maintien en activité
de l'accélérateur de particules vivitron
à strasbourg
M. le président. M.
Germain Gengenwin a présenté une question, n° 1731, ainsi rédigée :
« M. Germain Gengenwin attire
l'attention de M. le ministre de la recherche à propos de l'avenir de
l'accélérateur de particules Vivitron, installé à l'Institut de recherches
subatomiques de Strasbourg. Cet équipement de recherche en physique qui est
unique en France dans le domaine des faisceaux stables de basse énergie doit
être prochainement mis au rebut par une décision récente de l'IN2P3 du CNRS,
programmant l'arrêt de son exploitation pour la fin 2003.
350 chercheurs européens et internationaux viennent chaque année poursuivre
leurs recherches en physique grâce à cet équipement qui a permis, depuis sa
création, la communication de 172 publications scientifiques remarquées,
dont les plus importantes sont considérées comme des premières mondiales dans
cette discipline. Une réflexion au niveau européen a été engagée afin de
construire un accélérateur de nouvelle génération et l'arrêt de Vivitron semble
s'inscrire dans la perspective de l'installation de ce nouvel outil. Or la mise
en service du nouvel instrument ne sera possible qu'en 2006-2008 et le choix de
Strasbourg comme site n'est pas officiellement assuré. L'arrêt total durant six
années des travaux de recherche sur la basse énergie de l'IRES avec l'éclatement
de son personnel dans d'autres programmes scientifiques, alors que Vivitron est
opérationnel jusqu'en 2014, va faire perdre de manière irréversible à la
France sa compétence de notoriété internationale. Par conséquent, il lui demande
de bien vouloir prendre des mesures permettant non seulement que l'équipement de
remplacement soit effectivement implanté à Strasbourg, mais aussi dans l'attente
de la mise en place effective de cette construction, que l'activité du Vivitron
soit maintenue. »
La parole est
à M. Germain Gengenwin, pour exposer sa question.
M. Germain Gengenwin.
Je suis heureux que M. le ministre de la recherche soit là pour répondre à
cette importante question, qui concerne l'accélérateur de particules Vivitron,
installé à l'Institut de recherches subatomiques de Strasbourg.
Cet équipement de recherche en
physique, unique en France dans le domaine des faisceaux stables de basse
énergie, doit être prochainement mis au rebut par une décision récente de l'IN 2
P 3 du CNRS, qui a programmé l'arrêt de son exploitation pour la
fin 2003.
Monsieur le
ministre, vous n'ignorez pas l'importance de cette installation :
350 chercheurs européens et internationaux viennent chaque année poursuivre
leurs recherches en physique grâce à cet équipement qui a permis, depuis sa
création, 172 publications scientifiques remarquées, dont les plus
importantes sont considérées comme des premières mondiales dans cette
discipline.
Une réflexion a été
envisagée au niveau européen afin de construire un accélérateur de nouvelle
génération et l'arrêt de Vivitron semble s'inscrire dans la perspective de
l'installation de ce nouvel outil. Or cette installation ne sera possible
qu'en 2006-2008 et le choix de Strasbourg comme site n'est pas
officiellement assuré.
L'arrêt
total, durant six années, des travaux de recherche sur la basse énergie de
l'IRES avec l'éclatement de son personnel dans d'autres programmes
scientifiques, alors que Vivitron est opérationnel jusqu'en 2014, va faire
perdre de manière irréversible à la France une compétence internationalement
reconnue.
Par conséquent,
monsieur le ministre, je vous demande avec gravité de bien vouloir prendre des
mesures permettant non seulement que l'équipement de remplacement soit
effectivement implanté à Strasbourg, mais aussi que, dans l'attente de la mise
en place effective de cette construction, l'activité du Vivitron soit
maintenue.
M. le président. La
parole est à M. le ministre de la recherche.
M. Roger-Gérard
Schwartzenberg, ministre de la recherche.
Monsieur le député, l'institut de recherche subatomique de Strasbourg, l'IRES,
regroupe soixante-dix chercheurs et enseignants-chercheurs et
143 ingénieurs, techniciens et administratifs. Cet institut est une unité
mixte de recherche entre l'université Louis-Pasteur et le CNRS-IN2P3. Le
Vivitron est un programme de travail de cet institut, qui mobilise localement
une partie de l'activité de neuf chercheurs et dix-huit ingénieurs et
techniciens.
La direction de
l'IN2P3 a décidé, en accord avec l'université Louis-Pasteur, l'arrêt du
fonctionnement du Vivitron à la fin de l'année 2003. Cette décision a été
notifiée, par une lettre du 19 décembre 2001, au directeur de l'IRES,
qui l'approuve. En effet, si le Vivitron a permis la réalisation d'un programme
scientifique de grande qualité, il apparaît aujourd'hui que la poursuite d'un
programme scientifique de basse énergie, sur le moyen et long terme, en
particulier dans le domaine de la structure nucléaire, devra se faire avec un
instrument plus performant et évolutif à définir au niveau européen.
Il va de soi que l'IN2P3 apportera
son soutien dans les domaines de la formation permanente à toute reconversion
qui s'avérerait nécessaire pour le personnel technique du Vivitron qui restera
affecté à l'IRES et, par conséquent, implanté en Alsace.
Par ailleurs, l'université
Louis-Pasteur et le CNRS, par l'intermédiaire de l'IN2P3, demeurent
particulièrement attachés au développement d'un pôle de recherche subatomique à
Strasbourg. Leur soutien au développement de l'IRES est donc acquis.
Ainsi, l'arrêt du Vivitron ne
signifie en aucune façon un arrêt des recherches en physique nucléaire dans cet
institut. Les recherches dans le domaine des noyaux exotiques, ainsi que dans
celui du plasma de quarks et de gluons continueront à se développer, auprès de
SPIRAL, au GANIL à Caen et ISOLDE, au CERN à Genève.
Dans le domaine des faisceaux de
noyaux stables, l'accès des équipes de recherche alsaciennes aux équipements
européens existants sera conforté. Le programme de recherche sur les détecteurs
gamma de basse énergie, dit programme, AGATA, en collaboration avec une
entreprise performante de la région Alsace, est également un domaine clé pour le
futur des activités de recherche sur la structure nucléaire. L'IRES a, dans ce
domaine, un savoir-faire qui sera conforté et un rôle de premier plan au niveau
international.
Enfin, les
physiciens nucléaires de l'IRES doivent jouer un rôle important dans la
définition d'une possible future machine européenne de haute performance. Le
conseil scientifique de l'IN2P3 va d'ailleurs poursuivre, en 2002, une
discussion internationale sur l'avenir de cette physique.
En dehors des recherches sur la
physique nucléaire, de nouveaux axes de recherche vont se développer dans les
années qui viennent en Alsace. Ainsi le domaine des détecteurs, dans lequel
l'IRES est un centre d'excellence, conduira à développer une recherche
interdisciplinaire sur de nouveaux instruments pour l'observation clinique du
petit animal. Cette recherche permettra de conforter le développement de la
génopole d'Alsace-Lorraine.
Ainsi, le site strasbourgeois a de
nombreux atouts et l'implication du CNRS, via
l'IN2P3 notamment, restera entière pour y soutenir la physique nucléaire et
de nouveaux axes de recherche.
M. le président. La
parole est à M. Germain Gengenwin.
M. Germain Gengenwin.
Monsieur le ministre, vous me confirmez que le Vivitron restera au moins un
outil de formation permanente. Mais le plus important est qu'il n'y ait pas de «
vide » entre 2003 et 2008 jusqu'au fonctionnement du nouvel instrument et,
surtout, que ce dernier soit implanté à Strasbourg. C'est notre principal souci
dans l'immédiat.