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DEBAT :
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AFFAIRES EN RÉGION PACA, GRÈVE DES DOCKERS ET AVENIR DES
PORTS FRANÇAIS M. le président. La parole
est à Mme Valérie Boyer, pour le groupe de l'Union pour un mouvement
populaire. Mme Valérie Boyer. Ma question s'adresse à M. le
secrétaire d'État chargé des transports, et je la pose au nom de l'ensemble des
députés UMP de Marseille, Roland Blum, Renaud Muselier, Jean Roatta, Guy
Teissier et Dominique Tian. Alors que le port de Marseille s'asphyxie, le
silence des élus socialistes est assourdissant. Alors que de fausses affaires
font la une de l'actualité nationale et que nous recevons des leçons de morale
et de probité du parti socialiste, de vraies affaires polluent la vie publique,
en particulier à Marseille. (Applaudissements sur les bancs du groupe
UMP.) Pourquoi ce silence sur les attributions de subventions de la
région PACA, qui ont conduit à une levée partielle d'immunité parlementaire, des
mises en examen et même des incarcérations ? (" Pourquoi ? " sur les bancs du
groupe UMP.) Pourquoi ce silence sur les marchés frauduleux de la
communauté d'agglomération du pays d'Aubagne, la communauté
Marseille-Provence-Métropole ou encore le conseil général des Bouches-du-Rhône ?
(" Pourquoi ? " sur les bancs du groupe UMP.) Pour certaines de ces
affaires, nous en sommes à plus de sept chefs d'accusation et non des moindres :
détournement de fonds, trafic d'influence, corruption active, abus de biens
sociaux, détournement de marchés publics, et même, selon la presse, achat
d'électeurs et grand banditisme. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC. -
Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.) Je ne suis ni juge ni
procureur, et j'ai confiance dans la justice de mon pays : laissons-la faire.
Mais en tant qu'élue de la République, je m'indigne. (" Nous aussi ! " sur
les bancs du groupe UMP.) Si vous partagez mon indignation, quels que soient
les bancs sur lesquels vous siégez, ne vous trompez pas de combat. Il y a
urgence aujourd'hui : il faut sauver les ports français et le port de Marseille
en particulier, car les récents événements contribuent à faire reculer la ville
de Marseille et à faire souffrir les Marseillais, qui subissent ce climat
délétère. Ce sont souvent ces mêmes élus qui soutiennent les actions de la
CGT, qui fait tant de mal à notre ville. L'attitude des ouvriers dockers est
antidémocratique et antirépublicaine. De plus, des informations parues dans
la presse, ainsi qu'un rapport de la Cour des comptes qui devrait être bientôt
dévoilé, font apparaître des choses hallucinantes. M. Daniel
Paul. Mensonges ! Mme Valérie Boyer. On apprend que
les conducteurs de grues et de portiques ne travailleraient de façon effective
que quatorze heures par semaine à Fos et douze heures à Marseille (" Ouh ! "
sur les bancs du groupe UMP)... M. Jean-Paul Lecoq.
C'est faux ! Mme Valérie Boyer. ...et recevraient une
rémunération comprise entre 3 500 et 4 500 euros nets, grâce à des systèmes de
gratifications peu lisibles ! Monsieur le secrétaire d'État, qu'allez-vous
faire pour remédier à cette situation ? (Applaudissements sur les bancs des
groupes UMP et NC.) M. le président. La parole est à M.
Thierry Mariani, secrétaire d'État chargé des transports. M. Thierry
Mariani, secrétaire d'État chargé des transports. Vous avez
raison, madame Boyer, ce sont les ports français qu'on assassine ! M.
Jean-Paul Lecoq. C'est vous qui les assassinez ! M. Thierry
Mariani, secrétaire d'État. Pour la quatrième semaine
consécutive, l'activité des ports est fortement perturbée. M.
Jean-Paul Lecoq. Vous en êtes responsables ! M. Thierry
Mariani, secrétaire d'État. Marseille, mais aussi Le Havre et
l'ensemble des grands ports français voient leur activité entachée de manière
dramatique. Dramatique, parce que c'est une atteinte à leur réputation.
Dramatique, parce que l'on pousse les entreprises et les armateurs à
regarder ailleurs et aller vers des ports étrangers. M. Roland
Muzeau. Respectez les accords ! M. Thierry Mariani,
secrétaire d'État. Dramatique, parce que les éleveurs bretons, par
exemple, risquent de ne plus avoir de quoi nourrir leur bétail. Dramatique,
parce que des entreprises sont au bord du chômage technique. M.
Lucien Degauchy. Grâce à la CGT ! M. Thierry
Mariani, secrétaire d'État. Pourquoi cette grève ? Certains
employés du secteur portuaire demandent, au nom de la pénibilité, à partir
quatre ans avant l'âge légal de la retraite. (Exclamations sur les bancs du
groupe GDR.) M. Jean-Paul Lecoq. Respectez les accords
et les syndicats ! M. Thierry Mariani, secrétaire d'État.
Peut-il y avoir, dans ce domaine, une mesure dérogatoire pour une partie des
travailleurs ? Le Gouvernement réaffirme qu'il ira jusqu'au bout de la
réforme portuaire parce que c'est la seule condition pour que nos ports puissent
rivaliser avec les ports étrangers. (Applaudissements sur les bancs des
groupes UMP et NC.) Nous appliquerons la réforme en toute équité. Oui,
nous sommes prêts à reconnaître la pénibilité, mais dans le cadre de la loi,
c'est-à-dire en accordant deux ans au maximum aux travailleurs concernés. Je
rappelle que la Cour des comptes, qui rendra son rapport demain, est présidée
par un ancien député socialiste. J'imagine mal que l'on mette en doute sa
probité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.) Quand je lis
que certains conducteurs de portique travailleraient dix à douze heures par
semaine, j'estime que leurs revendications sont tout à fait excessives ! Les
négociations reprennent ce soir. J'espère que la raison reviendra !
(Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC.)
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