Question écrite n° 17119 :
Commerce

10e Législature

Question de : M. Cuq Henri
- RPR

M. Henri Cuq appelle l'attention de M. le ministre de l'industrie, des postes et telecommunications et du commerce exterieur sur les dysfonctionnements preoccupants qu'a entraines l'ouverture du marche unique europeen, au 1er janvier 1993, pour notre industrie automobile et son reseau de distribution. En effet, le reglement 123-85 qui regit la distribution automobile selective et exclusive a ete mis en application avant que la monnaie unique ne soit etablie. Cette absence de critere de concurrence commun aboutit aujourd'hui a la creation d'un veritable reseau d'achat et de distribution parallele. Ainsi de plus en plus de vehicules de marques francaises sont achetes a l'exterieur de nos frontieres pour etre ensuite reintroduits sur le territoire francais. Or les ventes de vehicules constituent une part tres importante de la rentabilite de milliers de PME dans ce secteur. Cette concurrence feroce sur les marges ne pourra donc etre longtemps supportee par de nombreux petits concessionnaires et risque a court terme de poser de graves problemes en matiere d'emploi et de maintien des activites commerciales en milieu rural. Il lui demande quelles mesures le gouvernement est susceptible de prendre afin de permettre a ces concessionnaires de faire face a ces conditions de concurrence defavorables.

Réponse publiée le 15 août 1994

Le droit communautaire, et notamment le reglement no 123/85, permet de limiter styrictement les importations dites « paralleles » de vehicules automobiles par des intermediaires n'appartenant pas aux reseaux des constructeurs. Ces derniers sont en effet autorises, ce qui constitue une derogation importante au droit de la concurrence, a interdire a leurs concessionnaires de vendre des vehicules automobiles a des revendeurs autres que des mandataires. Or les conditions d'exercice d'activite des mandataires sont tres encadrees : il leur est notamment impossible d'acheter des vehicules si ceux-ci ne leur ont pas ete commandes prealablement et par ecrit par leurs clients. Il est toutefois incontestable que les depreciations monetaires qui accroissent les differences de prix des vehicules automobiles en Europe sont de nature a favoriser les importations paralleles de vehicules par des intermediaires ne respectant pas les conditions fixees aux mandataires et a engendrer une concurrence difficilement supportable, plus particulierementpour les concessionnaires implantes dans les zones frontalieres. Les differences de contraintes, notamment en terme de service aux clients, entre concessionnaires et simples intermediaires sont telles que les importations paralleles ne peuvent etre acceptees que si elles exercent dans le stric cadre legal qui leur est fixe. C'est pourquoi le ministre de l'industrie, des postes et telecommunications et du commerce exterieur a demande a ses services d'etre tres attentifs a cela et de collaborer avec la direction generale de la concurrence et de la repression des fraudes, competente en ce domaine, pour veiller a ce que les intermediaires qui ne respecteraient pas strictement les regles de la profession de mandataire soient poursuivis. La question des importations paralleles sera d'autre part au coeur des discussions qui vont s'engager dans les prochaines semaines sur le renouvellement des dispositions communautaires qui fondent le systeme de distribution exclusive et selective en Europe. Convaincu de l'interet que presente ce systeme de distribution dans le secteur automobile, le ministre de l'industrie, des postes et telecommunications et du commerce exterieur veillera tout particulierement a ce qu'il puisse etre reconduit dans ses conditions garantissant son bon fonctionnement.

Données clés

Auteur : M. Cuq Henri

Type de question : Question écrite

Rubrique : Automobiles et cycles

Ministère interrogé : industrie, postes et télécommunications et commerce extérieur

Ministère répondant : industrie, postes et télécommunications et commerce extérieur

Dates :
Question publiée le 25 juillet 1994
Réponse publiée le 15 août 1994

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