FICHE QUESTION
12ème législature
Question N° : 1259  de  M.   Biessy Gilbert ( Député-e-s Communistes et Républicains - Isère ) QOSD
Ministère interrogé :  emploi, cohésion sociale et logement
Ministère attributaire :  emploi, cohésion sociale et logement
Question publiée au JO le :  21/06/2005  page :  6145
Réponse publiée au JO le :  22/06/2005  page :  3770
Rubrique :  urbanisme
Tête d'analyse :  rénovation urbaine
Analyse :  financement. Échirolles
Texte de la QUESTION : La ville d'Échirolles dans l'Isère a élaboré un projet de renouvellement urbain global sur le secteur ouest de la commune en raison de difficultés urbaines et sociales importantes. Exclu de la demande de dérogation exceptionnelle au titre de l'article 6 de la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, ce projet mené en concertation avec la population est au point mort alors qu'il y a urgence. M. Gilbert Biessy demande donc à M. le ministre de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement si on peut envisager la création au sein de l'ANRU d'une ligne budgétaire spécifique pour des actions ponctuelles sur les quartiers.
Texte de la REPONSE :

RENOVATION URBAINE D'ECHIROLLES DANS L'ISERE

Mme la présidente. La parole est à M. Gilbert Biessy, pour exposer sa question, n° 1259.
M. Gilbert Biessy. En raison de difficultés urbaines et sociales importantes, la ville d'Échirolles, en liaison avec les bailleurs sociaux, a élaboré un projet de renouvellement urbain global sur le secteur ouest de la commune. Ce quartier de 9 100 habitants, classé depuis 2000 en territoire de niveau 1 au contrat de ville de l'agglomération grenobloise, est également intégré au programme européen PIC Urban. Exclu de la demande de dérogation exceptionnelle au titre de l'article 6 de la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août 2003, ce projet est aujourd'hui en suspens alors que l'urgence est bien réelle.
Dès la naissance de ce programme de rénovation, la ville a souhaité associer la population des quartiers concernés. En 2001 est né l'atelier public urbain social, destiné à favoriser le dialogue entre les partenaires, au sens large du terme, pour l'élaboration des différents projets. En 2002, la ville d'Échirolles a même fait appel à une équipe pluridisciplinaire chargée d'animer la concertation. Cette action a été reconduite et est totalement intégrée au processus. Depuis, les participants ont engagé une véritable démarche de concertation et de participation à la décision. Ils se sont approprié ce dossier et sont devenus les acteurs de leur environnement.
Aujourd'hui, les élus constatent que, sans l'intervention de l'Agence nationale de rénovation urbaine, les projets développés avec le concours des habitants sont exclus de la politique de rénovation urbaine alors qu'il est pourtant impératif de poursuivre toutes les actions en faveur des populations et des quartiers en difficulté. Ma question est donc la suivante : en raison des enjeux sociaux et économiques inhérents aux quartiers en difficulté, mais aussi de l'investissement des populations, qui souhaitent que les choses bougent et veulent être écoutées et entendues, ces quartiers pourraient-ils être reconnus par l'ANRU et bénéficier des crédits du troisième groupe en gestion déconcentrée, selon le principe des opérations isolées ?
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité.
Mme Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité. Monsieur le député, vous m'interrogez sur la création au sein du budget de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine d'une ligne spécifique destinée à financer les actions ponctuelles dans les quartiers qui, comme le secteur ouest de la commune d'Échirolles, n'ont pas fait l'objet d'une dérogation au titre de l'article 6 de la loi du 1er août 2003 d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine.
Je souhaite tout d'abord rappeler que la commune d'Échirolles a déjà bénéficié, le 25 novembre dernier, d'une telle dérogation pour le quartier de Village 2. Cette commune est donc éligible au programme national de rénovation urbaine et le projet de requalification de ce quartier, qui, à ce jour, n'est toujours pas finalisé, pourra bénéficier des financements de l'ANRU.
De façon générale, l'article 6 de la loi du 1er août 2003 concernant les dérogations prévoit la possibilité d'intervenir, après avis conforme du maire de la commune et accord des ministres en charge de la ville et du logement, dans des quartiers présentant des caractéristiques économiques et sociales analogues à celles des zones urbaines sensibles. Cette possibilité est ouverte à titre exceptionnel. Compte tenu du grand nombre de demandes, le conseil d'administration de l'ANRU a établi, le 9 février dernier, une liste de priorités, en réservant 70 % de ses financements aux quartiers les plus étendus et qui concentrent les plus grandes difficultés sociales et économiques. Les 30 % restants sont destinés aux ZUS et aux quartiers bénéficiant de dérogations au titre de l'article 6 de la loi du 1er août 2003.
L'instruction des demandes de dérogation consiste à comparer les caractéristiques de chaque quartier avec le contexte des ZUS au plan national. C'est en procédant à cette analyse qu'un des deux quartiers de la commune d'Échirolles a été retenu au titre du programme de rénovation urbaine. En revanche, le secteur ouest ne présentait pas les caractéristiques permettant de le retenir.
Cela étant, d'autres financements de droit commun permettent d'aider la commune. Ainsi, l'amélioration des logements sociaux peut bénéficier des primes PALULOS ou des crédits de démolition-reconstruction, mais aussi de l'enveloppe des prêts privilégiés de la Caisse des dépôts et consignation à 2,95 % pour 40 000 réhabilitations supplémentaires. Avec Jean-Louis Borloo, nous veillerons à ce que les préfets accordent une attention particulière, dans le cadre de leur enveloppe de crédits de droit commun, à des dossiers comme celui de la commune d'Échirolles.
Mme la présidente. La parole est à M. Gilbert Biessy.
M. Gilbert Biessy. Madame la ministre, si la ville d'Échirolles a choisi le quartier ouest, c'est en raison de caractéristiques sociales très voisines de celles de Village 2, qui a été retenu. De tels quartiers sont nombreux à Échirolles car, dans l'agglomération grenobloise, c'est la ville qui, au début des années soixante, a reçu le plus grand nombre de nos compatriotes rapatriés d'Algérie.
Mme la ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité. C'est vrai !
M. Gilbert Biessy. Le quartier ouest avait déjà fait l'objet d'une opération " Habitat et vie sociale ". Mais plus de vingt ans après, la nécessité se fait sentir d'intervenir à nouveau, en particulier sur les logements.
Je prends acte de l'ouverture possible de certains crédits. Néanmoins, je voudrais renouveler notre demande d'entretien, qui semblait avoir été acceptée par M. Daubresse, pour que le maire de la ville puisse débattre de manière plus détaillée de ce problème au ministère.
Mme la ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité. D'accord !
M. Gilbert Biessy. Les habitants de ce quartier important de notre ville se sont considérablement investis et ne comprennent pas que, subitement, il n'y ait plus de crédits.

CR 12 REP_PUB Rhône-Alpes O