|
DEBAT :
|
QUOTIENT FAMILIAL ET TVA SOCIALE M.
le président. La parole est à M. Jean Glavany, pour le groupe
socialiste, radical, citoyen et divers gauche. M. Jean
Glavany. Je voudrais dire à M. Le Fur et à Mme Pécresse que, puisque
nous sommes en période électorale et que nos compatriotes nous écoutent avec
attention, ils ont droit au moins à une chose : la vérité. (Rires et
exclamations sur les bancs du groupe UMP.- Applaudissements sur les bancs du
groupe SRC.) Lorsque j'entends notre collègue prétendre que les
socialistes proposent la suppression du quotient familial, je veux dire ici que
c'est un mensonge : on trompe les Français ! (Plusieurs députés du groupe UMP
miment des mouvements de marionnettes.) En réponse à Mme Pécresse qui
cite des exemples en ironisant, je prendrai celui de deux ménages, tous deux
ayant trois enfants. Le premier a un revenu de deux SMIC ; le bénéfice fiscal
qu'il retire du quotient familial est de 600 euros. Le second, avec un revenu de
dix SMIC, retire un bénéfice fiscal de 9 000 euros. Le Gouvernement et la
majorité trouvent cela juste. Nous, nous trouvons cela injuste, et nous voulons
le réformer. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.) Et
puisque je parle de justice sociale, je voudrais revenir à ce qui a fait débat
hier dans cet hémicycle et dont nous n'avons peut-être pas encore assez parlé,
la fameuse TVA que tout le monde appelle maintenant " TVA antisociale ". Vous
avez décidé, sans que l'on sache selon quelles modalités, de supprimer 30
milliards d'euros de cotisations famille des entreprises et de les transférer
sur qui ? Sur les ménages, sur les familles, sur les consommateurs, sur les
retraités, sur les chômeurs ! Vous appelez cela de la justice sociale ?... C'est
de la redistribution à l'envers, et c'est pour cela que nous nous y opposons !
(Les députés du groupe SRC se lèvent et applaudissent.) M. le
président. La parole est à Mme Valérie Pécresse, ministre du budget,
des comptes publics et de la réforme de l'État, porte-parole du
Gouvernement. Mme Valérie Pécresse, ministre du budget,
des comptes publics et de la réforme de l'État, porte-parole du Gouvernement.
Monsieur le député Glavany, je vois au moins deux contradictions ou deux
erreurs dans vos propos. La première est que vous affirmez dire la vérité en
déclarant que vous ne voulez pas toucher au quotient familial, ce qui ne vous
empêche pas d'expliquer ensuite que oui, vous voulez profondément le réformer.
(Exclamations sur les bancs du groupe SRC.- Applaudissements sur les bancs du
groupe UMP.) Les Français auront compris qu'effectivement le parti
socialiste a un projet de détricotage du quotient familial - merci de nous le
confirmer, monsieur Glavany. Votre deuxième erreur tient au fait que le
quotient familial est un mécanisme de redistribution entre les couples qui n'ont
pas d'enfants et ceux qui en ont. Votre exemple n'est donc pas le bon : il
faudrait comparer un couple qui gagne deux SMIC sans enfant à un couple qui
gagne deux SMIC et qui a des enfants. De même, il faudrait comparer un couple
qui gagne dix SMIC sans enfant et un couple qui gagne dix SMIC avec trois
enfants. (Protestations sur les bancs du groupe SRC.) C'est un mécanisme
de redistribution en faveur des familles, ce n'est pas un mécanisme de
redistribution sociale. Nous avons des dépenses sociales familiales pour les
plus fragiles, elles s'appellent l'allocation de rentrée scolaire, l'allocation
logement, elle s'appelait l'allocation parent isolé et, aujourd'hui, c'est le
revenu de solidarité active. Nous avons une politique sociale et familiale,
monsieur Glavany. Vous l'oubliez, vous la niez, vous n'en connaissez pas
l'importance. C'est pour cela que nous avons la natalité qui est la nôtre, que
le monde entier nous envie, et qui est une source de croissance et de
compétitivité. Enfin, votre dernière erreur porte sur ce que vous annoncez
des intentions du Gouvernement : nous baisserons le coût du travail, mais nous
ne ferons pas la réforme dont vous venez de parler. (Applaudissements sur les
bancs du groupe UMP et plusieurs bancs du groupe NC.) M. Jean
Mallot. Glavany : 1, Pécresse : 0 !
|