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Texte de la REPONSE :
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Une étude menée par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et rendue publique le 29 juillet 2005 a classé les contraceptifs oraux oestroprogestatifs combinés et l'hormonothérapie oestroprogestative comme substances cancérogènes. Ainsi, les oestroprogestatifs utilisés comme contraceptifs sont classés dans le groupe 1 par le CIRC, soit le plus élevé dans l'échelle en vigueur, depuis 1987, l'examen complet de la littérature scientifique disponible à l'époque ayant mis en évidence que ces contraceptifs augmentaient d'une part le risque de cancer du sein, du col utérin et du foie et d'autre part, diminuaient le risque de cancer de l'endomètre et de l'ovaire. Cette classification a été confirmée lors des réévaluations de 1999 et 2005. En revanche, les oestroprogestatifs utilisés dans l'hormonothérapie ménopausique étaient classés dans le groupe 3 en 1987, puis dans le groupe 2B en 1999, et sont désormais classés dans le groupe 1. L'ensemble des évaluations menées par le CIRC sera publié sous forme d'une monographie qui devrait être disponible au début de l'année 2006. En ce qui concerne le sur-risque de cancer du sein sous contraceptifs oestroprogestatifs, celui-ci a fait l'objet d'une évaluation par le groupe de travail européen de pharmacovigilance en juillet 1996 suite à la publication d'une méta-analyse qui mettait en évidence une légère augmentation du risque de cancer du sein chez les utilisatrices. Ce risque diminuait progressivement après l'arrêt du traitement, jusqu'à atteindre au bout de dix ans les niveaux de risque équivalents aux femmes non traitées. Ces résultats confirmaient ceux des études antérieures. Le groupe de travail avait recommandé alors à chaque État membre d'ajouter une mise en garde dans le résumé des caractéristiques des produits (RCP) concernés. Ainsi en France, les RCP des contraceptifs oestroprogestatifs comportent une mention sur le risque de cancer du sein depuis 1997. Par ailleurs, concernant les autres risques (augmentation du risque de cancer du col utérin et du foie et diminution du risque de cancer de l'endomètre et de l'ovaire), des informations figurent dans les rubriques « mises en garde spéciales et précautions particulières d'emploi » et « propriétés pharmacodynamiques » des RCP des contraceptifs oestroprogestatifs. Compte-tenu de l'ensemble de ces observations, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé réalise actuellement un état des lieux des données disponibles depuis 1997 (données d'utilisation, nouvelles études épidémiologiques) qui sera soumis à un groupe d'experts ad hoc chargé d'examiner la nécessité de modifier ou non l'information sur ces risques dans les RCP.
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