PAC
Question de :
M. Charroppin Jean
- RPR
M. Jean Charroppin appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la peche sur le projet de reforme de l'organisation commune de marche qui, tel qu'il a ete adopte, sanctionne tout particulierement les vignobles francais menant une politique de limitation de la production et d'amelioration des produits. En effet, la production vinicole francaise, deja restreinte par la limitation des droits de plantation et les arrachages importants dans les vignobles du Sud, est appelee a subir une baisse de 20 p. 100 par rapport a d'autres pays qui ont, ces dernieres annees, condiderablement augmente leur superficie de vignes. La France va se trouver ainsi doublement penalisee puisque sa production va etre reduite et que ses recentes restrictions ne seront pas prises en compte dans le calcul du taux de reduction. De surcroit, ce projet prevoit un renforcement de la politique d'arrachage et une interdiction, jusqu'en 2001, de toute plantation nouvelle. Cette mesure, qui va a l'encontre de tout projet d'installation de jeunes viticulteurs, risque de destabiliser le prix du foncier et de compromettre l'avenir de l'ensemble de notre vignoble. Par ailleurs, sur un plan technique, il est etonnant de voir les vins de pays se trouver avec des contraintes de chaptalisation plus importantes que celles des AOC. Enfin, le projet de reforme prevoit un deplacement de la direction de la viticulture par les vignerons vers les interprofessions ou le negoce pourra intervenir, permettant ainsi aux groupes financiers de s'immiscer dans la politique viticole. Il lui demande de bien vouloir lui faire connaitre les mesures qu'il compte prendre pour que cette reforme soit renegociee et prenne davantage en consideration l'ensemble des efforts realises par tous les vignobles francais depuis des annees.
Réponse publiée le 1er avril 1996
Conscient du role fondamental que joue la viticulture francaise tant sur le plan economique que sur celui de l'amenagement du territoire, le Gouvernement ne pourra souscrire qu'a un projet de reforme de l'OCM qui vise a equilibrer durablement le marche communautaire du vin et a renforcer la capacite exportatrice de la France et de l'Union europeenne. Fort d'une position commune exprimee par les professionnels ainsi que par l'Assemblee nationale et le Senat le 29 juin 1995, le Gouvernement continuera de defendre a Bruxelles une nouvelle OCM du vin en rupture totale avec l'actuelle OCM : responsabilisation de chacun des etats producteurs vis-a-vis de leurs excedents, subsidiarite dans les mecanismes de gestion et adaptation regionale des mesures structurelles. Il convient en effet de prevoir dans la future OCM, un mecanisme dissuasif de distillation des excedents mais surtout d'offrir aux viticulteurs de chaque region viticole, en tenant compte de ses specificites, les moyens de s'adapter en quantite et en qualite a la demande tout en ameliorant la competitivite des exploitations et des structures de vinification. Si l'aboutissement de la reforme de l'OCM du vin doit encore necessiter d'importantes negociations communautaires, la France insistera dans les mois a venir pour que la viticulture communautaire soit dotee d'une politique structurelle compatible avec ses besoins dans un contexte ou la concurrence internationale est de plus en plus vive et ou la demande des consommateurs est de plus en plus exigeante. Il convient a cet egard que le plus rapidement possible soit restaure un dispositif communautaire d'aide au reencepagement, soit repense l'actuel dispositif d'aide a l'arrachage des vignes qui arrive a echeance le 31 aout 1996 et que soient reexaminees les modalites de gestion et d'attribution des droits de plantation, notamment pour permettre d'ameliorer les conditions d'installation des jeunes viticulteurs.
Auteur : M. Charroppin Jean
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politiques communautaires
Ministère interrogé : agriculture et pêche
Ministère répondant : agriculture, pêche et alimentation
Dates :
Question publiée le 1er août 1994
Réponse publiée le 1er avril 1996