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DEBAT :
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DÉVELOPPEMENT DE L'ÉCONOMIE NUMÉRIQUE M. le président. La parole est à M.
Jean-Michel Fourgous, pour le groupe de l'Union pour un mouvement
populaire. M. Jean-Michel Fourgous. Monsieur le secrétaire
d'État chargé de la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du
développement de l'économie numérique, la révolution numérique, c'est un nouvel
avenir pour la France. La révolution numérique, c'est la maîtrise des nouvelles
technologies de l'information, c'est l'accès de tous au haut débit. C'est avant
tout un accélérateur des échanges de connaissances, de savoirs, de
solutions. Vous le savez : le numérique est un nouvel enjeu, à la fois
économique et sociétal. Économique parce que le développement de
l'informatique et d'Internet constitue un nouvel outil de croissance
incontournable et une source d'emplois pérennes pour notre économie. Le secteur
représente déjà aujourd'hui 6 % de notre PIB, avec un potentiel de croissance
extraordinaire. Sociétal parce que les nouvelles technologies deviennent le
premier acteur de changement de la société française. Les technologies
numériques représentent déjà un quart de la croissance mondiale. Toutefois
l'investissement européen dans ce domaine est deux fois moindre que celui des
Etats-Unis. La France, en dépit de son potentiel, se situe encore au-dessous de
la moyenne européenne. Pourtant, " demain, ne pas maîtriser Internet, ce
serait comme être analphabète il y a vingt ans ". La France ne peut pas se
permettre de prendre du retard dans le train de la révolution numérique. La
réussite de la France ne passe pas par des déclarations incantatoires contre le
progrès technique et scientifique, contre la mondialisation, contre
l'entreprise, contre l'économie. Cette réussite de la France ne passe pas non
plus par un affrontement permanent de la gauche contre la droite. Elle passe par
notre capacité à rassembler les compétences et à tirer profit de la révolution
numérique. La réussite est avant tout un état d'esprit et une culture. Pour
gagner, c'est comme au football : il faut jouer en attaque et non pas en
défense. M. François Rochebloine. Comme Gomis !
(Sourires.) M. Jean-Michel Fourgous. Monsieur le
secrétaire d'État, à la veille du lancement des assises du numérique,
pouvez-vous nous indiquer quels sont les grands chantiers que le Gouvernement
entend mettre en place pour dynamiser l'offre et la demande du numérique en
France, pour faire gagner notre pays ? (Applaudissements sur les bancs
du groupe de l'Union pour un mouvement populaire.) M. le
président. La parole est à M. Éric Besson, secrétaire d'État chargé de
la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement de
l'économie numérique. (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste,
radical, citoyen et divers gauche. - Applaudissements sur quelques bancs du
groupe de l'Union pour un mouvement populaire.) Mes chers collègues, je
vous prie de bien vouloir écouter la réponse à cette question
importante. Vous avez la parole, monsieur le secrétaire d'État. M.
Éric Besson, secrétaire d'État chargé de la prospective, de
l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie
numérique. Les assises du numérique, ce sera un mois de concertation, un
mois de rencontres et de débats qui permettront de préparer le plan de
développement numérique demandé par le Premier ministre. Les parlementaires de
la majorité et de l'opposition y seront associés. (Exclamations sur les bancs
du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.) Quant aux
principaux acteurs du Web et aux internautes, ils pourront nous faire part de
leurs propositions et de leurs suggestions grâce à un site dédié :
www.assisesdunumérique. fr. Vous venez de rappeler nos principaux objectifs.
Nous voulons créer un véritable droit à l'accès Internet haut débit, fixe et
mobile, sur tout le territoire. Je sais que, sur tous les bancs, vous y êtes
très attachés. Nous voulons réussir le passage à la télévision numérique, qui
signifie pour tous les Français une meilleure qualité d'image et dix-huit
chaînes gratuites. Nous voulons réduire la fracture numérique... M.
François Hollande. Et la fracture morale ! M. le secrétaire
d'État chargé de la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du
développement de l'économie numérique. ...et faire en sorte qu'aucun
enfant, quel que soit son milieu, ne soit privé de l'accès à un ordinateur et à
Internet. Nous voulons favoriser l'accès légal à la musique, aux films, aux
jeux vidéos. Nous voulons qu'Internet soit mieux utilisé dans le secteur de la
santé, de l'éducation, du commerce en ligne ou des relations avec
l'administration. Le Premier ministre, François Fillon, a arrêté hier, en
présence de tous les ministres concernés, le contenu et la méthode de ces
assises. C'est pourquoi, sur tous ces sujets, le Gouvernement proposera demain
vingt-sept pistes de travail, que nous transformerons, lors des assises, en
propositions, pour faire de la France une grande nation numérique. Prenons le
meilleur d'Internet. Comme vous l'avez fort bien dit, c'est un enjeu économique,
industriel, social et culturel pour notre pays. (Applaudissements sur les
bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau
Centre.)
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