VOCATION INTERNATIONALE
DU LYCÉE HONORÉ-DE-BALZAC
DANS LE
17e ARRONDISSEMENT DE PARIS
Mme la présidente. La
parole est à Mme Françoise de Panafieu, pour exposer sa question,
n° 421, relative à la vocation internationale du lycée Honoré-de-Balzac
dans le 17e arrondissement de Paris.
Mme Françoise de Panafieu.
Monsieur le ministre délégué à
l'enseignement scolaire, le lycée Honoré-de-Balzac, situé boulevard Bessières,
dans le 17e arrondissement, accueille actuellement plus de 1 800 élèves,
dont 500 dans les sections internationales : anglais, espagnol, arabe, allemand,
portugais. C'est incontestablement un grand lycée qui est malheureusement
confronté à des problèmes récurrents de fonctionnement.
En 1994, il a été déclaré lycée
international pour pouvoir accueillir des sections internationales - vous
le savez, monsieur Darcos, puisque, à l'époque, M. Bayrou, ministre de
l'éducation nationale, est venu l'inaugurer, accompagné de son directeur de
cabinet qui n'était autre que vous-même -, sans que les implications d'un
tel choix aient jamais été prises en compte.
De très nombreux habitants du
17e arrondissement, les élus, le corps enseignant, les parents d'élèves
sont unanimes pour demander que ce lycée soit enfin traité comme le lycée
international de Paris.
Je
souhaite que ce statut lui soit véritablement donné, avec les moyens suffisants
pour en faire l'établissement de référence de la capitale, laquelle,
rappelons-le, ne possède aucun établissement de ce type, ce qui est d'autant
plus regrettable que la plupart des grandes capitales et métropoles étrangères
ont un lycée international.
Ne
pensez-vous pas qu'il serait temps de donner à Paris un lycée international dans
un secteur en pleine évolution, avec l'achèvement, à proximité, du nouveau
quartier des Hauts de Malesherbes - quartier qui a été pensé par Christian de
Portzamparc - et l'aménagement de la ZAC Batignolles-Cardinet sur quarante
hectares, là où devrait être réalisé le village olympique, si la candidature de
Paris devait être retenue pour 2012 ? Paris se verrait enfin dotée d'un lycée
international, comme toute capitale digne de ce nom se doit d'avoir ce type
d'établissement éducatif.
Mme la présidente. La
parole est à M. le ministre délégué à l'enseignement scolaire.
M.
Xavier Darcos, ministre délégué à
l'enseignement scolaire. Madame de Panafieu, vous attirez mon attention sur
la situation du lycée Honoré-de-Balzac, que nous connaissons bien en effet, et
qui est aussi l'un de vos enfants chéris, dans le 17e arrondissement de
Paris.
Comme vous l'avez
rappelé, ce lycée développe en son sein, depuis dix ans, des classes
internationales, dotées d'enseignements renforcés en langues vivantes. Vous avez
raison, madame la députée, de souligner la nécessité de pérenniser un tel
dispositif. En revanche, vous avez sans doute tort de vous inquiéter quant à
l'avenir du lycée Honoré-de-Balzac.
Les pouvoirs publics agissent à
deux niveaux. D'une part, les collectivités territoriales, ville de Paris et
région, doivent faire face aux problèmes de fonctionnement et d'équipement dont
a pu souffrir la cité scolaire, notamment en raison de ses spécificités, par
exemple une superficie très supérieure à la moyenne, car il s'agit d'un
équipement extrêmement vaste. D'autre part, le ministère de l'éducation
nationale est fermement décidé à consolider le volet international des
enseignements du lycée et à suivre vos préconisations.
L'engagement du ministère s'est
déjà traduit par un effort en termes de dotation horaire spécifique aux sections
internationales, laquelle a plus que doublé : pour le collège, elle est passée
de 55 heures en 1999-2000 à 126 heures en 2003-2004 ; pour le lycée,
elle est passée, sur la même période, de 105 à 231 heures.
En ce qui concerne les
enseignements, j'insisterai sur l'existence de cinq sections
internationales - anglais, allemand, portugais, espagnol, arabe -, et
ce de la sixième à la terminale. Sans compter la section dite
européenne - dotée d'horaires plus importants en langue vivante 1 - à
partir de la quatrième. Le qualificatif d'« international » est donc une réalité
vécue chaque jour, tant par les élèves que par les équipes éducatives.
Bien entendu, madame la députée,
nous serons sensibles à vos souhaits. Comme vous, le ministère est convaincu que
l'existence d'un grand lycée international à l'intérieur de Paris est
essentielle. Il est attentif à la situation du lycée Honoré-de-Balzac. Mais, je
le répète, sur de nombreux points, celle-ci ne dépend pas seulement de nous,
mais aussi des collectivités, à savoir la région et la ville de Paris.
Mme la
présidente. La parole est à Mme Françoise de Panafieu.
Mme
Françoise de Panafieu. Je vous ai bien entendu, monsieur le ministre,
et loin de moi l'idée que le ministère ne ferait pas ce qu'il faut. Je crois que
le problème tient plutôt au fait que plusieurs entités sont responsables. Il y a
le ministère, certes, mais aussi la région, comme vous l'avez dit. La ville de
Paris joue également son rôle. De sorte que rien n'est plus difficile pour la
communauté éducative, surtout quand certaines difficultés apparaissent, que de
savoir qui est vraiment responsable de quoi et vers qui elle doit se tourner.
C'est pourquoi ce dont nous sommes
tous demandeurs, nous élus du 17e arrondissement, comme d'ailleurs
l'ensemble des élus parisiens, c'est que se tienne une vraie réunion de travail,
à laquelle participent les trois parties concernées, et qui définisse clairement
les responsabilités de chacun. Je voudrais, monsieur le ministre, que vous
preniez en compte cette demande. Depuis dix ans, aucune réunion de ce type n'a
eu lieu. Aujourd'hui, elle est plus que nécessaire.
M. le
ministre délégué à l'enseignement scolaire. J'ai bien entendu votre
demande, madame la députée.