FICHE QUESTION
12ème législature
Question N° : 48062  de  M.   Gaillard Claude ( Union pour un Mouvement Populaire - Meurthe-et-Moselle ) QE
Ministère interrogé :  coopération
Ministère attributaire :  coopération
Question publiée au JO le :  05/10/2004  page :  7681
Réponse publiée au JO le :  22/02/2005  page :  1898
Rubrique :  politique extérieure
Tête d'analyse :  zone ACP
Analyse :  nouvelles technologies de l'information et de la communication. accès
Texte de la QUESTION : M. Claude Gaillard appelle l'attention de M. le ministre délégué à la coopération, au développement et à la francophonie sur la question importante de la fracture numérique dont souffrent les pays de la zone Afrique Caraïbes Pacifique (pays ACP), problème auquel veut répondre l'initiative « ACP Numérique ». En effet, le développement économique et humain des pays ACP dépend aujourd'hui de façon cruciale d'une mobilisation efficace des NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication). Il s'agit d'un enjeu majeur, particulièrement en Afrique subsaharienne et dans la Caraïbe. L'initiative ACP Numérique vise précisément l'amélioration de la connectivité internet suivant deux axes : un accès à la bande passante à un prix abordable et la promotion de la concurrence dans la vente du transit IP aux opérateurs télécoms et aux fournisseurs d'accès internet. Afin de faire évoluer ce dossier essentiel pour le développement des pays pauvres et favoriser l'accès équitable au savoir qu'ils sont en droit d'attendre, la mobilisation de la France semble s'imposer. Elle favorisera en effet l'implication d'institutions importantes telles que la Commission européenne, la Banque mondiale ou différentes agences bilatérales spécialisées. La Banque mondiale et la Coopération suisse ont d'ailleurs déjà laissé entendre qu'elles soutiendraient l'initiative ACP Numérique si la France apportait son appui politique. Qu'en est-il exactement à ce jour ? Il le remercie pour toute précision qu'il voudra bien apporter sur ce sujet qui engage l'avenir de centaines de millions d'habitants.
Texte de la REPONSE : Le ministère des affaires étrangères a pris connaissance de l'initiative ACP Numérique et partage l'avis de ses fondateurs sur l'importance des nouvelles technologies de l'information et de la communication pour l'Afrique et son développement économique et social. Cette problématique de l'accès aux technologies de l'information et de la communication pour les pays d'Afrique subsaharienne est au coeur de l'action conduite par le ministère des affaires étrangères qui, depuis plus de cinq ans, s'est engagé à insérer le monde en développement dans la société de l'information. Il a ainsi activement contribué au niveau international, via sa participation au groupe GEANT (groupe d'experts sur l'accès aux nouvelles technologies) du G 8 et au sommet mondial sur la société de l'information, à l'émergence d'un consensus international sur cette problématique et à la définition des principaux axes d'actions nécessaires. À ce titre, la direction générale de la coopération internationale et du développement intervient à la fois en soutien à l'offre (les contenus, services et applications), à la demande (la capacité des utilisateurs à se connecter) et à l'interface qui les réunit (une politique nationale, le cadre juridique), tout en créant les conditions favorables à une appropriation durable de ces technologies (la formation). Parmi les actions pilotes déjà conduites dans ce but par le ministère des affaires étrangères, on peut citer : le soutien à la connexion des universités en Afrique, plus particulièrement à Madagascar et au Cameroun, un programme d'intégration de la recherche africaine au sein des réseaux internationaux (4 millions d'euros pour les trois années à venir), un programme d'appui au désenclavement numérique visant à soutenir la mise en place de plus de soixante points d'accès publics à internet dans des zones enclavées de treize pays d'Afrique sub-saharienne (6 millions d'euros pour les trois années à venir), le soutien financier aux programmes menés par les opérateurs de l'Organisation internationale de la francophonie, en particulier l'Agence intergouvernementale de la francophonie et l'Agence universitaire de la francophonie. Il n'en demeure pas moins que, s'agissant de l'accès et des infrastructures - et ce particulièrement en Afrique subsaharienne -, un investissement important demande à être réalisé (mise à niveau et déploiement). Cette préoccupation a été rappelée par le Premier ministre lors du sommet mondial sur la société de l'information, en décembre dernier à Genève. De même, l'harmonisation et la modernisation des cadres juridiques et réglementaires des télécommunications est un préalable essentiel au développement de la société de l'information. Le sommet de la francophonie qui s'est déroulé les 26 et 27 novembre 2004 à Ouagadougou a d'ailleurs réaffirmé l'engagement de la francophonie en ce domaine. Le ministère soutiendra ces efforts de modernisation du cadre réglementaire des télécommunications, qui n'auront de pertinence que s'ils sont coordonnés au niveau régional et s'appuient sur la dynamique créée par le sommet mondial pour la société de l'information. Enfin, la préparation de la seconde phase de ce sommet, qui se déroulera à Tunis en novembre 2005, sera l'occasion pour le ministère de définir d'autres projets, en particulier dans le domaine du soutien à la mise en place de points d'échanges internet favorisant l'interconnexion des réseaux nationaux et régionaux. À cette fin, la réflexion se poursuit au niveau national comme au niveau international, impliquant, pour ce qui concerne la France, autant le ministère que l'Agence française de développement, pour ce qui relève des infrastructures, et d'autres acteurs, publics, associatifs comme privés. ACP Numérique a d'ores et déjà été associée à cette démarche.
UMP 12 REP_PUB Lorraine O