Question écrite n° 16803 :
AFPA

10e Législature

Question de : M. Bonnet Yves
- UDF

M. Yves Bonnet appelle l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle sur la situation de l'AFPA. D'un montant de 120 milliards de francs, le budget de la formation professionnelle fait l'objet de differents rapports denoncant la gabegie et l'absence de controle de ce marche. Cependant, en amont, d'autres dysfonctionnements existent, plus diffus, mais tout aussi genants. En effet, les salaries, nous le savons tous, ne sont pas egaux devant la formation professionnelle. Et, contrairement a une certaine logique republicaine, ce sont les personnels qualifies qui beneficient essentiellement du dispositif. Ainsi, plus du tiers des cadres et techniciens, notamment les plus diplomes, ont suivi un stage depuis le debut de l'annee 1992 contre a peine 5 p. 100 des ouvriers. Il y a donc beaucoup a faire encore. Et cependant, le service public de la formation pour adultes voit, pour sa deuxieme annee consecutive, sa subvention de fonctionnement se reduire et va terminer l'annee 1994 en faisant apparaitre un deficit de 150 millions de francs. Les mesures envisagees par la direction de l'AFPA s'attaquent aux effectifs et a une remise en cause du statut de son personnel. Que va-t-il etre fait pour que l'AFPA puisse remplir les missions de service public qui sont les siennes ? Est-il possible d'indiquer l'evolution du budget de fonctionnement de l'AFPA et celle de la subvention de l'Etat sur les quinze dernieres annees ?

Réponse publiée le 3 octobre 1994

S'il est vrai que l'effort de formation continue des entreprises francaises ne beneficie pas encore suffisamment aux salaries les moins qualifies, en revanche l'AFPA a vocation a corriger ces inegalites puisqu'elle est chargee, au plan national, de la formation qualifiante des adultes a la recherche d'un emploi, des salaries en situation de reconversion et, plus generalement, des actis presentant des deficits de qualification. A cette fin, elle met en oeuvre des parcours d'insertion dans l'emploi qui concernent, pour l'essentiel, des emplois correspondant au 1er niveau de qualification reconnu par les branches professionnelles. Cette mission d'interet general, consideree comme une priorite par l'Etat, a d'ailleurs ete confirmee dans le contrat de progres conclu entre l'Etat et l'AFPA le 7 mars 1994. Dans un contexte de forte contrainte budgetaire liee a l'objectif de maitrise des finances publiques, l'Etat a consacre au fonctionnement de l'association 3,86 milliards de francs en 1994. Cet effort continu (entre 1989 et 1994 la subvention de fonctionnement allouee a l'AFPA a augmente de 23,8 p. 100) sera poursuivi et accentue en 1995 (la subvention de fonctionnement devrait s'etablir a 3,9 milliards, correspondant a un taux de productivite globale de 3 p. 100 et a une augmentation du volume de production de 2,5 p. 100). En outre, l'Etat s'est engage a contribuer sur la periode couverte par le contrat de progres quinquennal evoque supra, au financement de la modernisation du dispositif d'orientation-formation de l'AFPA a hauteur de 70 p. 100 des besoins estimes (soit un engagement annuel de 250 MF). Toutefois, si ce contrat de progres conforte l'intervention de l'Etat en faveur de l'AFPA, il est clair que l'association doit poursuivre et developper, ainsi qu'elle s'y est engagee, une politique dynamique de developpement de ses ressources propres : l'evolution de la part relative de la subvention de fonctionnement dans le budget global de l'AFPA reflete d'ailleurs cet objectif (82 p. 100 en 1989, 78 p. 100 en 1994). Une telle orientation doit tout a la fois permettre les conditions d'un meilleur equilibre financier et favoriser l'adaptation des interventions de l'AFPA aux besoins des entreprises et du marche du travail. C'est egalement une recherche de plus grande efficacite qui conduit l'AFPA a poursuivre la modernisation de la gestion de ses ressources humaines, en vue de garantir l'adequation permanente des competences des agents aux exigences des metiers en evolution. Il s'agit la d'une demarche necessaire, deja engagee au travers de l'accord sur la mise en oeuvre d'une gestion previsionnelle des emplois et des competences signe avec les organisations syndicales de l'association le 8 fevrier 1993. Elle sera completee par l'adoption de dispositions susceptibles de favoriser la moderation des couts de fonctionnement de l'association.

Données clés

Auteur : M. Bonnet Yves

Type de question : Question écrite

Rubrique : Formation professionnelle

Ministère interrogé : travail, emploi et formation professionnelle

Ministère répondant : travail, emploi et formation professionnelle

Dates :
Question publiée le 18 juillet 1994
Réponse publiée le 3 octobre 1994

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