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DEBAT :
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SITE SIDÉRURGIQUE DE GANDRANGE M. le
président. La parole est à M. François Grosdidier, pour le groupe de
l'Union pour un mouvement populaire. M. François Grosdidier.
Dans les années 1980, les socialistes ont nationalisé la sidérurgie. (Vives
exclamations sur les bancs du groupe SRC.) M. Jean
Glavany. Ils l'ont sauvée ! M. François Grosdidier.
Ils avaient promis de préserver tous les emplois ; ils les ont supprimés par
dizaines de milliers. (Protestations sur les bancs du groupe
SRC.) M. Marcel Rogemont. Sans nous, il n'y en aurait
plus un seul aujourd'hui ! M. François Grosdidier. Pendant
toutes ces longues années de tragédie sociale, ni le Président de la République,
ni son Premier ministre, ni aucun ministre socialiste n'ont daigné venir voir
les sidérurgistes. (Vives protestations sur les bancs du groupe
SRC.) M. Jean Glavany. Vous n'étiez même pas né
! M. François Grosdidier. Ils ont courageusement délégué un
syndicaliste lorrain en le nommant préfet pour discuter, à leur place, avec les
sidérurgistes. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) M.
Albert Facon. Il a fumé ou quoi ? M. François
Grosdidier. Pour paraphraser l'une de nos collègues socialistes, ce
furent " les noces de la trahison et de la lâcheté " ! (Huées sur les bancs
du groupe SRC.) Puis, sous M. Jospin et avec sa bénédiction, Usinor a
vendu l'aciérie de Gandrange à Mittal. L'année dernière, quand Mittal a annoncé
la fermeture de cette aciérie et la suppression de 600 emplois, le Président
Sarkozy s'est immédiatement rendu sur place, le week-end de son mariage.
(Mêmes mouvements.) Il a eu le courage, lui, de se rendre en Lorraine
pour écouter les sidérurgistes et pour les comprendre. (Applaudissements sur
les bancs du groupe UMP. - Exclamations continues sur les bancs des groupes SRC
et GDR.) Ce furent les noces du courage et de l'attention qu'il leur porte.
Non, il n'a jamais dit que l'aciérie ne fermerait jamais (Rires et vives
exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.), comme l'a faussement
rapporté ladite collègue la semaine dernière. Je regrette qu'elle ait à cette
occasion, ici même, travesti les propos que le Président de la République a
tenus à Gandrange. M. Christian Bataille. Mensonges
! M. François Grosdidier. Je regrette encore davantage
qu'elle ait, dans la presse, demandé son retour à Gandrange tout en lui
promettant un accueil sous les jets de boulons ! Ce sont là les noces de
l'affabulation et de l'irresponsabilité ; c'est indigne d'une élue de la
République et c'est préjudiciable à la Lorraine. (Applaudissements sur les
bancs du groupe UMP.) En réalité, le Président de la République a dit
qu'il demanderait à Mittal de revoir sa décision, qu'à défaut de révision, il
soutiendrait un projet de reprise, et qu'à défaut de projet de reprise, il
soutiendrait la revitalisation du site. M. Philippe Martin.
Quelle nuance ! M. Albert Facon. Il n'a rien fait
! M. François Grosdidier. Mittal n'est pas revenu sur sa
décision. Cependant, au cours de la négociation et sous cette pression, il a
décidé d'un investissement inespéré sur le site voisin de Florange. Par
ailleurs, aucun industriel n'a souhaité reprendre l'aciérie. Fidèle à sa parole,
le Président de la République a donc mobilisé l'État pour revitaliser Gandrange.
Jeudi soir, sur France 2, il a confirmé qu'il y reviendrait. (Exclamations
sur les bancs du groupe SRC.) Jeudi dernier, monsieur le secrétaire
d'État, vous étiez avec nous en Moselle : quels moyens mobilisez-vous pour y
soutenir notre industrie ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. -
Huées sur les bancs des groupes SRC et GDR.) M. Christian
Bataille. Quel tissu de mensonges ! M. le
président. La parole est à M. Luc Chatel, secrétaire d'État chargé de
l'industrie et de la consommation. M. Luc Chatel,
secrétaire d'État chargé de l'industrie et de la consommation. En effet,
monsieur Grosdidier, j'étais jeudi dernier avec vous à Metz à l'occasion de la
signature des conventions qui concrétisent les engagements pris à l'Élysée, en
avril dernier, en présence du Président de la République, par le groupe
ArcelorMittal et les collectivités publiques. Nous nous sommes attachés à
trois priorités. La première, comme vous l'avez rappelé, consiste à ne pas
abandonner les salariés. Le groupe a annoncé 575 suppressions de postes ; dans
le plan de sauvegarde de l'emploi, ArcelorMittal s'est engagé à trouver une
solution pour chacun des 575 salariés concernés. M. Frédéric
Cuvillier. Quelles solutions ? M. Luc Chatel,
secrétaire d'État. Il n'y aura donc pas de licenciements
secs. Deuxième priorité : ne pas abandonner le territoire victime de ces
suppressions d'emploi. C'est l'objet de la convention d'ancrage territorial que
nous avons signée à Metz jeudi dernier. M. Frédéric
Cuvillier. On met les ouvriers dehors, puis on signe des conventions :
la belle affaire ! M. Luc Chatel, secrétaire d'État.
Cette convention prévoit un investissement d'une trentaine de millions
d'euros par ArcelorMittal sur le site de Gandrange, qui permettra d'y préserver
119 emplois, en particulier grâce au développement de la fabrication de poutres
pour le bâtiment. Elle prévoit également un investissement de 2 millions d'euros
dans un centre de formation, car il faut adapter les compétences aux métiers de
la sidérurgie de demain. M. Christian Bataille. Mais les
ouvriers sont au chômage ! M. Luc Chatel, secrétaire
d'État. Enfin, cette convention prévoit une étude de faisabilité sur une
centrale de stockage de CO2 - qui pourrait constituer un relais d'activité
économique important pour Gandrange. M. Frédéric Cuvillier.
Vous parlez de conventions alors que les ouvriers n'ont plus qu'à s'adresser à
l'ANPE ! M. Luc Chatel, secrétaire d'État. Je
conclurai en rappelant que le Gouvernement s'est attaché à compenser chaque
emploi supprimé : c'est l'objet de la convention de revitalisation, qui prévoit
de demander à ArcelorMittal le paiement de 3 millions d'euros pour recréer 682
emplois sur le territoire, conformément à la loi de cohésion sociale en vigueur
depuis 2002. Vous le voyez, monsieur Grosdidier, nous avons concrétisé les
engagements pris. M. Christian Eckert. Allez le dire en face
aux sidérurgistes ! M. Luc Chatel, secrétaire d'État.
L'action conjuguée des pouvoirs publics et d'ArcelorMittal mérite mieux que
les propos que vous venez de citer - qui, à mon sens, sont tout à fait
irresponsables. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
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