Question écrite n° 17138 :
Commerce

10e Législature

Question de : M. Grosdidier François
- RPR

M. Francois Grosdidier attire l'attention de M. le ministre delegue aux affaires europeennes sur les problemes que rencontre actuellement le secteur de la distribution automobile, en raison notamment de l'ouverture des frontieres de la France vers l'Europe. En effet, pour un meme vehicule, des ecarts de prix importants sont observes entre la France et les pays voisins. Ainsi, de plus en plus de vehicules de marques francaises sont achetes a l'etranger, grace aux services d'intermediaires qui ne cessent de se developper (mandataires, revendeurs), ou directement par le consommateur. Ce phenomene tend a etre amplifie par les medias. Cette situation conduit la distribution automobile francaise a une veritable asphyxie, et de nombreux concessionnaires et agents voient aujourd'hui la perennite de leur entreprise menacee. Il ne leur est pas possible de lutter devant de telles inegalites. Il lui demande de bien vouloir lui preciser s'il envisage de prendre des mesures afin d'assurer l'avenir de l'industrie automobile francaise et de son reseau de distribution.

Réponse publiée le 26 septembre 1994

Les differences de prix des vehicules et de leurs pieces de rechange d'un pays a l'autre de l'Union, que souligne l'honorable parlementaire, ont ete effectivement mises en evidence dans plusieurs enquetes statistiques. En dehors du facteur determinant que constituent les fluctuations monetaires, d'autres elements expliquent ces ecarts de prix : dispositions reglementaires et fiscales propres a chaque pays, differences dans les attentes et les comportements des consommateurs des divers Etats membres, etc. La possibilite pour les constructeurs automobiles de moduler leurs prix d'un pays a l'autre est ainsi une condition indispensable a leur equilibre economique. Or l'imperatif de rentabilite et de competitivite de l'industrie automobile constitue un element tres important pour les autorites francaises compte tenu du caractere structurant pour l'economie de ce secteur (200 000 emplois directs et 600 000 emplois induits chez les fournisseurs). Dans le meme temps, les autorites francaises sont conscientes de ce que les importations de voitures francaises ou etrangeres en provenance de reseaux de distribution situes dans d'autres pays de la Communaute sont susceptibles de representer une concurrence difficile a supporter pour certains concessionnaires. C'est pourquoi elles sont tres attachees au dispositif prevu par le reglement communautaire no 123/85. En effet, celui-ci autorise, precisement, par derogation aux regles generales de la concurrence, les constructeurs automobiles a recourir a un systeme de distribution selective et exclusive pour la vente des vehicules neufs et de leurs pieces de rechange. Ce systeme offre des avantages a la fois aux consommateurs et aux differents professionnels concernes et, si ses dispositions permettent l'existence de flux transfrontaliers organises par des mandataires, elles ont, du moins, le merite d'encadrer strictement l'activite de ces derniers. Ce reglement communautaire vient a echeance au 30 juin 1995 et la Commission elabore en ce moment un nouveau texte dont certains elements ont deja ete reveles dans la presse specialisee. Cette proposition sera adressee aux Etats membres prochainement et publiee afin que toutes les instances concernees puissent faire valoir leurs observations. Les autorites francaises suivent tres attentivement l'evolution de cette question et ne menageront pas leurs efforts pour que les principes de la distribution exclusive et selective, auxquels elles sont attachees, soient preservees. Par ailleurs, tous les efforts sont deployes par le Gouvernement, en particulier, par le ministere de l'economie, pour veiller a ce que les intermediaires qui ne se conduiraient pas en mandataires et ne respecteraient pas strictement la reglementation soient poursuivis.

Données clés

Auteur : M. Grosdidier François

Type de question : Question écrite

Rubrique : Automobiles et cycles

Ministère interrogé : affaires européennes

Ministère répondant : affaires européennes

Dates :
Question publiée le 25 juillet 1994
Réponse publiée le 26 septembre 1994

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