FICHE QUESTION
9ème législature
Question N° : 18235  de  M.   Dray Julien ( Socialiste - Essonne ) QE
Ministère interrogé :  justice
Ministère attributaire :  justice
Question publiée au JO le :  02/10/1989  page :  4337
Réponse publiée au JO le :  22/01/1990  page :  371
Rubrique :  Racisme
Tête d'analyse :  Lutte contre le racisme
Analyse :  Delit de propagande raciste. peines
Texte de la QUESTION : M Julien Dray attire l'attention de M le garde des sceaux, ministre de la justice, sur le caractere incomplet de la panoplie des armes juridiques permettant de lutter contre le racisme. La jurisprudence des tribunaux temoigne de reticences en la matiere que l'application de la recente circulaire viendra prochainement corriger. Neanmoins, il lui demande de bien vouloir lui indiquer l'avancement des travaux de la Chancellerie sur le delit de propagande raciste que la France s'est engagee a instaurer aux termes de la convention internationale pour l'elimination du racisme dont elle est signataire.
Texte de la REPONSE : Reponse. - La France a adhere le 28 juillet 1971 a la Convention internationale sur l'elimination de toutes les formes de discrimination raciale ouverte a la signature a New York le 7 mars 1966. En application de l'article 9 de cet instrument, le Gouvernement francais a presente successivement huit rapports devant le comite pour l'elimination de la discrimination raciale, le dernier, le 8 aout 1989. En outre, le 16 avril 1982, la France a accepte le droit de recours individuel prevu par l'article 14 de la Convention des Nations unies. L'article 24, alinea 6, de la loi du 29 juillet 1881, reprime la provocation a la discrimination, a la violence ou a la haine raciale. Au regard de la jurisprudence de la chambre criminelle de la Cour de cassation, il n'est pas necessaire que les discours, les ecrits ou les dessins incrimines contiennent des incitations ou des exhortations explicites a la haine raciale pour tomber sous le coup de ce texte. Lorsque l'intention coupable - qui resulte des termes employes sans qu'il soit necessaire de rechercher les mobiles - est etablie, il suffit que les propos incrimines soient de nature a provoquer a la discrimination, a la haine ou a la violence. Tel qu'il est interprete par la jurisprudence, le delit defini par l'article 24, alinea 6, de la loi du 29 juillet 1881, couvre donc les hypotheses prevues par la Convention des Nations unies. En consequence, l'elaboration d'un projet de loi tendant a reprimer le delit de propagande raciste ne parait pas s'imposer. En revanche, par circulaire du 6 juillet 1989, l'attention des parquets a ete a nouveau appelee sur la necessite de reprimer sans faiblesse les actes de racisme et de xenophobie.
SOC 9 REP_PUB Ile-de-France O