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DEBAT :
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DESINDUSTRIALISATION DU NORD DE L'HERAULT M. le président. La parole est à M. Robert
Lecou, pour le groupe UMP. M. Robert Lecou. Monsieur le
ministre délégué à l'aménagement du territoire, ces questions au Gouvernement
sont souvent l'occasion pour les députés qui, sur le terrain, partagent les
crises économiques dramatiques qui frappent les populations, de lancer un cri
d'alarme. M. Christian Bataille. Eh oui ! M.
Robert Lecou. Je voudrais vous parler des hauts cantons héraultais, et
plus précisément du Lodévois et du Gangeois, au nord de ma circonscription. Ces
territoires d'industrialisation ancienne sont frappés de plein fouet par les
effets de la crise de la mono-industrie. En 1996, la fermeture annoncée de la
COGEMA mettait fin à une activité économique qui avait généré à sa plus belle
époque 1 500 emplois directs, indirects et induits. Le site fut définitivement
fermé en 1997 et le plan ambitieux mis en place par Alain Juppé en 1996 échoua,
faute d'une volonté politique suffisamment affirmée par le gouvernement Jospin.
( " Eh oui ! " sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement
populaire.) Nous devons, monsieur le ministre, tirer les leçons de cet
échec. Vous avez pris la mesure de la situation et exprimé votre volonté
d'accompagner le Lodévois dans la reconversion de l'ancien site industriel en
zone d'activités économiques, dans laquelle il s'est courageusement
engagé. La même volonté politique est nécessaire face à la situation du
territoire limitrophe de Ganges-Le Vigan, frappé lui aussi par un séisme
économique, dont la gravité demande des mesures d'urgence. J'ai pu, à travers
mes rencontre avec les élus et la population de ce territoire - notamment au
cours de ma visite au marché de Ganges la semaine dernière -, mesurer son
désarroi devant l'annonce du plan social de l'entreprise Well qui prévoit la
suppression de 300 emplois directs, dont l'activité, la fabrication de bas, est
historique en pays Cévenol et essentielle pour ce territoire. Il est de la
responsabilité des acteurs institutionnels d'accompagner ces territoires. On ne
peut pas accepter le déracinement de populations dont nous savons la difficulté
de vivre dans des concentrations urbaines souvent inadaptées, alors que les
territoires ruraux et les bourgs centres sont des lieux de vie qui participent à
une occupation équilibrée et harmonieuse du territoire. L'État doit
s'impliquer, car il peut jouer un rôle moteur, entraînant l'ensemble des
partenaires. Que comptez-vous faire, monsieur le ministre, face à la crise que
traversent les hauts cantons héraultais et gardois ? M. le
président. La parole est à M. le ministre délégué à l'aménagement du
territoire. M. Christian Estrosi, ministre délégué à
l'aménagement du territoire. Vous avez raison, monsieur le député : nous ne
pouvons pas rester inactifs face à de telles délocalisations, qui traumatisent
nos territoires et provoquent un sentiment de détresse chez toutes celles et
tous ceux qui ont contribué à leur développement économique. Nous avons
voulu rompre avec l'habitude du passé de gérer les conséquences des crises
plutôt que d'anticiper sur les mutations économiques à venir. Tel est l'objectif
de la délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des
territoires, issue du rapprochement de la DATAR et de la mission
interministérielle sur les mutations économiques. Nous avons également, avec
Christine Lagarde, dynamisé l'Agence française pour les investissements
internationaux. M. Albert Facon. Ce baratin n'a aucun
rapport avec la question ! M. le ministre délégué à l'aménagement du
territoire. Ces investissements internationaux sur le territoire
français ont permis l'installation sur ces territoires de 30 000 emplois au
cours de l'année écoulée, pour 15 000 emplois délocalisés. Nous sommes
conscients, monsieur Lecou, des difficultés rencontrées par l'entreprise Well,
et l'État est à vos côtés de toutes ses forces. Nous savons que votre engagement
est à la hauteur de ces difficultés. Une réunion s'est tenue lundi dernier, à
laquelle ont participé les représentants de la direction et les syndicats de
l'entreprise, les élus locaux et les chambres consulaires. Il a été décidé de
créer un comité de pilotage permettant d'engager toutes les actions d'une
politique de revitalisation du bassin d'emploi du Vigan et de Ganges, de créer
une cellule de crise chargée de mettre en oeuvre sur le terrain les orientations
de cette revitalisation et, enfin, d'accompagner les actions du PDG de
l'entreprise auprès de son actionnaire majoritaire, Natexis Industrie, pour
obtenir le financement du plan de sauvegarde de l'emploi et la revitalisation du
tissu économique. Vous voyez, monsieur Lecou, que nous ne nous laissons pas
enfermer dans les dogmes idéologiques du passé (Exclamations sur les bancs du
groupe socialiste) et plaçons les hommes au coeur de nos politiques de
cohésion territoriale : ce sont eux qui comptent, avant tout, pour relever les
défis du futur sur les territoires de France. (Applaudissements sur les bancs
du groupe de l'Union pour un mouvement populaire.)
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