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Texte de la QUESTION :
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M. Georges Sarre attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur l'enlèvement, le 23 avril 2000, dans l'île malaise de Sipadan, entre les rives de Bornéo (Indonésie) et l'extrême sud des Philippines, d'une vingtaine de personnes, parmi lesquelles deux ressortissants français. La revendication de cet enlèvement, le 25 avril dernier, par le mouvement Abu Sayyaf, un groupe armé de séparatistes islamistes philippins, sans être pour l'heure confirmée de source officielle, suscite la plus grande inquiétude. Contrairement à son homologue, le Front islamique de libération Moro, qui milite pour l'établissement d'un Etat islamique indépendant dans le sud des Philippines, le groupe de guérilla dont il est ici question se limiterait quant à lui essentiellement à des actions terroristes et autres prises d'otages visant surtout les personnes et lieux de culte de confession chrétienne. Particulièrement inquiet, dans ce contexte, du sort de nos compatriotes ainsi que des autres personnes retenues en otages, il lui demande donc de lui préciser les mesures prises par la France afin d'assurer le suivi au plus près de l'évolution de la situation, ainsi que les démarches entreprises afin que ces otages soient libérés sains et saufs.
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Texte de la REPONSE :
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Un groupe de 21 personnes a été enlevé sur l'île malaisienne de Sipadan, le 23 avril dernier, et se trouve actuellement retenu sur l'île de Jolo, dans le sud des Philippines. Parmi eux se trouvent deux ressortissants français, Mle Sonia Wendling et M. Stéphane Loisy, ainsi qu'une ressortissante libanaise en cours de naturalisation française, Mme Marie Moarbes. Dès le début de la crise, la France a fait valoir aux autorités philippines toute l'importance qu'elle attachait à la libération des otages sains et saufs. Un message a été adressé par le Président de la République à M. Estrada pour marquer notre préoccupation quant au sort des otages et demander aux autorités de Manille de veiller à ce qu'aucune action ne soit entreprise qui puisse mettre leur vie en péril. Le ministre des affaires étrangères a, pour sa part, adressé plusieurs messages en ce sens à son homologue philippin, M. Siazon, dès le 26 avril, puis à nouveau le 3 mai 2000 et, conjointement avec ses collègues allemand et finlandais, eux aussi concernés par la prise d'otages, le 4 mai 2000. Par ailleurs, le ministre des affaires étrangères a envoyé à Manille un émissaire spécial (le directeur d'Asie et d'Océanie dans un premier temps, puis le directeur-adjoint des Français à l'étranger et des étrangers en France) afin de rappeler aux autorités philippines les préoccupations françaises et leur demander d'informer régulièrement le ministre des affaires étrangères de l'évolution de la situation. L'ensemble des ministres des affaires étrangères de l'Union européenne, lors d'une réunion informelle qui s'est tenue aux Açores le 6 mai, ont appelé le gouvernement philippin à résoudre la crise par des voies pacifiques. Ils ont décidé de l'envoi aux Philippines du haut représentant de l'union européenne, M. Javier Solana. Arrivé à Manille le 9 mai, il s'est entretenu, en compagnie des ambassadeurs européens, avec le Président Estrada. Le secrétaire général du ministère des affaires étrangères s'est lui aussi rendu à Manille à la demande du ministre français des affaires étrangères le 25 mai. Il a rencontré, en compagnie des envoyés spéciaux allemand et finlandais, le Président Estrada, le ministre des affaires étrangères et le secrétaire général de la présidence, auxquels il a redit combien la sécurité des otages et leur prompte libération devaient continuer à inspirer leur action. Les ambassadeurs des pays concernés à Manille sont en concertation permanente sur ce dossier et suivent avec une particulière vigilance la situation des otages et les discussions en cours entre les représentants des autorités philippines et les ravisseurs. Selon les indications récentes données par le médecin philippin qui a pu se rendre au camp des ravisseurs, l'état de santé général des otages est bon, même si ces derniers éprouvent des difficultés psychologiques à surmonter leur captivité. Le dispositif consulaire mis en place en coordination avec les ambassades d'Allemagne et de Finlande a permis de faire acheminer, par l'intermédiaire du Croissant Rouge malaisien, des vivres et des médicaments aux otages. En outre, des messages écrits ont pu être échangés entre les familles et leurs enfants, par l'intermédiaire des négociateurs et notre ambassade à Manille. Un message enregistré par les familles de nos compatriotes a pu également être diffusé par une radio du sud des Philippines. L'ambassade de France, en liaison avec celles d'Allemagne et de Finlande, ont demandé aux autorités de Manille l'établissement d'un couloir humanitaire d'accès aux otages, afin que des vivres, des médicaments et d'autres produits puissent leur parvenir régulièrement. Par ailleurs, le ministère des affaires étrangères, qui a reçu à deux reprises les 12 et 24 mai, les familles des Français détenus, est en relation quotidienne avec ces dernières, comme cela est toujours le cas dans ce type d'affaire, pour les tenir informées régulièrement de l'évolution de la situation.
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