Commerce
Question de :
M. Tardito Jean
- COM
Le 12 juillet 1993, M. Jean Tardito attirait l'attention de M. le ministre de l'industrie, des postes et telecommunications et du commerce exterieur sur les questions de reimportation et de dereglementation du marche automobile europeen qui mettent en peril la distribution automobile en France. En effet, en acquerant dans le cadre du reglement 123-85 un vehicule de marque francaise a l'etranger pour le reintroduire en France, revendeurs, mandataires et acheteurs directs, beneficient d'un avantage pouvant atteindre 26 p. 100 du prix d'un vehicule et 40 p. 100 a 50 p. 100 du prix des pieces de rechange. Cette situation atteint gravement la distribution automobile, ses 1 200 concessionnaires, ses 16 000 agences, ses 115 000 salaries. Elle constitue un danger pour les emplois. Elle met en peril le reseau de distribution en milieu rural. Elle risque de faire disparaitre le reseau d'entretien et de recuperation des composants des vehicules et poser a terme des problemes de securite et de nuisances au niveau de l'environnement. La distribution automobile doit retrouver ses fonctions. Les mesures prises depuis un an se revelent inefficaces. Il est indispensable que les vehicules de marque francaise soient mis sur le marche europeen dans les memes conditions quel que soit le pays. Il lui demande, en consequence, si le Gouvernement est decide a promouvoir des regles de concurrence loyale dans ce secteur d'activite pour sauver les entreprises et les milliers d'emplois menaces.
Réponse publiée le 15 août 1994
Le droit communautaire, et notamment le reglement no 123/85, permet de limiter strictement les importations dites « paralleles » de vehicules automobiles par des intermediaires n'appartenant pas aux reseaux des constructeurs. Ces derniers sont en effet autorises, ce qui constitue une derogation importante au droit de la concurrence, a interdire a leurs concessionnaires de vendre des vehicules automobiles a des revendeurs autres que des mandataires. Or les conditions d'exercice d'activite des mandataires sont tres encadrees : il leur est notamment impossible d'acheter des vehicules si ceux-ci ne leur ont pas ete commandes prealablement et par ecrit par leurs clients. Il est toutefois incontestable que les depreciations monetaires qui accroissent les differences de prix des vehicules automobiles en Europe sont de nature a favoriser les importations paralleles de vehicules par des intermediaires ne respectant pas les conditions fixees aux mandataires et a engendrer une concurrence difficilement supportable, plus particulierement pour les concessionnaires implantes dans les zones frontalieres. Les differences de contraintes, notamment en termes de service aux clients, entre concessionnaires et simples intermediaires sont telles que les importations parallelles ne peuvent etre acceptees que si elles s'exercent dans le strict cadre legal qui leur est fixe. C'est pourquoi le ministre de l'industrie, des postes et telecommunications et du commerce exterieur a demande a ses services d'etre tres attentifs a cela et de collaborer avec la direction generale de la concurrence, de la consommation et de la repression des fraudes, competente en ce domaine, pour veiller a ce que les intermediaires qui ne respecteraient pas strictement les regles de la profession de mandataire soient poursuivis. La question des importations paralleles sera d'autre part au coeur des discussions qui vont s'engager dans les prochaines semaines sur le renouvellement des dispositions communautaires qui fondent le systeme de distribution exclusive et selective en Europe. Convainu de l'interet que presente ce systeme de distribution dans le secteur automobile, le ministre de l'industrie, des postes et telecommunications et du commerce exterieur veillera tout particulierement a ce qu'il puisse etre reconduit dans des conditions garantissant son bon fonctionnement.
Auteur : M. Tardito Jean
Type de question : Question écrite
Rubrique : Automobiles et cycles
Ministère interrogé : industrie, postes et télécommunications et commerce extérieur
Ministère répondant : industrie, postes et télécommunications et commerce extérieur
Dates :
Question publiée le 11 juillet 1994
Réponse publiée le 15 août 1994