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DEBAT :
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REINTRODUCTION DE L'OURS DANS LES PYRENEES M. le président. La parole est à Mme Chantal
Robin-Rodrigo, pour le groupe socialiste. Mme Chantal
Robin-Rodrigo. Madame la ministre de l'écologie et du développement
durable, samedi, dans les Hautes-Pyrénées, à Bagnères-de-Bigorre, près de 5 000
Pyrénéens s'étaient réunis pour manifester leur incompréhension et leur colère
face au mépris, au mensonge et aux insultes dont vous êtes l'auteur. (Vives
protestations sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement
populaire.) Ces hommes et ces femmes de la montagne - éleveurs,
accompagnateurs de montagne, agents du tourisme et élus - ont manifesté dans le
calme pour affirmer leur opposition à l'introduction d'ours slovènes dans le
massif pyrénéen. Ils dénoncent le mépris dont ils font l'objet de la part de
votre ministère : ne sont-ils pas pour vous qu'une poignée d'excités, parce
qu'ils ne pensent pas ou ne vivent pas comme vous et ne veulent ni de Boutxi et
de ses festins, ni de Palouma et de son GPS ? Ils déplorent vos
mensonges. Vous connaissiez la mission mise en place par le conseil général
des Hautes-Pyrénées et vous vous étiez engagée personnellement auprès de son
président à ne pas procéder aux lâchers d'ours avant que cette mission n'ait
rendu ses conclusions. De même, vous n'avez pas voulu tenir compte de l'avis
unanime des élus, de droite comme de gauche, du comité de massif qui - à
l'unanimité, je le rappelle - se sont prononcés contre cette
réintroduction. Il s'agit d'un déni de démocratie. M. Éric
Diard. C'est ridicule ! Mme Chantal Robin-Rodrigo.
Avant de penser à la réintroduction de ces prédateurs, il eût fallu, me
semble-t-il, raisonner sur tout un équilibre et pas seulement sur une espèce.
Depuis des années, nous assistons à une déprise agricole, accompagnée d'une
grande incertitude sur la politique de la montagne. Qu'en est-il du plan "
économie de la montagne " et de toutes les promesses non tenues ? Madame la
ministre, il vous faut enfin entendre les populations pyrénéennes. Elles exigent
un moratoire d'un an avant tout nouveau lâcher d'ours, pour que nos arguments
soient enfin écoutés et discutés, pour que des études soient engagées sur
l'impact écologique, économique et sanitaire, et pour qu'une véritable
concertation ait lieu sur les territoires directement concernés. Les
Pyrénéens français et espagnols se battent pour des montagnes vivantes et
accueillantes, et, vous le savez bien, le pastoralisme est garant de l'entretien
du milieu montagnard et est indispensable au maintien de la biodiversité. ("
La question ! " sur plusieurs bancs du groupe de l'Union pour un
mouvement populaire.) Ils exigent vos excuses : comment admettre qu'une
ministre puisse se reconnaître le droit d'insulter ses concitoyens ?
M. le président. Merci, madame. Veuillez poser votre
question. Mme Chantal Robin-Rodrigo. Les Pyrénéens ne sont
ni " des ânes ", ni " des imbéciles ". Ce sont des hommes droits, courageux,
amoureux de leurs territoires, qui veulent y vivre et y travailler en paix !
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et sur plusieurs bancs
du groupe des député-e-s communistes et républicains. - Exclamations sur les
bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire.) M. le
président. La parole est à Mme la ministre de l'écologie et du
développement durable. Mme Nelly Olin, ministre de
l'écologie et du développement durable. Madame la députée, je pense qu'il
faut rétablir la vérité (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste)
... M. Augustin Bonrepaux. Oui, car on nous a menti
! Mme la ministre de l'écologie et du développement durable.
...sur deux points : l'ours a toujours fait partie des Pyrénées,
... M. Augustin Bonrepaux. Pas l'ours slovène
! Mme la ministre de l'écologie et du développement durable.
...mais vous madame, comme d'autres, avez refusé la concertation.
M. Augustin Bonrepaux. N'insultez pas les Pyrénées
! Mme la ministre de l'écologie et du développement durable.
Mon bureau vous a été ouvert toute l'année ; j'ai proposé trois fois de me
déplacer à Toulouse, mais je n'y suis pas allée parce que vous n'étiez point
présente. Donc ne parlez pas de concertation puisque vous l'avez refusée ! J'ai
même proposé à certains élus, le jour où ils étaient à Arbas pour " mettre de
l'animation ", dirais-je pour rester correcte, c'est-à-dire plutôt pour faire de
la provocation, de les recevoir ; ils ont préféré se coucher sur le terrain pour
empêcher le lâcher de l'ours. (Exclamations sur les bancs du groupe
socialiste.) Madame la députée, si je peux comprendre l'inquiétude des
bergers et des éleveurs, qui sont des gens qui travaillent, qui ne s'agitent pas
inutilement comme vous le faites et que je respecte (Mêmes
mouvements)... M. Augustin Bonrepaux. Non, vous les
insultez ! Mme la ministre de l'écologie et du développement
durable. Écoutez, si vous me posez une question pour ne pas écouter la
réponse, ça ne sert à rien. Ces gens-là, je les respecte. Mais eux travaillent
et ils ne font pas de l'agitation inutile. Finalement, j'ai compris une chose :
dans cette région, votre seul programme électoral consiste à vous opposer à la
réintroduction de l'ours ! (Protestations sur les bancs du groupe socialiste.
- Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe de l'Union pour un mouvement
populaire.) Au mois de juin, lorsque j'ai pris mes fonctions, j'ai
décalé... M. Augustin Bonrepaux. C'est vous qui êtes décalée
! Mme la ministre de l'écologie et du développement durable.
...le renforcement de la population d'ours du mois de septembre au mois
de mai. Je vous ai demandé de venir et c'est vrai que, pour la première fois, je
vous ai vue sur place. J'ai ramené le lâcher des ours de quinze à cinq. Et
pendant toute une année où vous n'avez pas été là (Exclamations sur les bancs
du groupe socialiste), nous avons travaillé à améliorer ce plan de
réintroduction en prenant, avec M. Bussereau, des mesures en faveur du
pastoralisme. Je ne vous permets donc pas, en évoquant ces problèmes,
d'instrumentaliser mes propos à Arbas, qui ne s'adressaient pas aux bergers et
aux éleveurs responsables, mais aux irresponsables qui ont failli de par leur
attitude créer un accident grave ! Les leçons que vous osez me donner
aujourd'hui, je ne les accepte pas car je n'ai pas à en recevoir venant de vous.
(Exclamations sur les bancs du groupe socialiste. - Applaudissements sur les
bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire.)
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