celui de l'ensemble des routes nationales. Cette analyse a permis de prescrire certaines regles techniques concernant la conception de ces amenagements. A cet egard, lorsque les creneaux sont trop longs ou trop proches, des consequences negatives sur la securite se font sentir, notamment en aval de ceux-ci. Leur efficacite est optimale pour des longueurs variant entre 400 a 600 metres (en forte rampe) et 1 000 a 1 250 metres (en terrain plat) non compris les dispositifs d'extremite. Les creneaux doivent egalement etre suffisamment espaces. Leur ecart optimal varie selon le trafic et la configuration de l'axe, mais, dans tous les cas, un ecart inferieur a 4 ou 5 kilometres ne presente pas d'interet du point de vue du fonctionnement. Il est egalement important pour la securite de ne pas adopter des ecarts inferieurs, ceux-ci creant alors une ambiguite sur le type de route, avec toutes les consequences negatives qui pourraient en resulter. Ces dispositions ont ete reprises par la circulaire du 9 decembre 1991 adressee a l'ensemble des services du ministere de l'equipement.
|