FICHE QUESTION
11ème législature
Question N° : 1412  de  M.   Jégou Jean-Jacques ( Union pour la démocratie française-Alliance - Val-de-Marne ) QG
Ministère interrogé :  culture et communication
Ministère attributaire :  culture et communication
Question publiée au JO le :  03/06/1999  page :  5287
Réponse publiée au JO le :  03/06/1999  page :  5287
Rubrique :  ministères et secrétariats d'Etat
Tête d'analyse :  culture et communication : personnel
Analyse :  gardiens de musées. grève
DEBAT : M. le président. La parole est à M. Jean-Jacques Jégou.
M. Jean-Jacques Jégou. Je voudrais avant tout dire à M. le ministre de l'économie et des finances qu'il n'est ni sérieux ni objectif d'avoir passé sous silence les responsables du trou béant que nous a laissé le Crédit Lyonnais alors que les contribuables devront payer plus de 130 milliards pour le combler. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour la démocratie française-Alliance, du groupe du Rassemblement pour la République et du groupe Démocratie libérale et Indépendants.)
Ma question s'adresse à Mme la ministre de la culture et de la communication. Depuis quinze jours, une catégorie de personnels, les gardiens de musée, poursuivent un mouvement de grève en vue d'obtenir la création de plus de mille postes. Cette période préestivale est caractérisée par l'arrivée massive de touristes et de jeunes étudiants ayant travaillé pendant plus d'un an pour passer une semaine à Paris et y voir des trésors de culture. Trouvez-vous bien sérieux que ces personnes venues dépenser leur argent à Paris et en France se retrouvent devant de petites pancartes indiquant que les musées sont fermés en raison de la grève d'une certaine catégorie de personnel ?
Mme Odette Grzegrzulka. C'est votre héritage ! C'est votre démantèlement !
M. Jean-Jacques Jégou. Trouvez-vous normal d'avoir été surprise, de ne pas avoir prévu cela, alors que des revenus importants pour la France sont en cause ?
Un député du groupe du Rassemblement pour la République. C'est une honte !
M. Jean-Jacques Jégou. Mais surtout, madame la ministre, qu'en est-il de l'image de notre pays lorsque, chaque jour, des touristes japonais, américains, européens, surpris par l'attitude de la France, manifestent à la télévision leur intention de repartir sans avoir vu ce pourquoi ils étaient venus ? (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour la démocratie française-Alliance, du groupe du Rassemblement pour la République et du groupe Démocratie libérale et Indépendants.)
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la culture et de la communication.
Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication. Je suis surprise, monsieur le député, de vous entendre sur ces bancs revendiquer en permanence la limitation de la dépense publique et demander qu'elle augmente lors de la séance de questions d'actualité ! («Très bien !» et applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, du groupe communiste et du groupe Radical, Citoyen et Vert. - Protestations sur les bancs du groupe du Rassemblement pour la République, du groupe de l'Union pour la démocratie française-Alliance et du groupe Démocratie libérale et Indépendants.)
M. Jean-Jacques Jégou. Je n'ai pas demandé cela !
Mme la ministre de la culture et de la communication. Dans le passé, en deux ans vous avez réduit de 20 % le budget de fonctionnement du ministère de la culture...
M. Patrick Devedjian. C'est «la faute de la droite» !
Mme la ministre de la culture et de la communication. ... et vous n'avez pas fait de l'emploi et de la réduction de l'emploi précaire une véritable priorité. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, du groupe communiste et du groupe Radical, Citoyen et Vert.) Alors, avant de critiquer, vous feriez mieux de regarder ce que vous avez fait ! (Protestations sur les bancs du groupe du Rassemblement pour la République, du groupe de l'Union pour la démocratie française-Alliance et du groupe Démocratie libérale et Indépendants.)
M. Patrick Devedjian. Cela fait deux ans que vous êtes au pouvoir !
Mme la ministre de la culture et de la communication. Néanmoins, c'est une question très sérieuse que vous posez et je vais y répondre.
En 1997, j'ai trouvé 1 104 agents de catégorie C dans les filières de l'accueil du public, de la surveillance et de l'administration. Ce sont des agents non titulaires rémunérés sur crédits de vacation. Ma première priorité est de prendre en compte leur situation et de les transformer en emplois permanents. A la fin de 1999, 351 d'entre eux seront stabilisés sur des emplois de titulaires, stabilisation assise sur la rotation du personnel et la transformation d'emplois. C'est ma première orientation. (Exclamations sur les bancs du groupe du Rassemblement pour la République, du groupe de l'Union pour la démocratie française-Alliance et du groupe Démocratie libérale et Indépendants.)
M. Bernard Accoyer. La question ?
Mme la ministre de la culture et de la communication. Par ailleurs, le ministère a obtenu en 1999 la création de soixante-neuf postes («Ah !» sur les bancs du groupe du Rassemblement pour la République, du groupe de l'Union pour la démocratie française-Alliance et du groupe Démocratie libérale et Indépendants) dans les établissements publics pour tenir compte prioritairement de la situation du Louvre, du Musée d'Orsay et de la réouverture du Centre Pompidou. C'est très important.
M. Bernard Accoyer. C'est nul !
Mme la ministre de la culture et de la communication. Ma deuxième orientation, monsieur le député, est une action soutenue pour empêcher la reconstitution d'un volant d'agents vacataires, dont j'ai diminué le nombre. (Exclamations sur les bancs du groupe du Rassemblement pour la République, du groupe de l'Union pour la démocratie française-Alliance et du groupe Démocratie libérale et Indépendants.)
Troisième orientation: nous veillons à ne pas ouvrir de nouveaux équipements si nous n'avons pas les postes permanents correspondants. Certes, des efforts sont encore nécessaires. Les discussions budgétaires ont lieu et les arbitrages se feront à la fin du mois de juin. Comme vous, je souhaite que les collections des musées et les expositions soient accessibles au plus grand nombre, mais si je n'avais pas trouvé à mon arrivée au ministère de la culture une situation aussi dégradée (Protestations sur les bancs du groupe du Rassemblement pour la République, du groupe de l'Union pour la démocratie française-Alliance et du groupe Démocratie libérale et Indépendants), j'aurais pu m'engager plus rapidement dans la voie de la démocratisation. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, du groupe communiste et du groupe Radical, Citoyen et Vert. - Protestations et huées sur les bancs du groupe du Rassemblement pour la République, du groupe de l'Union pour la démocratie française-Alliance et du groupe Démocratie libérale et Indépendants.)
M. Pierre Lellouche. Cela fait deux ans que vous êtes là ! Vous en êtes à votre troisième budget !
UDF 11 REP_PUB Ile-de-France O