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DEBAT :
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AVENIR DE LA FILIÈRE NAVALE À BREST M. le président. La parole est à Mme Patricia
Adam, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers
gauche. Mme Patricia Adam. Monsieur le président, mes chers
collègues, ma question s'adresse à M. le ministre de l'économie, des finances et
de l'industrie, mais aussi, me semble-t-il, à M. le ministre de la
défense. L'industrie française de réparation navale civile va disparaître
purement et simplement si l'État ne prend pas la responsabilité de la sauver. Le
port de Brest est le premier port français de réparation navale civile. Il y a
peu de temps, il était aussi celui de la construction neuve de grands bâtiments
militaires - mais vous avez souhaité transférer cette activité. Aujourd'hui,
la société de réparation navale SOBRENA risque la liquidation : 250 emplois
directs sont menacés, auxquels on peut ajouter les emplois indirects, soit au
total environ 800 à 1 000 emplois. L'abandon de la SOBRENA hypothèque
gravement l'avenir de Brest, mais aussi celui de la Bretagne, plateforme de la
politique maritime, sans oublier, bien sûr, tout simplement, la place de la
France dans le monde. Notre industrie avait pourtant su se diversifier sur des
marchés à haute valeur ajoutée pour faire face à ses concurrents
internationaux. L'État est encore présent dans le capital de deux grands
groupes industriels français de cette filière : DCNS pour le secteur militaire
et les chantiers STX pour le domaine civil. Vous avez connaissance, depuis
plusieurs mois, de la situation de la SOBRENA et de la question de la réparation
civile. Votre responsabilité d'actionnaire comme celle de garant de
l'aménagement du territoire est très nettement engagée. Aussi ma question
sera-t-elle très simple : quelle est votre stratégie et comment comptez-vous
maintenir le secteur de la réparation navale civile comme militaire, deux
activités indissociables pour le port de Brest, pour le Grand Ouest et pour la
France ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.) M. le
président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances
et de l'industrie. M. François Baroin, ministre de
l'économie, des finances et de l'industrie. Madame la députée, permettez-moi
de vous répondre en m'adressant également à Mme Marguerite Lamour, très engagée
aux côtés du Gouvernement, comme vous-même et comme l'ensemble des élus locaux,
pour assurer la pérennité d'une entreprise dont vous avez raison de souligner
qu'elle marque l'identité de votre département, de signaler l'importance en
termes de nombre d'emplois et donc de familles concernées par les difficultés
actuelles, et de rappeler le caractère vital dans le cadre du développement
d'une filière industrielle à laquelle l'État et les pouvoirs publics en général
sont depuis toujours profondément attachés. Quelque 240 emplois sont ici
concernés. Cette entreprise traverse une double crise, une première liée au
développement de la concurrence portugaise, espagnole et même britannique, et
une seconde liée au ralentissement de la conjoncture internationale qui implique
des reports en matière de maintenance, de réparation navale et donc du plan de
charge de la SOBRENA. Le montant des pertes, estimé à 6 millions d'euros, est
menaçant pour l'avenir de l'entreprise. Dans ce contexte, le Gouvernement a
établi, pour la période 2009-2014, un plan de soutien aux infrastructures de
réparation navale de plus de 31 millions d'euros en crédits budgétaires, malgré
les tensions que connaissent les finances publiques. Le préfet a réuni les
élus, les syndicats et les acteurs professionnels de l'entreprise, et a décidé,
pour faire face aux semaines qui viennent, de débloquer en urgence une enveloppe
de 500 000 euros. En outre, l'ensemble des services de mon ministère sont en
train de travailler avec les acteurs locaux pour envisager la meilleure manière
de garantir une solution pérenne afin d'assurer la stabilité de cette
entreprise. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UMP.)
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