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DEBAT :
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TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIÈRES M. le président. La parole est à M. Yvan
Lachaud. M. Yvan Lachaud. Monsieur le président, j'ai
l'honneur de poser la première question de cette année 2012. Vous me permettrez
donc, au nom de mon groupe, de vous présenter tous nos voeux de santé et de
bonheur, ainsi qu'à toute la représentation nationale, au Gouvernement et à
l'ensemble des Français. (Applaudissements sur divers bancs.) Ma
question s'adresse à M. le ministre de l'économie, des finances et de
l'industrie. L'année 2011 a connu de belles avancées pour nous, centristes :
l'adoption de la règle d'or, la suppression du bouclier fiscal, la taxation des
hauts revenus, la position du Président de la République et du Gouvernement sur
l'Europe et sur la protection de la zone euro. L'année 2012 démarre sous les
meilleurs auspices, puisque le Président de la République a pris l'initiative de
taxer, en France tout d'abord, les transactions financières.
(Applaudissements sur les bancs du groupe NC.) Cette mesure nous
satisfait pleinement, nous, centristes, puisque nous avions déposé de nombreux
amendements allant dans ce sens. M. Christian Eckert. Qui
n'ont jamais été votés ! M. Yvan Lachaud. C'est une mesure
courageuse. La France s'honore en en prenant l'initiative. Elle permet de
pointer les dérèglements nombreux liés au monde de la finance, notamment dans la
crise que l'on connaît aujourd'hui : il était anormal qu'une TVA soit prélevée
notamment sur les produits alimentaires et qu'il n'y ait aucune taxe sur les
mouvements des capitaux. Cette mesure doit prendre une dimension européenne.
On ne peut donc que se réjouir de la position de la Chancelière Angela Merkel,
qui a donné, à titre personnel, un avis favorable à cette disposition pour la
zone euro. Pouvez-vous vous engager, monsieur le ministre, à ce que la France
mette tout en oeuvre pour convaincre, à défaut des vingt-sept États de l'Union,
à tout le moins les dix-sept pays de la zone euro d'appliquer cette taxe qui,
j'en suis sûr, aura un effet dissuasif, notamment sur la spéculation ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe NC.) M. le
président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances
et de l'industrie. M. François Baroin, ministre de
l'économie, des finances et de l'industrie. Monsieur le président Lachaud,
merci de votre question. Merci de votre engagement de longue date en faveur de
cette taxe sur les transactions financières. Merci du soutien que vous apportez
au Président de la République depuis de nombreuses années et singulièrement
depuis la crise de 2008, où le Président Nicolas Sarkozy a été aux avant-postes
de la conquête pour la mise en place d'un dispositif visant à faire en sorte que
le système financier contribue à réparer les dommages qu'il a lui-même causés
avec le développement d'une industrie financière qui s'est emballée avec
subprimes et Lehman Brothers. (" Bravo ! " sur les bancs du groupe
UMP.) M. Patrick Lemasle. Ben voyons ! M.
François Baroin, ministre. Il faut y voir l'aboutissement d'un
long combat, dont la France peut s'honorer. M. Paul
Giacobbi. Mais pas vous ! M. François Baroin,
ministre. La France a été aux avant-postes dans la négociation au sein du
G20. Sous l'impulsion décisive du Président de la République, le président Obama
lui-même - nous savons les réticences structurelles, voire culturelles des
Américains à l'égard de ce type de taxe - a accepté le principe d'une
contribution du secteur financier à la résorption de la crise. C'est la raison
pour laquelle, dans le cadre du G20, nous allons poursuivre les discussions sous
la présidence mexicaine. M. Paul Giacobbi. Cela ne
s'appliquera jamais ! M. François Baroin, ministre.
C'est la raison pour laquelle, dès cette année, à l'échelle européenne, nous
allons prendre l'initiative de la mise en oeuvre opérationnelle de cette taxe
sur les transactions financières. Le Président de la République en a parlé
avec la Chancelière en début de semaine. Je me rendrai moi-même jeudi soir à
Berlin pour discuter des détails pratiques de la coopération franco-allemande,
sur les modalités, l'objectif et le calendrier à définir en partage. Vous
savez que la directive européenne actuellement en discussion porte sur une
assiette large - les actions, les obligations et les produits dérivés - avec un
taux faible. M. Jean-Paul Lecoq. Bobards ! M.
François Baroin, ministre. Ce que je peux vous dire, c'est que
la France sera le premier pays, cette année, à mettre en oeuvre cette taxe sur
les transactions financières. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP
et NC.)
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